Pour des signes religieux discrets Christian Delarue

dimanche 3 janvier 2021
par  Amitié entre les peuples
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Pour des signes religieux discrets

Garder l’expression religieuse, maintenir un cadre égalitaire.

Ce n’est pas la première fois que le problème surgit : cf « Domination de la religion : Croyance agressive ou croyance discrète ». Il se fait plus important au fil du temps .

De riposter à l’emprise croissante des religions, surtout de l’islam rigoriste voire intégriste, dans l’espace public - au-delà des problèmes que çà peut poser selon les modalités d’une interdiction légale de type totalitaire (partout) ou plus limitée et circonscrite (tel lieu jugé à protéger) - ne signifie nullement « injonction à l’athéisme » comme le titre un article de Médiapart !

Prenons plutôt sous un même titre un autre contenu dont cet extrait : « Je (Delphine Horvilleur) me sens profondément attachée à la laïcité parce que pour moi, elle est un cadre qui permet qu’aucune conviction, aucune croyance et aucun dogme ne sature l’espace dans lequel je vis. La laïcité est une garantie d’oxygénation permanente parce qu’il y a toujours un espace autour de moi qui reste vide de ma croyance ou de celle de mon voisin. Pour beaucoup, et on en revient à l’appauvrissement de la pensée et du vocabulaire, la laïcité est devenue synonyme d’athéisme. Mais ça ne l’a jamais été. »
in Delphine Horvilleur : « La laïcité est devenue synonyme d’athéisme. Mais ça ne l’a jamais été »
https://madame.lefigaro.fr/societe/delphine-horvilleur-la-laicite-est-devenue-synonyme-datheisme-mais-ca-ne-la-jamais-ete-221020-183140?

DEUX CONCEPTIONS LA RELIGION sont en présence : une qui ne s’impose pas et qui permet le dialogue, une autre qui s’impose et empêche le dialogue, sauf à d’abord subir le signe ostensible. Il ne s’agit pas d’une guerre des athées contre les croyants ici . Il s’agit d’attitudes, de comportements différents des croyants, certains plus discrets et respectueux et d’autres plus ostensibles et offensifs. La paix va avec les premiers, pas avec les seconds.

I - RELIGION EN RETENUE : PAS DE PROBLEME AVEC LES CROYANTS RESPECTUEUX D’AUTRUI

1 - Rectification.

Nul ne veut imposer à quiconque un athéisme, ou une toute autre religion fut-elle une « religion civile ». Faudrait pas renverser les choses. Les athées et autres agnostiques n’entendent rien imposer, ils ne veulent pas subir. C’est différent . Et sans pour autant empêcher une expression plus discrète .

De plus, et c’est important à souligner, de nombreux croyants comprennent et ne sont pas dans le registre d’occupation constante de l’espace public par des signes religieux ostensibles . On peut en effet être tout à fait croyant - j’en connais de diverses religions (pas que des catholiques) - et modéré sur ce plan ou respectueux d’autrui dans son expression publique et donc ne pas vouloir imposer sa religion dans l’espace public comme un exhibitionniste religieux et ne pas vouloir non plus que d’autres croyants (d’ autres religions) imposent leur religions dans l’espace public !

2 - Proposition éthique

Il est bon d’user des signes religieux discrets car les signes religieux ostensibles sont une marque d’emprise plus ou moins forte et contestable, une marque d’imposition et de domination plus ou moins pénible, dans un espace conçu non comme athée mais comme neutre qui laisse respirer en paix sans avoir à subir l’emprise de la religion ! Cette emprise signe une rupture d’égalité.

On plaiderait donc, à titre de simple expression éthique, pour un port de signes religieux discrets, sans doute plus respectueux d’autrui et moins en emprise, moins exhibitionniste de type « as-tu vu ma religion conquérante de l’espace public ».

Croire en Dieu n’implique pas de poser sa matérialité partout comme un chien pose sa crotte ! Mais pour certain-es il faut rappeler le respect d’autrui !

II- RELIGION OFFENSIVE : CONFLICTUALITE CERTAINE FACE AUX SIGNES RELIGIEUX OSTENSIBLES

3 - Particularité du voile islamique

Le voile a une double signification objective, l’étendard d’une religion (comme la kippa ou autres ici) et la respectabilité sexuée ou la pudeur excessive et unilatérale. Les deux se recoupent pour former un ensemble qui choque de nombreuses personnes. Ici c’est la personne ramenée à outil publicitaire de religion qui est pris en compte.

4 - Les signes ostensibles de religion entre indécence et pollution de l’espace.

Indécence avec le slogan cru mais vrai « La religion c’est comme une bite, c’est bien d’en avoir une mais il ne faut pas la montrer à tout le monde ». C’est ici le comportement lié à une expression très exhibitionniste de sa religion plus que la religion en soi qui est visé .

Pollution : C’est un peu comme des publicités commerciales (ostensibles par définition) dans l’espace public, il est reconnu qu’il peut y en avoir de trop et que c’est pénible à voir ! Quand on voit trop certaines choses on en voit mal d’autres pourtant dignes d’être vues !

Autre exemple : Jérusalem (Géo de décembre 2012) est une ville multiconfessionnelle qui a dérivé vers une surenchère d’affichage religieux multiple. C’est suffocant, oppressant. On peut, selon moi, y passer, pas y vivre ! On vous met du Dieu à tout bout de champ partout, tout le temps ! J’espère qu’il y a eu évolution !

5 - Rapport social inégal de surplomb aussi.

Un signe ostensible de religion est un mode d’imposition de sa religion, un rapport surplombant. Au lieu d’être sa chose personnelle elle devien un arme contre autrui mécréant. Il s’agit d’imposer son dieu.

6 - L’emprise, un concept critique de l’intégrisme

L’emprise est un concept critique de l’intégrisme avec d’autres comme l’intransigeantisme (autre élément plus spécifique que jusqu’au-boutisme) et d’autres encore sexyphobie (couvrir les femmes) sexoséparatisme (hommes et femmes séparés), etc . Ce terme nomme conceptuellement l’obsession religieuse et culturelle intégriste de (ré)investissement lourd et total de la société, y compris les consciences par du religieux de tout ordre : symbole, signe, rituel, discours.

Il s’agit pour les intégristes de vouloir revenir à l’ époque d’avant la sécularisation ou la domination religieuse était lourde, constante et totale sur la société : Autoritaire pour le moins, violente souvent ! Les modalités peuvent être certes variables selon la religion considérée et le contexte culturel sous-jacent. La portée aussi peut varier.

Il peut y avoir des conflits d’emprise entre religions différentes. En décembre 2012, une revue avait signalé la surcharge multi-religieuse à Jérusalem ! Avec chacun son pré carré. Etouffant pour qui s’est habitué à une culture sécularisée depuis des décennies.

Contre l’emprise, il importe de poser des bornes de type « laïcité à la française » (pas que loi de décembre 1905, mars 2004 aussi, et autres) qui protègent, car qui dit emprise dit abus de libertés et nuisances pour d’autres . Il ne s’agit pas d’interdire tout partout (projet liberticide) mais il faut poser des interdits ciblés

7 - Injustice par défaut de réciprocité

Pourquoi la société qui accepte l’exhibition de signes religieux ostensibles, qui pourtant ne concerne que l’individu et devrait donc rester privé au refuse le string seulement en piscine ? Il y a là défaut de réciprocité. La vue des signes religieux ostensibles choquent plus les personnes ayant eu à souffrir des dogmes religieux archaiques que la vue de corps dénudés, féminins ou masculins, pour peu que l’organe sexuel primaire soit caché.

8 - Droit de réponse par le blasphème

Le blasphème et la caricature sont des modes de réponses qui rétablissent très provisoirement l’égalité, qui permettent de sortir du rapport inégal de surplomb imposé par le signe religieux ostensible.

Christian Delarue

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