La France comme République sans musulman : Mme Christine TASIN y va fort ! Christian Delarue (blog Politis)

mercredi 22 mai 2013
par  Amitié entre les peuples
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ERADICATION STOP !

La France comme République sans musulman : Mme Christine TASIN (RL) y va fort ! Très fort !

blog Politis

C’est « sans aucune haine des musulmans » que celle qui me pense « à l’ouest » (le titre de son nouveau papier est delarue à l’ouest : petite mesquinerie) affirme qu’on « attend clairement un pouvoir politique légitime qui mette en demeure les musulmans de choisir entre la France et l’islam. Avec, pour ceux qui choisiraient l’islam, le choix »mortel« de demeurer croyant de façon privée, discrète, en France ou d’aller vivre pleinement leur vie de musulman dans un des 57 pays musulmans de la planète... » Rien moins.

Christine Tasin qui veut me donner une leçon sur la République et le « vivre ensemble » manifeste là une conception très autoritaire de la démocratie. La République de l’extrême-droite est bien celle de la soumission et de l’exclusion massive . Un nouveau code de soumission des néo-indigènes est probablement en cours !

Ici, sa conception s’exprime par le biais d’un « choix » imposé aux musulmans. On va mesurer le peu de liberté qui reste à la seconde religion de France. On y voit un fort durcissement de l’intolérance commune à l’extrême-droite, remarqué par d’autres et, évidemment, beaucoup d’incompréhensions.

Elle ose donc demander, sans haine dit-elle, mais avec la fermeté la plus répressive, à tous les musulmans français (ou simplement résidents sur le territoire national ) d’abandonner l’Islam. S’ils ne le font pas ils ne seront pas des français pleinement acceptés. Et là, point de mots creux, c’est la porte sud de la France qui sera ouverte ! Digne de JM Le Pen !

Elle ose demander fermement à des croyants de ne plus croire, de devenir en l’espèce des mécréants. Pour qui connait l’islam, la chose est difficilement pensable (1). Ceux qui feraient « ce choix », une minorité, deviendraient au mieux de « culture musulmane », soit, semble-t-il, une subculture pleinement acceptée au sein des subcultures nationales.

N’y croyant pas tout à fait, elle dit, toujours sans aucune haine bien sûr, que ceux qui ne voudraient pas abandonner leur religion ferait un « choix mortel ». Diable ! Il faudrait mieux qu’elle ait un ressentiment net et assumé mais qu’elle le prenne en charge en lui donnant des bornes ! Après tout, je n’aime pas les signes ostensibles de religion (SOR)- je le dis franchement - mais, et c’est toute la différence avec elle, je ne propose pas, comme elle, une laicité éradicatrice, qui pousse les croyant(e)s à s’enfermer chez eux ou à partir dans un pays musulman. Ce n’est donc pas « être faux cul » (comme elle dit) que de ne pas lâcher sous forme de projet politique totalement éradicateur ses propres ressentiments et préjugés sociaux. Bien au contraire, c’est tendre vers plus de tolérance. Pour moi, il n’y a que les SOR portés durablement et de façon proximale qui manifestent une imposition, un manque de respect, une emprise. Ma position est donc radicalement différente de la sienne. Je défends, en plus de la loi de 1905, la loi française de mars 2004 qui interdit les signes religieux ostensibles (SOR) à l’école. Certains peuvent me le reprocher mais notons que c’est autre chose que d’interdire tout voile dans l’espace public. Quid d’ailleurs des autres signes religieux ? Elle autorise un régime discriminatoire pour les juifs, et les autres porteurs de SOR.

De plus, notre éradicatrice pense, par facilité stratégique pour son projet, qu’il y a un seul islam, une seule lecture du Coran. C’est évidemment faux. Aucune religion n’est monocolore dans le temps et dans l’espace. Si l’on accepte le mot communauté pour désigner les musulmans alors ce doit être pour dire immédiatement qu’il y a un islam autoritaire et sexo-séparatiste qui s’oppose à un islam égalitaire et ouvert avec des sensibilités intermédiaires. On peut critiquer et combattre le premier mais on doit épargner le second.

Enfin, quand elle me cite, il s’agit d’une « sortie » faite jadis contre une interpétation archaique du Coran. De plus cette intervention a été faite extrêmement rapidement pour défendre la possibilité du blasphème en France. La justice a d’ailleurs tranché en soutenant mon point de vue (affaire de celui qui a brulé un coran dans l’est de la France il y a trois ans). Plus largement, je défends une conception de l’islamophobie comme forme de racisme qui permet bien la critique de l’islam et de certaines de ses pratiques (eh oui) mais cette conception les protège néanmoins de certaines discriminations . Toute discrimination n’est pas en soi raciste. Des limites sont concevables dans le respect de tous et toutes.

La conception du vivre ensemble - si on peut le dire encore tant elle est réduite - défendue par C Tasin serait par contre doublement ségrégative et raciste : 1 comme étant totalitaire et éradicatrice d’une catégorie de croyants, 2 comme discriminatoire par rapport aux autres religions. Pour l’heure, que je sache, le droit de la République ne permet pas cette offensive radicale.

Christian DELARUE

Antiraciste (ex membre du BE & du CA du MRAP)

1) Lire le Coran « Boubakeur » (version commentée) de plus de 2000 pages après les pages 2000 à la sourate CIX je crois (de mémoire).

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/060513/christine-tasin-ou-la-guerre-ouverte-contre-les-musulmans?onglet=commentaires#comment-3489849

Le texte de Christine TASIN est : Delarue de plus en plus à l’ouest. A Mediapart rien de nouveau

Son texte ne doit pas cacher l’essentiel dans ma critique antiraciste de son ignoble « position » (qui ne devrait pas être une simple opinion) publié sur Médiapart : Christine Tasin ou la guerre ouverte contre les musulmans

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