Diktat réactionnaire : Femmes, sortez couvertes ! C Delarue

samedi 10 juin 2017
par  Amitié entre les peuples
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Diktat réactionnaire international : Femmes, sortez en tenues banalisées acceptées par les sexyphobes religieux ou non.

A défaut ne vous plaignez pas de ce qui vous arrive soit les insultes sexistes et les agressions physiques.

25 nov 2012

blog médiapart

Si les agressions physiques sont massivement masculines, les insultes sexistes contre les femmes ne sont nullement le fait exclusif des hommes, bien que ces derniers soient majoritaires. Les femmes aussi usent de l’insulte, souvent certes de façon plus euphémisée mais en lien avec un regard méprisant, sexyphobique : « tu travailles cette nuit ». Le fait vaut au travail comme dans les familles, notamment contre les jeunes filles.

Il faut donc toujours du courage pour les femmes pour se vêtir comme elles veulent : Tenue « passe partout » anodine un jour, une autre plus attrayante, plus « sexy » un autre jour. Le changement n’est guère autorisé par les plus rigides de l’ordre moral. Le désir de séduction avec le port d’artifices sexués sera montré comme dépravation par la droite la plus conservatrice et comme aliénation à gauche par les puristes de l’émancipation ou par les spiritualistes qui haïssent profondément la chair et le sexe car ce ne sont que des tentations démoniaques.

- Fonctions de l’insulte.

On voit ordinairement dans l’insulte, qu’elle soit sexiste ou raciste, un procédé de rabaissement de la dignité humaine. Elle est cela mais elle est plus que cela. L’insulte est aussi un procédé normatif contraignant qui remplace une interdiction absente et qui vise à restreindre les libertés, notamment ici celles des femmes. L’insulte sexiste se rattache de la sorte à la volonté de retour à une société d’ordre moral.

Le seuil d’apparition de l’insulte équivaut à un seuil de tolérance maximal. Il est vite atteint chez certain(e)s : pas de mini-jupe, pas de talons hauts, pas de décolletés (devant surtout). Si la mini-jupe est acceptée ce sera alors sans collants fins... Bref, tout ce qui qui peut montrer une apparence trop sexuée est stigmatisé. La femme, son apparence sexuée, doit en quelque sorte disparaitre au profit d’un humain banalisé. Pourquoi ? Les hommes ne savent pas tous voir avec respect et dignité deux êtres humains en même temps : d’une part la femme (sexuée) et d’autre part l’humain générique.

Plutôt que de subdiviser comme Valérie DAOUST (1) les individus en quatre types - rationnel, intéressé, libidinal, romantique - on proposera au plan politique et social de distinguer les interventions humaines sur un axe répressif-permissif. Une société répressive et potentiellement totalitaire tendra à interdire aussi bien les manifestions d’homosexualité que celles d’hétérosexualité. Ces individus ne veulent voir que de l’humain mais un humain qui cache son apparence sexuelle, un humain en quelque sorte « désexué d’apparence », désexualisé.

- Répression : Empêcher l’attraction et l’attirance sexuelle.

La burqa n’est pas que la forme maximale de l’effacement de la femme puisqu’elle efface aussi l’humain. La burqa est un outil barbare qui nie deux êtres : la femme comme être sexué mais aussi l’humain . Le voile (islamique) serait plus, en ce sens, un outil qui efface relativement l’apparence féminine, la séduction féminine, jugée mauvaise ou aliénante, pour ne laisser apparaître la seule humanité seule valorisée. Il y a - sur ce plan - une grande différence avec la burqa.

Mais il faut aller plus loin. Le voile a largement participé de la stigmatisation des « femmes féminines », c’est-à dire dont l’apparence sexuée est évidente. A l’époque, le stigmate de « pute » était massif autant chez les jeunes filles que chez les jeunes garçons. Enfin, il faut dire ici que l’apparence et l’attirance sexuelle n’ est pas chose maudite que pour les intégristes religieux. Cette forme de sexisme haineux se retrouve ailleurs.

L’apparence suscitant une forte attirance sexuelle doit pour eux tous, en toute occasion, être fortement limitée et circonscrite. Dans ce cadre l’insulte signifie « Femmes, sortez couvertes » !

Christian DELARUE

1) De la sexualité en démocratie.
L’individu libre et ses espaces identitaires.

par Valérie DAOUST Ed PUF Coll Sociologie d’aujourd’hui en 2005 (276 pages)

Sommaire :

I - La condition de l’homme postmoderne.

(Le refus du modèle unique)

II - Institutions et comportements

(Le modèle traditionnel de la famille -PME)

III - Le sexe et le soi

(Authenticité de la passion)

IV - Récits sur la nature humaine

4 types d’individu : rationnel, intéressé, libidinal, romantique.


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