Antiracisme divers et divisé - Christian Delarue

dimanche 21 juin 2020
par  Amitié entre les peuples
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Antiracisme divers et divisé

Face au capitalisme, anti-social et anti-écologie, les gauches sont divisées, et face au racisme, les gauches sont aussi très divisées en France. Et ce n’est pas récent. Elles le sont aussi face au sexisme. Il se diffuse des conceptions différentes, voire opposées. Les syndicats et les associations aussi ont des conceptions différentes !

Résumons très rapidement un propos (qui pourrait être développé et discuté le 27 juin à la Fondation Copernic) : Une certaine gauche sera en défense, globale et sans distinction, des quartiers populaires des non-blancs majoritaires subissant le sur-chômage, le contrôle au faciès et le racisme systémique. Une fraction de ce courant - pas tous - usera d’une terminologie comme « racisation », « non-blancs », « privilège blanc », etc. Une gauche tout à la fois marxiste et républicaine critiquera « l’élévation des Noirs au rang de victimes universelles », le »spectacle des bons sentiments », le retour des indigénistes et autres intégristes religieux de l’islam prônant le séparatisme ethno-racial et demandera que l’on n’oublie surtout pas les antagonismes de classe. Une troisième gauche universaliste mais tendue vers l’égalité réelle (comme au MRAP - congrès juin 2018), elle-même subdivisée sur certains aspects (usage ponctuel ou non d’une terminologie qui n’est pas la nôtre - cf plus haut), exigera qu’on combatte enfin sérieusement le racisme systémique aussi bien dans la police qu’ailleurs. Il y a urgence !

Pour autant la question sociale ne sera pas oubliée pour autant . Ce n’est pas contradictoire de lutter contre le racisme et contre le « classisme » (contraction de domination de classe ou des inégalités sociales, etc) dans une perspective d’émancipation (Etat social, République sociale, socialisme). Là il ne faudrait pas oublier la lutte contre le patriarcat, soit dans sa forme « capitalo-patriarcat » soit dans sa forme hyper-patriarcat des intégristes religieux. Il ne faudrait pas non plus abandonner la laïcité dont le contenu du droit positif en France fait débat.

Le mouvement associatif anti-raciste dans sa diversité (cf ma contribution sur ce mouvement in attac) est lui aussi divisé . Cependant il ne peut ignorer, en reprenant « l’image de l’iceberg », la distinction entre les injures ou insultes racistes (la petite partie visible et bruyante) et les discriminations moins bruyantes, moins visibles mais réelles et lourdes. Les injures racistes ne forment que l’écume du racisme dont les gens causent beaucoup mais ce « bruit » participent à laisser impuni le racisme structurel caché, la partie sous la surface de l’eau de l’iceberg raciste.

Syndicalement, il y a aussi des divisions . Malgré ces divisions, ces luttes avancent car il y a intérêt à ce que le syndicalisme de mouvement revendicatif de « double besogne » (Charte d’amiens) dit « de classe et de masse » comme le syndicalisme plus prêt ordinairement des compromis ambigus prennent, l’un et l’autre, en charge le combat contre racisme comme la lutte contre le sexisme ou l’homophobie afin d’emmener un plus grand nombre de travailleurs et travailleuses de qualifications diverses, de secteurs divers (public ou privé) vers une situation meilleure, avec plus de liberté, d’égalité, de fraternité. La fraternité s’étend au-delà des frontières pour un syndicaliste . Comme pour un antiraciste associatif ! Le repli sur la communauté nationale est un frein à une conscience élargie des dominations et oppressions

Christian DELARUE

Eléments pour introduire un débat sur comment réduire le racisme malgré nos divisions

CN du MRAP - CO Fondation Copernic