République et altermondialisme.

lundi 3 juin 2013
par  Amitié entre les peuples
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République et altermondialisme.

La République a une longue histoire et c’est donc par souci de concision et de pédagogie que l’on va donner son sens restreint, celui de « non royauté » et son sens large de « chose commune des citoyens », ce qui ne signifie nullement - il faut le préciser rapidement - rapport à la Nation. Vive la Nation et vive la République ne se recoupe pas, pas nécessairement. La chose commune des citoyens peut relever de plusieurs sphères territoriales et institutionnelles.

Ensuite cette chose commune des citoyens ne se résume pas à la démocratie, elle-même réduite à la démocratie représentative, elle-même soumise à un processus de rabougrissement du fait de la place et du poids de l’oligarchie. Avec la « chose commune des citoyens » il faut d’une part éviter l’ethnicisation des rapports sociaux qui défigure la République (1) et d’autre part évoquer franchement le « social » c’est à dire pour l’essentiel le droit du travail salarié privé et public et surtout l’existence, le volume et la qualité des services publics ainsi que les organismes de sécurité sociales qui assurent le bien-vivre à la population. Il faut dire que les services publics et la sécurité sociales sont devenus sous le néolibéralisme la chose du salariat (Friot) ou par légère extension (à des catégories sociales non salariées mais dominées par la finance) la chose du peuple-classe mais pas ou plus la chose de ceux qui privatisent, marchandisent et financiarisent pour faire du profit. La question est alors, pour le peuple-classe, pour le dire comme B Friot, de convertir les droits sociaux en droits politiques, soit le contraire de ce que fait le néolibéralisme.

A partir de l’orientation générale d’ATTAC en matière de démocratie je propose d’adopter la même conception pour la République (que pour la démocratie), ce qui peut faire débat car démocratie et République n’ont pas le même sens. La République se prête plus à un usage de stabilisation institutionnelle que la démocratie. Néanmoins, du point de vue altermondialiste, il s’agira de voir la République principalement comme mouvement, comme dynamique et non comme état.

Il y a certes des Républiques institutionnalisées, relativement figées dans divers cadres constitutionnels et bureaucratiques, ce qui renvoit conceptuellement à l’idée de République-état. Mais on ne saurait s’en tenir à cette histoire,x nationale ou multinationale ailleurs, que ce soit celle de la France ou d’autres Etats.

Il en va de la République comme de la démocratie, telle est l’idée générale proposée et soumise à la critique. Il importera dés lors de la voir plus comme une dynamique que comme un état. En ce sens on devrait parler de « républicanisation » comme on parle de démocratisation des institutions ou de la société. Le problème tient au fait que la République fait l’objet de plusieurs définitions et que tous ne vont pas y mettre la même chose en évoquant la Républicanisation ;

En la matière, on peut se référer, à mon sens, au moins à deux ouvrages (2) qui prennent nettement le parti de la République comme mouvement : celui de Christian Piquet et celui de Denis Sieffert. Ces deux livres partent de le fondation de la République de 1789 comme mouvement révolutionnaire contre la vieille société. Ces deux auteurs, malgré quelques différences concernant l’islam (D Sieffert en parle, pas C Picquet), défendent la République sociale de 1848, critique la République qui écrase la Commune de 1871, critique le fait que la République ait poursuivie l’offensive impériale et coloniale commencée sous le Second Empire, défendent la République contre le fascisme. Aucun de ces auteurs ne parle de République socialiste comme perspective de « vivre ensemble » sans l’écrasement du peuple-classe par la finance, mais aucun des deux ne tolère que l’oligarchie politico-financière gangrène la République et fasse reculer la démocratie. La « cohésion sociale » est un mensonge en présence de cette sangsue financière en prise sur le corps social des différentes sociétés. La République néolibérale n’est pas républicaine. Il en faut une autre. Cela est certain mais dire qu’il s’agit de la VI ème telle que proposée par le FDG, c’est autre chose.

Christian DELARUE

1) La République défigurée - LDH Ed La Découverte

2) Deux ouvrages

Comment peut-on être (vraiment) républicain ? par Denis SIEFFERT Ed La Découverte Sur le vif sept 2006

La République dans la tourmente. Essai pour une gauche à gauche, ChristianPicquet, Syllepse, 224 p., 16,50 euros.

« Au commencement, l’exigence républicaine » Ch. Piquet - Amitié entre les peuples
http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article118


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