Un féminisme austère voire sexiste contre la jupe ! C Delarue

lundi 3 février 2014
par  Amitié entre les peuples
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Un féminisme austère voire sexiste contre la jupe !

21 avril 2012

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/170412/un-feminisme-austere-voire-sexiste-contre-la-jupe

Parce que certains hommes ne peuvent se retenir de manifester qu’ils risquent de passer à l’acte violent en voyant des femmes non couvertes de jambes, de manches et de col alors ils font tout ce qui est possible pour les voiler. Et l’injure (pute par exemple) fait parti du dispositif de contrainte qui est plus varié. L’injure n’est d’ailleurs pas que masculine. Combien de femmes stigmatisent d’autres femmes avec des formules à peine meilleures.

L’injure n’est pas non plus le propre des intégristes religieux puisque de jeunes garçons « de souche » stigmatisent aussi le port de la jupe. Par contre, dans ce contexte, la religion offre un cadre de légitimation très puissant pour autoriser ces contraintes encore plus fortes. Face à la puissance de ce conditionnement, les femmes se voilent donc « librement », reste chez elle « librement ». On notera qu’elles sont bien sorties lors du Printemps arabe mais bras et jambes cachées à minima, voilées le plus souvent. Face à cette profonde aliénation issue d’une contrainte patriarcale à fondement religieux les femmes émancipées (et leur compagnons masculins) n’ont évidemment pas à arracher les voiles. Mais elles n’ont pas non plus à se taire face à ses mécanismes de sourde violence. D’ou l’évocation du sexo-séparatisme.

Quand Mona Chollet écrit : « Ce n’est pas seulement la diversité des couleurs de peau qui manque dans notre environnement culturel : ce sont aussi, tout simplement, les représentations de manières diverses d’être une femme. » Certes ! Mais on peut s’étonner qu’elle ne plaide pourtant pas pour la diversité vestimentaire. Elle ne critique pas plus le sexo-séparatisme contraignant voir autoritaire que l’on observe au sud ou dans certains quartiers. Sa critique porte principalement sur une autre aliénation celle qui concerne les femmes occidentales dites « féminines » qui portent jupes, bas, chaussures à talons, pour séduire parfois mais plus simplement par plaisir personnel d’être bien et belle. Les femmes aliénées y sont amalgamées avec les librement féminines car le « librement féminine » ne semble pas sérieusement pensable. La séduction par le corps et la vestimentation est un mal ; pardon une aliénation.

Du coup avec ce féminisme-là, il devient difficile d’aller mettre une jupe pour aller soutenir des jeunes filles en jupe contre les jeunes machos d’une école. Pourtant, c’est bien ce genre de réaction qui s’est produite dans un collège de l’Ain de la part de jeunes filles et de profs contre la direction de l’établissement. Quelque part, mettre une jupe c’est être complice des hommes qui « mattent ». Grave ? C’est insupportable car il faut être soi, être soi-même. Et on ne peut, semble-t-il, être soi-même et plaire à autrui. Cette logique binaire qui rappelle le rigorisme d’un Eric Fromm donne souvent lieu à des intransigeances, qui deviennent très fortes quand une religion vient donner sa bénédiction.

Belle par plaisir ! Pour être bien soi-même. Non dit-elle c’est par conformisme au prêt-à-penser de magazines féminins. A partir d’une telle lecture, qui a sa part de vérité mais qui n’est certainement pas toute la vérité, certaines femmes revendiquant cette approche s’autorisent à faire des remarques parfaitement sexistes du genre : « tu sors en boite cet après-midi » ou pire « tu vas compléter ton salaire ce soir ». Je confirme ici une véritable haine pire que les jeunes machos qui eux peuvent évoluer dans leur approche des femmes.

On dira que c’est la version en excès. Certes, un peu comme le tabassage d’une femme qui enlève son voile sous l’effet de la chaleur constitue aussi la forme très excessive du sexo-séparatisme de certains musulmans intégristes et des juifs haredim. Si l’on supprime les revues féminines et la liberté de choix on devrait ne plus trouver de femmes en jupes, en bas, en chaussures à talons ! Fini la séduction à base charnelle et vestimentaire, avec un brin de sexuel. Fini le printemps. Et cela serait la liberté authentique. Diable ! Cela respire en fait un féminisme autoritaire et çà fait peur. Elles répondent qu’il ne s’agit pas de s’habiller en « sacs informes » mais de faire comme on veut. Là nous sommes d’accord . Mais alors ne défendons pas la burqatitude. Et la burqatitude, ce n’est pas porter la burqa mais contraindre à l’adoption de vêtement larges et très couvrants. Et ce avec des motifs qui peuvent ne pas être religieux.

Christian DELARUE


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