« L’intégrisme et le racisme se nourrissent l’un de l’autre ». H Chalghoumi

jeudi 22 décembre 2016
par  Amitié entre les peuples
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Agissons avant qu’il ne soit trop tard. Le défi d’un imam.

Entretien entre l’imam Hassen CHALGHOUMI et David PUJADAS

Ed Cherche midi - février 2013.

Quelques extraits :

« L’islam ne peut se replier sur lui-même. Il ne se pratique pas hors du temps et de l’espace. Il n’est pas désincarné. En France, il doit relever le défi démocratique et laïc. Non seulement la République et ses lois ne sont pas un obstacle, mais elles représentent une chance pour son évolution spirituelle et philosophique. L’imam, comme un berger, doit dresser un pont entre les deux mondes. Sa vocation est de faire émerger un islam de France qui ne peut être ni délégué ni asservi à des puissances ou des intérêts étrangers. » (p11) L’auteur a publié en 2010 « Pour l’islam de France ».

Il y a davantage de crispations, et même de radicalisation avec notamment un islamisme extrême qui monte. C’est triste. Ensuite, comme en parallèle, l’islamophobie progresse aussi. L’intégrisme et le racisme se nourrissent l’un de l’autre. (1) Pourquoi ? Depuis seize ans, le contexte social et économique a changé lui aussi. (page 23)

H Chalghoumi critique les les enseignements - sexoséparatistes - qui disent « Il ne faut pas que tu serres la main des femmes » et « Tu ne t’assieds pas à côté d’une fille ». Pour lui, les médecins de sexe masculin peuvent soigner les musulmanes sans problème (p86). Sur ces questions de moeurs, Hassan Chalghoumi est ici plus progressiste que Tariq Ramadan. C’est d’une grande importance.

Dans cet ouvrage il est discret sur le conflit entre Israël et les palestiniens mais il se montre favorable à une entente entre juifs et musulmans. Favorable aussi à de bonnes relations entre le peuple français et les peuples tunisien, algérien et marocain.

Il sait qu’il y a des passages dans le Coran qui prêtent à une interprétation belliqueuse mais il défend l’islam comme une religion de paix et de vivre ensemble. Pour cela il ne faut pas confondre « le monde arabe et le monde musulman. Les Arabes c’est un peuple, ce n’est pas une religion ». L’explication parait limitée. Certaines critiques portent bien contre des musulmans qui peuvent par ailleurs être (ou non) des Arabes. Par ailleurs, tous les musulmans ne pratiquent pas pareillement, tout comme les juifs et les chrétiens. Certains sont plus autoritaires, d’autres plus libéraux de moeurs, plus démocrates aussi, etc...

Note Christian Delarue

1) Dans cette juste formule il faut bien lire les deux sens et non un seul.