ISLAMOPHOBIE en 11 sens. Christian DELARUE

lundi 29 janvier 2018
par  Amitié entre les peuples
popularité : 12%

ISLAMOPHOBIE en 11 sens

En commentaire de la « mécanique raciste » sur blog médiapart

1) Un terme déqualifié car venu des islamistes - et notamment des intégristes musulmans d’Iran . On sait que c’est faux. On sait aussi que si on trouve certes ce terme en remontant dans l’histoire coloniale - notamment au début du XX ème siècle, il n’était guère employé . Ce terme est entré dans des cénacles restreints universitaires avant 2003, mais c’est depuis 2003 avec Vincent Geisser puis Mouloud Aounit qu’il est entré comme terme massivement employé mais critiqué dans la foulée.

Ce qui explique des usages différents sur les 15 dernières annèes.

2) Employé comme haine de l’islam  : on vise la religion comme toute religion, et pas les croyants. Le thème est différent de celui fort ancien de la peur des musulmans, mais le basculement est facile. Pour la critique de la religion, on a droit - voir le devoir - contrairement à la position léche-cul de l’islam de certains (de Pierre Tévanian à Mona Chollet et son « étron déclaratif » et d’autres encore), de détester la religion de la critiquer comme une entreprise d’abrutissement ou d’aliénation. Il y a un refus de type culturel de type refus de l’anti-modernité (la seconde modernité comme conquête de droits contre le patriarcat), du refus des droits des femmes, etc... Elle ne vise pas l’émancipation mot qu’elle ignore mais la conservation du monde patriarcal soit un capitalo-patriarcat chez les protestant ou autres, soit un hyperpatriarcat chez les musulmans conservateurs. On y discute quasiment pas de Me Too , relate récemment un journal spécialisé à l’international, dans les pays musulmans à forte dominante conservatrice en moeurs.

3) Employé contre les blasphémateurs : ceux ou celles qui pissent - en parole le plus souvent - sur le Coran ou les autres textes dits sacrés. En représailles les défenseurs les plus radicaux des idoles brûlent les drapeaux occidentaux (qui sont eux aussi survalorisés comme des fétiches et protégés par le droit).

4) Employé comme haine du musulman essentialisé soit la haine et le rejet du musulman parceque musulman, soit le Musulman à majuscule, tout comme il existe la haine du juif parceque juif. Je l’emploie personnellement dans ce sens de musulmanophobie d’essentialisation.

5) C’est un peu la suite du précédent : c’est l’islamophobie d’amalgame, d’amalgame entre l’islamiste et le musulman progressiste. Il y a des intégrismes musulmans donc complexité. Je l’emploie aussi dans ce sens de musulmanophobie d’amalgame.

6) Islamophobie de refus du communautarisme musulman vise le refus de mise en communauté forcée des musulmans . L’accusation d’islamophobie vise ici un langage critique, critique de celui englobant largement ou celui de « couverture » des intégristes musulmans.

7) Employé comme haine et rejet de la musulmane voilée mais il peut y avoir voilophobie soit rejet du seul voile comme pratique contestable et certain-es ajoutent en ce cas pour être précis-es que « ce serait une idéologie patriarcale athée que ce serait pareil » (donc on sort là de l’islamophobie au plan de l’intention - qui détermine un surcroit de peine).

8) Islamophobie comme racisme anti-arabe . On suppose ici faussement que les arabes sont tous musulmans, si ce ne n’est de religion c’est de culture . Ce n’est pas plus vrai que tous les musulmans sont arabes . C’est alors un moyen de pratiquer un racisme anti-arabe masqué.

9) En confusion avec l’islamistophobie ou intégristophobie  : haine et combat des intégrismes religieux sexyphobiques et voileurs de femmes : pas spécialement musulmans d’ailleurs. Je cite ici ordinairement les juifs haredim et les musulmans intégristes. Ils sont aussi sexoséparatistes. Ces intégristes doivent être combattus très fermement mais pas les autres musulmans qui doivent être protégés. Mais dans le réel, les choses ne sont pas simples.

10) Islamophobe comme discrimination frappant les musulmans réels ou supposés, avec ou sans considération portant sur l’apparence

11) Islamophobie d’Etat cachée : on vise ici la loi du 15 mars 2004 et toute loi similaire ou tout règlement d’entreprise, ou tout règlement de Personne morale publique (Assemblée nationale) interdisant des « signes religieux ostensibles »

Je m’arrête à 11 comme souvent.

Christian DELARUE