Le NPA, l’islamisme et T Ramadan A Corsin

lundi 2 janvier 2012
par  Amitié entre les peuples
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Le NPA, l’islamisme et T Ramadan

Textes écrits et transmis par André Corsin (NPA)

I - La question des alliances : le NPA et l’islamisme.

Peut-on faire alliance avec des partis islamistes ou des représentants de ces partis afin d’organiser la jeunesse et les travailleurs pour conquérir de nouvelles conquêtes et/ou avancer vers la prise du pouvoir ? Cette question semble revêtir une actualité brûlante au sein du NPA.

L’idéologie islamiste se donne pour objectif la conquête du pouvoir et de l’Etat afin d’instaurer la souverainté de Dieu, la loi divine, la charia. Elle revendique un Etat totalitaire se conformant aux préceptes du Coran et de la Sunna où tous les aspects de la vie sociale sont inspirés des principes religieux. L’individu est nié au profit de la communauté des croyants, la Oumma h, à laquelle il est rattaché automatiquement , il ne fait pas suite à une adhésion volontaire. Sous le régime islamique, la liberté de conscience n’existe pas et la laïcité n’a pas droit de cité. Cet objectif est le but ultime de l’islamisme.
La réalité montre cependant qu’il n’hésite pas à passer des compromis avec les autorités politiques existantes comme le Refah en Turquie afin d’accéder au pouvoir.

Avant de prendre le pouvoir les islamistes développent une propagande tiers-mondiste et anti-impérialiste, c’est le cas des chiites d’Iran dans les années 1960. Le principal théoricien des révolutionnaires iraniens, Ali Chariati, utilisait une rhétorique marxisante et s’appuyait sur l’anticolonialisme. L’arrivée au pouvoir des Ayatollahs s’est traduite par une bipolarisation du pouvoir, le Guide suprême d’un coté et les personnels politiques de l’autre inféodés théoriquement au Guide. L’Etat totalitaire islamique sous contrôle religieux n’a pas été établi, les politiques dirigent réellement le pays. Mais le régime s’apparente au fascisme par la présence de milices au service des dirigeants et par le sort qu’il réserve à tout opposant et à la répression des mouvements indépendants de la jeunesse et des travailleurs : les droits de grève et de manifestation sont interdits.

Le parti des Frères musulmans créé en 1928 par Hassan al Banna en Egypte avec des sections nationales dans les principaux pays musulmans sans pour autant constituer une Internationale islamique, et le parti des Jama’at-i Islami fondé par Maududi en 1941dans le sous continent indien ont assuré l’essentiel des productions intellectuelles des islamistes.Mais leur idéologie totalisante a évolué vers un nationalisme adapté à chacun des pays où ils existent, acceptant le parlementarisme bourgeois comme marche vers le pouvoir.
Les révolutions en Afrique du Nord les ont porté au pouvoir alors qu’ils n’étaient pas à l’origine de la chute des dictateurs. Ils ont récolté les fruits de leur longue opposition à ces régimes et du réseau d’organisations caritatives qu’ils ont créés afin de prendre en charge les besoins sociaux des plus pauvres, terrain complètement délaissé par les mouvements ouvriers de ces pays.

Ce qui vient d’être évoqué succinctement invite évidemment à refuser tout lutte commune avec ces partis et leurs partisans caractérisés par leur refus de la laïcité, leur sexisme, leur défense de la société bourgeoise.

Construire un parti révolutionnaire nécessite de délimiter ce qui distingue une politique révolutionnaire d’une politique réactionnaire et obscurantiste.

II - Tribune : Le NPA et T Ramadan

L’article de Sarah Benichou rend compte du meeting de Bagnolet à l’initiative de « 2012 : Printemps des quartiers » dans « Tout est à nous » N° 128. S. Benichou s’enorgueillit que ce meeting ne se bornait pas à une écoute passive mais invitait à la participation active des présents dans les prochaines semaines.

Mais que dire de la présence de « l’intellectuel » Tariq Ramadan à la tribune de ce meeting ? Ce qui distingue Tariq Ramadan des autres participants, c’est qu’il est le petit-fils de Hassan al Banna, le fondateur des frères musulmans en Egypte en 1928.Les frères musulmans, dont il se revendique est un parti religieux islamique, dont le programme anti-laïque prône le respect de la propriété privée dans tous les pays où il est en passe de prendre le pouvoir. Ces meetings dont le NPA est à l’initiative doivent-ils servir à la pénétration de l’idéologie religieuse réactionnaire dans les quartiers ?

L’anti-islamisme, en vigueur aujourd’hui, réclame-t-il de la part des militants anti-capitalistes qu’ils s’associent avec des représentants issus de mouvements religieux qui appliqueront peu ou prou la Charia s’ils parviennent au pouvoir, tout en se mettant au service du Capital contre les travailleurs et leurs organisations.

Ce n’est pas le rôle d’une organisation révolutionnaire de cultiver des illusions mortelles sur le soi-disant progressisme des organisations religieuses mais au contraire d’élever la conscience politique de la jeunesse et des travailleurs afin qu’ils mettent fin au capitalisme en aidant les masses à se libérer de l’obscurantisme réactionnaire de tous les mouvements politiques religieux.

André Corsin