De la race au racisme.

dimanche 21 juin 2020
par  Amitié entre les peuples
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De la race au racisme.

C’est au nom de la supériorité de la race aryenne que juifs et Tziganes furent exterminés par les nazis. C’est pour lutter contre ces théories que l’UNESCO, de 1949 à 1978, a multiplié les déclarations récusant la validité scientifique du concept de race, en mobilisant des intellectuels de renom comme Claude Lévi-Strauss.

Mais depuis Colette Guillaumin - 1972 - les sociologues usent du mot « race » et de « racisation ». On lit de plus en plus le triptyque suivant : « classe, race , sexe » à titre de problématique d’oppressions conjuguées ou de dominations combinées au lieu de dire pour s’y opposer : « anti-classisme, antiracisme, antisexisme » .

Problème : Comment alors distinguer la « race » du sociologue de la « race » du raciste ? demande Gwénaèle CALVES.

Nona MEYER explique : Il ne s’agit pas de définir a priori des « races », mais de repérer la manière dont chaque société voit des « Autres » (les juifs, les noirs, les roms) et leur prête des traits homogènes et permanents, qui les essentialisent. Mais cette façon de prêter des traits homogènes et permanents, positifs ou négatifs, à un groupe humain relève typiquement de l’essentialisme raciste que nous combattons ! Il suffit de relever le procédé d’essentialisation, de globalisation, de mise en communauté homogène pour porter une accusation ferme.

Certes il serait naïf d’imaginer qu’il suffit de supprimer le mot « race » de la Constitution française (loi du 12 juillet 2018) pour mettre fin au racisme. Pour autant employer un terme contestable fait problème. On dira maintenant que les racistes n’utilise pas ou plus le mot race, car ils « racisent » sans en faire usage . Mais le faire nous même peut être problématique car on observe des refus. Je l’ai constaté dans une AG d’ATTAC à Marseille ou une femme de couleur refusait d’être rabattue sous un procédé qui la sépare du reste de l’humanité, des Blancs. Si un jour elle est victime de racisme elle portera plainte contre l’individu.

Reste alors à combattre le racisme systémique,celui plus caché, sous la surface de l’iceberg. Il n’y a pas un individu nettement coupable mais une chaine de décisions ou non décisions qui ont fait qu’il y a eu discrimination.

Christian DELARUE