Misère de l’antiracisme politique - Défense de l’antiracisme universaliste. Christian DELARUE

jeudi 15 février 2018
par  Amitié entre les peuples
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Misère de l’antiracisme politique - Défense de l’antiracisme universaliste. Christian DELARUE

La période actuelle oblige à mieux nous situer, à préciser notre combat.

Contribution (pour débat local) reprise du texte de 2017 Misère de l’antiracisme politique - Défense de l’antiracisme universaliste.

Figure : Des blancs juifs (notamment ceux porteurs de kippa) peuvent être racisés, c’est à dire vu comme une « race » à haïr et agresser, tout comme des blanches musulmanes voilées. Il peut y avoir un biais à relever : la haine peut porter non contre le Juif ou la Musulmane mais contre l’exhibitionnisme religieux ou contre les « intégristes religieux voileurs » (de femmes) . Ce n’est pas une excuse pour une agression mais ce n’est pas la même chose qu’un essentialisme. Un féminisme refuse nettement les intégrismes religieux.

Blanc juif racisé ou Musulman blanc racisé, nous refusons la distinction « Blanc-non blanc » de l’antiracisme politique sans pour autant dire qu’il existe du racisme anti-blancs . Mais les Noirs, les Arabes, etc... ne le sont pas systématiquement mais ils le sont trop souvent. Nous combattons le racisme et la discrimination raciste sous toute ses formes et sans clivage paradoxal (de l’antiracisme politique).

Ce texte s’inscrit dans la perspective historique de l’antiracisme universaliste du MRAP avec toute la spécificité de son parcours dont la date de 1977 constitue un point important avec la notion de lutte contre toutes les formes de racisme (et avec le changement de nom tout en conservant le même sigle).

Sous l’effet de l’essentialisation, les racistes se mettent à mettre dans une même communauté homogène l’Arabe ou le Noir ou le Rom etc, mais aussi le Juif ou le Musulman, soit deux grandes figures à Majuscule. A partir de certains méfaits de certains juifs ou musulmans ou roms, ils se mettent à globaliser, généraliser et surtout à haïr puis discriminer.

Ce qui est visé ici, 40 ans plus tard, en 2017, par cette critique de ce nouveau venu en France (pas aux Etats-Unis), l’antiracisme politique ,c’est d’une part le campisme qui consiste à défendre le sud en bloc et les quartiers populaires en bloc car pauvre ou au chômage (des maux qui sont certes à combattre mais sans accepter les méfaits « collatéraux » des dominés dans un champ mais dominateurs dans un autre) et d’autre part le communautarisme qui consiste à défendre en bloc une communauté religieuse - et ici le monde musulman en bloc - , comme si il n’y avait pas d’antisémitisme, d’athéophobie, d’homophobie, de sexyphobie, et même de chasse au musulman progressiste chez les musulmans. Comme si il n’y avait pas aussi et surtout d’intégrisme religieux chez les musulmans. J’ai débattu de cela de nombreuses fois avec feu Mouloud Aounit, ex co-président du MRAP.

Notons-le aussi, le sionisme international est aussi un campisme, celui de la défense de l’Etat d’Israel tel qu’il est avec tous ses défauts voir pour certains en souhaitant encore plus de discriminations, plus de colonisation dans les territoires occupés, plus d’oppressions et de dominations (source de ripostes armées) contre les palestiniens. Il importe de critiquer la défense d’Israel qui fait silence contre la colonisation et ses méfaits.

Une critique de l’antiracisme politique est à développer du point de vue de l’antiracisme universaliste en lien avec le combat social et le combat laïque afin de promouvoir des conditions d’une pluri-émancipation pour les couches et classes sociales populaires.

Elle est à faire sans apologie de la situation dans notre République affaiblie par le néolibéralisme car l’antiracisme universaliste ne manque pas de travail dans la période. Il doit lutter sur le terrain mais aussi sur le plan idéologique et ce sur plusieurs fronts, sur sa droite et sur sa gauche.

Christian DELARUE -
Militant MRAP Rennes
Ex membre du Bureau exécutif et du Conseil d’administration du MRAP