Rapport de racisation et antiracisme universaliste. Christian Delarue

dimanche 20 février 2022
par  Amitié entre les peuples
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Rapport de racisation et antiracisme universaliste.

Peux-t-on parler de « rapport de racisation » sans évoquer la « race » , sans racialisation et en restant dans le cadre de l’antiracisme universaliste ?

Le « rapport de racisation » est une expression en usage chez celles et ceux qui distinguent rapport social (nécessaire et obligé) et relations inter-individuelles choisies. Il est compris de plusieurs façons. Comment s’en saisir comme antiraciste universaliste refusant le racialisme ?

Le rapport de racisation n’est pas pour nous à comprendre comme un rapport de « races » différentes et opposées dans un cadre hiérarchique de survalorisation-dévalorisation. Nous refusons cela ! Ce n’est pas une opinion c’est un délit ! Le rapport de racisation est pour nous un rapport qui est d’emblée producteur de racisme entre le-les racisant(s) persécuteur(s) racistes à combattre et le(s) « racisé(es) » victimes de racisme, entendez aussi un rapport producteur de discriminations (pas que de discours ou d’injures racistes au-dessus de la surface de l’iceberg) et donc un rapport à combattre au titre de l’antiracisme.

L’ANTIRACISME universaliste refuse une oppression et une domination de type raciste avec des « rapports de racisation »
- comme l’ANTISEXISME qui refuse les rapports sociaux inégaux de sexe entre des hommes dominants et des femmes dominées dans le cadre du patriarcat, que ce soit la forme du capitalo-patriarcat ou celle d’un hyper-patriarcat des intégristes religieux sexyphobes et sexoséparatistes (cf aux rapport sociaux intégristes entre les intégristes religieux et les femmes croyantes subissant les normes sexistes issues d’une interprétation religieuse - 1) ;
- ou comme l’ANTICLASSISME qui refuse les rapports sociaux inégaux de classes sociales, entre celles dominantes et celles dominées, le plus souvent dans le cadre d’une société capitaliste (mais pas nécessairement : cf Chine mixant caste bureaucratique et classe sociale proto-capitaliste).

Certains sociologues et les marxistes connaissent les rapports sociaux de production entre les patrons-propriétaires et les travailleurs et travailleuses salariées qui vendent leur force de travail, rapports sociaux de production et de distribution qui sont aussi sous régime capitaliste, rapport d’exploitation de la force de travail (travailler plus, payer moins) et rapports de dominations autres.
Il y a d’autres rapports sociaux ailleurs comme dans la sphère de la circulation entre vendeurs et acheteurs, acheteurs comme clients du privé ou comme usagers du public, ou la question de la solvabilité-insolvabilité est différente dans les deux rapports. Le logement est par exemple objet d’un rapport social différent entre propriétaires et locataires suivant son statut : public réglementé (habitat social à loyers modérés) ou privé soumis aux seuls prix du marché. Il en va ainsi pour la santé et d’autres secteurs ou le service public transforme les rapports sociaux pour les civiliser .

Le classisme du capitalisme (producteur de profit d’abord) est aussi un productivisme ou le classisme d’un productivisme bureaucratico-socialiste (crypto-socialiste) est aussi producteur de nuisances environnementales et écologiques. Il n’y a pas que le rapport inter-humains (inter-classes sociales) mais aussi le rapport à la nature, rapport au vivant, aux animaux non humains à considérer.

Christian Delarue
Syndicaliste contre le classisme, le racisme et le sexisme - CGT Finances (ufr)
http://amitie-entre-les-peuples.org/Syndicaliste-contre-le-classisme-le-racisme-et-le-sexisme

1) DEFENDRE L’ANTIRACISME, REPOUSSER LES INTÉGRISMES RELIGIEUX : AGIR ENTRE DEUX MAUX
https://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/141121/antiracisme-sans-les-integrismes-religieux