Tarek OUBROU : un imam progressiste ? Christian DELARUE

jeudi 19 septembre 2019
par  Amitié entre les peuples
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Tarek OUBROU : un imam progressiste ?

Il manque - pour répondre affirmativement - un contenu conséquent sur le volet social et sur la laïcité il peut y avoir désaccord.

Voici ce que dit Tareq OUBROU - l’imam de Bordeaux auteur d’une interprétation du Coran soutenant une moindre visibilité (1) des musulmans, nommée shari’a de minorité - des musulmans : « Nous souffrons de l’essentialisation mais nous avons également essentialisé l’Autre, l’ennemi métaphysique. » C’est bien vu. Cela correspond assez à une certaine réalité.

Il convient donc, à mon sens, d’un côté, pour les non musulmans, de cesser d’essentialiser « le » musulman - ce qui est nettement racisme (que l’on parle ou non d’islamophobie) - car il y a mille façons d’être musulman et pas une seule. Le procédé de mise dans un même sac communautaire est tout à la fois le fait des racistes qui use de l’essentialisation et des communautaristes qui ne veulent voir qu’une communauté homogène souvent calée derrière les préceptes des intégristes, jugés incultes par T Oubrou.

Sur les « cultures musulmanes » Tareq Oubrou qui connait bien les différentes « communautés musulmanes de France » dit ceci : « l’islamisme turc est le modèle qui a le mieux réussi. C’est un islamisme pragmatique contrairement à l’islamisme arabe qui est idéologique, trop canonique, obsédé par le halal et le haram » Là aussi j’estime qu’il a raison pour ce qu’en sais (peu comparativement).

Sur la laïcité je suis plus proche ici de la compréhension de Monique PLAZA qui répond : « Les citoyens français sont laïques (et non « laïcs » comme l’écrit Tareq Oubrou) car ils vivent sous le régime de la séparation des Églises et de État, suivent tous la même loi républicaine et non des lois religieuses, pratiquent leur culte - lorsqu’ils sont croyants - dans des espaces cultuels, et ne font pas état de leurs croyances et incroyances dans nombre de leurs activités. La société française est sécularisée et refuse l’ingérence des religions dans les affaires collectives de la Cité. »

1) « Le mot visibilité a ici un sens pratique et religieux dans la mesure où il y a également des pratiques invisibles liées au cœur, qui sont les plus importantes. Plus on est discret, plus on est humble, plus on est près de Dieu en général. Même l’aumône secrète est préférable à l’aumône publique. La même règle s’applique pour les prières surérogatoires qui doivent être accomplies de préférence chez soi. Il s’agit d’une discrétion et d’une invisibilité agissante. L’invisibilité n’est pas l’extinction. Il ne faut donc pas s’étaler mais se recentrer sur les pratiques les plus essentielles dont certaines sont visibles comme les cinq prières, à la mosquée. Le Prophète en arrivant à Médine a commencé par construire une mosquée, sans minaret, discrète. Le problème est que les apparences des musulmans ne sont pas proportionnelles à leur enracinement dans la foi. Nous donnons l’impression d’être très religieux comme une plante dont la tige ne serait pas proportionnelle aux racines. Il suffit d’une petite tempête pour qu’elle disparaisse. » - - Extrait issu de Zafirnew 28 oct 2013

Christian DELARUE