SEXOSEPARATISME : Naturalisation d’une oppression sexiste liée au patriarcat.

samedi 19 novembre 2016
par  Amitié entre les peuples
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SEXOSEPARATISME : Naturalisation d’une oppression sexiste liée au patriarcat.

Je rapporte ici un échange instructif à propos du sexoséparatisme. C Delarue.

Procéder, dans un discours, à une « naturalisation », au sens sociologique, est une façon à-critique de parler qui rapporte à un invariant naturel ce qui relève de l’histoire et du social. Ici le patriarcat, dans ses manifestations historiques diverses avec un fond commun assurant le pouvoir collectif des hommes, est effacé au profit d’une référence à la nature éternelle. Ce procédé a-critique est idéologique et conservateur car il entretient la reproduction d’un ordre inégal en masquant les rapports sociaux d’oppression.

- F Munier : Vous dites :

A ma connaissance, toutes les sociétés humaines se sont structurées sur une différenciation des rôles entre hommes et femmes, très souvent sur une inégalité des droits et sur des différences de représentation (le vêtement). Toutes, de toutes religions, y compris les sociétés souhaitant rompre avec leurs références religieuses.

- C Delarue : Ma réponse :

Cette différentiation n’est pas neutre car elle s’est exercée contre les femmes exclues, rejetèe des lieux du pouvoir masculin. Le sexoséparatisme, expression de cette différentiation, est très lié au patriarcat. Il n’est pas chose naturelle et éternelle.

- FM : Vous dites :

Ces différences de traitement, quoi qu’on en pense, peuvent être graves ou bénignes. Elle ne s’accompagnent pas forcément d’une séparation des sexes, y compris dans la sphère publique.

- CD Réponse :

Le sexoséparatisme est en reflux depuis la moitié du XX ème siècle et ce du fait du féminisme contemporain. En réaction, on a vu une idéologie et des pratiques sexoséparatistes très réactionnaires s’y opposer. Les plus féroces viennent des intégrismes religieux (juifs haredim et musulman).

- FM Vous dites :

Votre notion de sexoséparatisme regroupe aussi bien des cas ressemblant à une forme apartheid que de simples différences d’apparence extérieure, des contraintes vestimentaires plus ou moins dures avec de simples codes sociaux.

- CD Répond :

C’est que dans le réel - qui a servi de base au concept - on trouve combinaison réelle (ou amalgame) de 1) la réclusion des femmes (à la maison) et de l’exclusion des femmes (des lieux masculins) et ce 2) avec la pratique de la sortie de la femme sous hypertextile accompagnèe du frère ou du mari . On trouve parfois une séparation (plus ou moins forte) qui se traduit par une liberté de sortir de la maison mais sous hypertextile. La femme ne va pas pour auant prier avec les hommes. Elle ne doit pas parler aux hommes, aller chez un médecin homme. Elle doit être très couverte (hypertextile). Le sexoséparatisme est maintenu mais plus relaché que sa version hard.

- Vous ajoutez :

Quand vous ajoutez « hard ou soft », vous amalgamez les sociétés où les femmes sont recluses et sans droits avec celles des contraintes vestimentaires leurs sont imposées.

- CD

Puisque je distingue le « soft » et le « hard » je ne les amalgame pas totalement. Celles qui sont sous prison de vêtement - sauf l’ovale du visage et les mains - et dont il est hors de question de se dévoiler partiellement chaque jour qui passe relève bien d’un sexoséparatisme « soft » dans la mesure ou elles peuvent circuler relativement librement !

- FM ajoute :

Un peu comme si, sous prétexte de lutter contre la délinquance, on mettait sur le même plan les meurtres avec violence et les incivilités diverses.

- Réponse :

Parfois les incivilités accompagnent une délinquance forte et parfois non. Il faut distinguer mais lutter contre les deux maux. L’un comme l’autre sont à combattre.

Votre image montre surtout que vous sous-estimez le poids et la force de l’oppression subie par l’hypertextile imposé ! Vous en parlez aisément car vous n’en souffrez pas ! Vous n’avez pas à subir l’autoritarisme des hommes et des femmes intégristes !

Vous concluez :

Votre théorie n’a donc aucune valeur opérationnelle en terme d’analyse ou d’action politique, et il est parfaitement concevable qu’un appel rédigé par des femmes engagées n’en tienne aucun compte.

Christian Delarue :

Ma théorisation - outil conceptuel critique- met au contraire le doigt sur une des plus puissantes oppression patriarcale de la période. Vous y résistez et vous manifestez là votre refus de l’égalité et votre soutien aux positions inégalitaires et « complémentaristes » telles que diffusées par les religions (surtout les secteurs intégristes nettement réactionnaires) .

Cette théorisation n’est devenu plus crédible (contre la naturalisation de l’oppression) que par plus grande visibilité des conquêtes féministes affaiblissant le patriarcat, conquêtes qui ont permis aux femmes de pouvoir rejeter la réclusion à la maison (sortir librement), l’exclusion de certains lieux réservés aux hommes, de s’habiller librement ce qui n’est pas le cas de celles qui se camoufflent chaque jour et toute la vie !

https://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/131116/positionnement-antiraciste-difficile-propos-de-deux-appels/commentaire


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