Marwan Muhammad et Walleed Al-Husseini : Deux livres sur l’islamophobie. C Delarue

lundi 2 octobre 2017
par  Amitié entre les peuples
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Marwan Muhammad et Walleed Al-Husseini : Deux livres sur l’islamophobie.

Deux livres, avec chacun une couverture noire, sont sortis en mars 2017 sur le thème de l’islam. D’un côté vous avez Marwan Muhammad (celui du CCIF) auteur de « Nous (aussi) sommes la Nation - Pourquoi il faut lutter contre l’islamophobie » (Ed La Découverte) et de l’autre côté, en discours contraire portant contre l’islam radical, vous avez Walleed Al-Husseini auteur de "Une trahison française - Les collaborationnistes de l’islam radical dévoilé » (Ed Ring). Un enjeu : l’islamophobie. D’autres aussi : la laïcité, le féminisme, la République (que je n’évoque pas ici).

Une partie des divergences peut s’effacer dans la mesure ou Marwan Muhammad précise que l’islamophobie comme forme de racisme n’empêche nullement la critique de l’islam comme religion. Il est donc parfaitement possible de critiquer l’islam comme n’importe quelle religion sans encourir l’accusation d’islamophobie. Pourquoi alors dire islamophobie ? Ce débat ne cesse de perdurer depuis 2003 date de l’entrée du terme dans l’espace public. Le terme était employé avant mais n’avait guère d’audience de masse.

Dans aucun des deux livres, je ne trouve de réels développements de l’idée qu’il existe des islams et donc une diversité d’interprétation du Coran et de comportements. Il ne s’agit pas là de répertorier des courants historiques relativement connus mais plutôt de voir qu’il y a dans l’islam notamment en matière de moeurs, des progressistes et des conservateurs voire des réactionnaires et même des ultra-réactionnaires qui veulent un hyper-patriarcat . Il y a bien comme le dit Walleed Al-Husseini un monde musulman historiquement et fondamentalement construit sur des pratiques de violences (et il développe ce point). Pour autant on ne saurait nier aussi comme le dit Marwan Muhammad qu’il y a en France des musulmans qui vivent un islam tranquille, plus respectueux des droits humains, ce qui ne signifie pas sans contradictions, notamment par rapport à la question du port du voile et de l’hypertextile.

On peut en France critiquer le port du voile - dire par exemple que c’est un archaïsme patriarcal qui fait injure et violence symbolique aux valeurs et principes de la modernité - y compris quand il est porté librement (pas que le port imposé par les intégristes religieux sexo-séparatistes) mais on ne saurait discriminer les musulmanes voilées dans la vie réelle . Brièvement, on en est là . Ces femmes sous hypertextile devraient pouvoir circuler sans subir des insultes islamophobes ou d’autres insultes.

Car il ne faut pas perdre de vue qu’il n’y a pas que l’islam a promouvoir le sexoséparatisme . Le christianisme l’a fait jadis et il continue ici ou là dans les pays ou il domine (ex Pologne) . Les juifs dits haredim sont aussi réactionnaires que les musulmans sexoséparatistes ! Aussi incroyablement sexyphobiques ! Cela n’est pas dit dans aucun des deux livres. Il n’y a pas que les composantes réactionnaires de l’islam qui refusent les conquêtes féministes du XX ème siècle ayant débouchées sur ce qu’on appelle « la seconde modernité » , soit cette configuration de patriarcat réduit par l’institutionnalisation des droits qui donnent liberté aux femmes et égalité entre hommes et femmes.

Christian Delarue