RELIGION : II - La « haine de la religion » a ses raisons, la haine des croyants est à éviter ! C Delarue

samedi 12 novembre 2011
par  Amitié entre les peuples
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RELIGION : II - La « haine de la religion » a ses raisons, la haine des croyants est à éviter !

Ce qui importe ce n’est pas la diffamation des religions mais la haine des humains réels. Là est l’enjeu.

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Par ailleurs, plus les défenseurs obsessionnels des « bondieuseries » (mettre du « dieu » partout tout le temps sous diverses formes) montent au créneau et plus les comportements de défétichisation seront forts . Cela a été l’objet d’un article précédent :Religion : I - Ce qui insupporte radicalement. Allons plus loin.

Est-ce que par hasard la religion ne mérite pas cette « haine » ?

La religion entend souvent se mettre en surplomb des humains. Rien que cela inspire une légitime réaction de refus de la domination. Le blasphème sous forme diverse en est le signe banal et sans doute purement réactionnel.

Le principe en est que nul humain n’a à respecter des autorités aliénantes et les religions en sont. Elles apparaissent historiquement et socialement comme des dispositifs de domination des humains. Au delà du contenu des textes fondamentaux, ses adeptes se montrent trop souvent impitoyables dans la défense des dogmes les plus insoutenables. Et cela n’a pas concerné que les intégrismes des principales religions.

Il faudrait ici distinguer selon la religion en cause. Qu’il s’agisse du catholicisme, du protestantisme ou de l’islam les critiques ne manquent pas. Les critiques seront plus ou moins pertinentes mais elles existent néanmoins. Des siècles de boniments et de culpabilisations assénés dès le plus jeune âge finissent par susciter la réprobation ! Et ce n’est pas une histoire de « camp ». Cela vaut aussi bien en Orient qu’en Occident.

Religion, patriarcat et capitalisme.

Il y aussi des siècles de domination patriarcale ou l’homme qui était le chef de famille incontestable est aussi le grand ordonnateur de normes religieuses de vie quotidiennes, avec ou sans appareil religieux hiérarchisé. Cet homme-là devient patron de la petite production marchande avant que le capitalisme fasse ses premiers pas . Il deviendra plus tard au XIX ème siècle patron d’entreprise capitaliste puis au XX ème siècle « staff » masculin des grands groupes capitalistes. Le féminisme de la fin du XX ème siècle est venu casser ici ou là cette logique. Mais elle résiste. On le voit avec le voile imposé par les musulmans radicaux mais aussi avec toutes les autres formes de sexo-séparatisme.

Non content de dominer dans la famille et dans les structures de productions les hommes de religion voulurent maintenir leur pouvoir face à la montée de la démocratisation. La souveraineté serait divine. Les hommes et les femmes durent lutter pour imposer la démocratie et la laïcité. Ce combat n’est pas terminé.

Les religions, le sexe et la séduction.

Il y a aussi l’autre combat mené lui contre les conceptions réactionnaires de la sexualité, du désir, du charnel et du libidinal.
Les religions, chacune avec leur différence, eurent bien du mal à admettre, le droit au plaisir des femmes et des hommes en fondant leurs relations sexuelles uniquement sur le consentement et l’égalité hors toute autre considération soit disant « divine ». L’homosexualité est toujours aussi mal considérée. Le droit de s’habiller librement pour les femmes ne s’entend que très couvert et tous ne sont pas musulman et pas nécessairement intégriste. Mais ce sont les musulmans radicaux qui tiennent ici le créneau de la façon la plus autoritaire et la plus visible. Les autres sont plus hypocrites.

Le fait que le capitalisme récupère à des fins de profit les luttes de libérations contre les mœurs bridés d’antan donne une nouvelle opportunité aux religions qui ressortent simplement les vieux dogmes. Lutter contre cette récupération marchande ne saurait pourtant nous ramener à la période antérieure à 1968 (si l’on veut bien prendre cette date qui n’est pas exacte partout).

Religion et émancipation.

La défense de la religion a-t-elle quoique ce soit à voir avec la lutte d’émancipation, la lutte contre le capitalisme, la lutte contre l’impérialisme ? La réponse dominante est négative. On trouve ici ou là des exceptions. Mais de façon générale les religions sont plus un obstacle à l’émancipation qu’un vecteur. Ceux qui évoquent un socialisme pluriel avec des droits égaux pour les femmes et les hommes sont rares.

Quant à la laïcité, elle n’est pas le respect de toutes les croyances mais séparation des sphères religieuses et étatiques. Et il n’y a pas un athéisme mais 1000 formes allant du simple refus d’un Dieu au profit d’un humanisme complet jusqu’à l’affirmation de thèses positives de type matérialistes elle-mêmes variées. Nietzsche n’est pas Freud qui n’est pas Spinoza qui n’est pas Darwin ni Marx. En fait l’athéisme ne signifie plus rien de précis outre la non croyance en Dieu.

L’enjeu des années à venir sera de montrer que la désacralisation, le dénigrement des religions est une phase nécessaire pour un plus net respect des croyants eux-mêmes.

Christian DELARUE


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