Religion : la violence intra-communautaire. C Delarue

jeudi 7 juillet 2016
par  Amitié entre les peuples
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Religion : la violence intra-communautaire

Contribution en complément de : Binarisme interprétatif de la religion ou pluralité des compréhensions d’une même religion (1).

On évoque le « dialogue entre les religions » pour faire contrepoint aux clivages inter-religieux et pas qu’au plan de l’affirmation des dogmes différents car ces clivages débouchent régulièrement sous forme de guerres de religions. Ces dernières ne sont d’ailleurs pas toujours exclusivement religieuses et cela donne lieu à d’autres interprétations et débats. Les enjeux économiques ou politiques déterminent certes des comportements de population mais n’effacent pas pour autant des conceptions opposées des religions qui ont leur propre niveau de pertinence.

Mais il y a aussi les clivages internes à une même religion, objet de cette contribution.

- Les clivages internes à une religion donnée.

Les clivages ou conflits internes à une même religion sont sous-estimés par les partisans de la logique binaire de la compréhension des religions. Ce binarisme est courant. Il veut que les religions forment un corpus communautaire relativement homogène derrière des différences vues comme faibles. On a de ce fait les « pro-religion(s) » qui les défendent en totalité, à l’exception de la petite minorité des terroristes religieux, et les « anti-religion(s) » qui les stigmatisent en totalité, sans nuance aucune. Il faut ici distinguer la critique des textes ou de la croyance de la critique des personnes. Le présent propos porte contre des attitudes et comportements autoritaires, intolérants et violents issus d’une interprétation de la religion. La notion d’intégrisme vise plus ce genre d’analyse portant sur les effets attendus que la notion de fondamentalisme qui elle se porte sur le type d’interprétation au plus près du texte, de la source pour donner qualification.

Au sein d’une religion on trouve toute une gamme d’interprétations variables, d’attitudes et de comportements issus de ces interprétations. Parfois il ne s’agit que de différences sans importance qui permettent le débat fraternel . Mais pas toujours. Il arrive fréquemment que les oppositions soient dures et ne permettent pas le dialogue véritable, chaque camp maintenant sa position et surtout ses pratiques. Et l’enjeu se situe surtout du côté des pratiques puisque certaines sont tolérantes et non autoritaires et d’autres le contraire. Cela est patent à propos de l’intolérance de moeurs ou de l’intolérance alimentaire.

De tels clivages peuvent prendre des formes variables et des intensités variables. A tel point que la notion de communauté puisse faire problème tant les différences et la conflictualité sont fortes.

- Deux formes de violence sont inquiétantes :

- La violence intracommunautaire religieuse armée, de forme terroriste permanente ou sous forme de crises violentes ponctuelles de rejets comme cela arrive par exemple entre chiites et sunnites.

- Toutes les formes de violence et de harcèlement sexistes, se déployant dans la société civile, dans les quartiers, dans la famille, venant surtout des hommes contre les femmes de la même religion, soit pour être précis de la part des intégristes particulièrement intolérants et autoritaires en matière de moeurs.

- Ne pas oublier l’intégrisme religieux.

La lutte contre l’ ultra-violence des terroristes religieux ne doit pas cacher la violence sournoise ou diffuse des intégristes religieux.

L’intégrisme religieux manifeste en effet une très forte intolérance et un très fort autoritarisme dans la société qui le pousse à l’agression (insultes, menaces, coups, etc) et au harcèlement constant notamment contre les femmes hypotextiles.

Le concept de sexoséparatisme explique bien la dynamique de haine patriarcale déployée de façon incoercible par des hommes intégristes de diverses religions, l’islam réac étant le plus répandu cependant sur la planète. Notons que les femmes ne sont pas en reste pour assurer la reproduction de la structure patriarcale à fondement religieux intégriste. Il n’est pas rare de voir des femmes qui ne supportent pas, pas plus que leurs compagnons intégristes masculins, la liberté prise par d’autres femmes - dont certaines sont aussi croyantes (musulmanes ou juives ou autre religion) - à sortir librement de chez elles non seulement sans voile mais aussi en jupe courte et avec décolletés (hypotextile).

- Lutte contre les intégrismes religieux

La lutte contre l’intégrisme religieux, notamment celui sexoséparatiste, n’est pas l’affaire des seuls athées car elle passe surtout, vu le nombre de croyant(e)s dans le monde, par une alliance, un soutien et la solidarité avec les croyant(e)s progressistes ou d’émancipation qui eux se montrent non seulement tolérant(e)s mais aussi actifs pour la diversité des apparences-différences textiles que ce soit l’hypotextile ou l’hypertextile.

Un tel choix de multiculturalité textile n’est pas à l’évidence du relativisme culturel puisque précisément nous refusons l’autoritarisme des intégristes, ce que ne fait pas la « gauche régressive » qui s’abstient de toute critique des intégristes et qui ne milite pas pour la diversité textile mais juste pour le libre port du voile en plus des tenues textiles courantes.

Ce choix de pleine diversité textile est fondé par les valeurs de liberté et d’égalité entre hommes et femmes alors que les intégristes n’ont pas ces valeurs. Ils fonctionnent par le rejet autoritaire de la modernité et l’imposition de leur dogme. Ils fonctionnent à l’interdit. Ils renforcent les interdits existant dans les sociétés patriarcales existantes. Par exemple, ils refusent le sein nu sur les plages tout comme ils harcèlent les femmes en mini-jupe ou interdisent les plages de nudistes ou naturistes.

Christian Delarue

Binarisme interprétatif de la religion ou pluralité des compréhensions d’une même religion.

http://amitie-entre-les-peuples.org/Binarisme-interpretatif-de-la-religion-ou-pluralite-des-comprehensions-d-une