POUR DES PONTS, CONTRE LES MURS, ACCUEILLIR LES MIGRANTS - BE du MRAP

dimanche 6 septembre 2015
par  Amitié entre les peuples
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DECLARATION DU BUREAU EXECUTIF DU MRAP

POUR DES PONTS, CONTRE LES MURS
ACCUEILLIR LES MIGRANTS

Il y a urgence absolue

L’afflux depuis des mois de migrants aux portes de l’Europe a fait exploser les cadres jusqu’ici utiliser pour « les contenir » . Les images du petit Aylan noyé ont bouleversé l’opinion et forcé les politiques à réagir ...enfin !

Plus de 30 000 migrants sont morts ou disparus aux portes de l’Europe depuis 2000, auxquels il faut ajouter les morts sur les route périlleuses du Sahara, du Moyen Orient et d’ailleurs. Des milliers errent sur les routes européennes.

Car la réalité, c’est que depuis plus d’une décennie l’Europe se construit comme une forteresse en dressant règlements, murs et clôtures à ses frontières, en restreignant les délivrances de visas, en imposant aux pays du Sud de la Méditerranée la signature d’accords pour « contrôler » les migrations vers l’Europe.

L’agence européenne Frontex créée pour « contrôler » les frontières n’a pas pour but de sauver des vies humaines mais bien d’intercepter, de contrôler, de refouler les migrants. Les règlements Dublin » renvoient aux pays de première arrivée (en fait le plus souvent Malte, la Grèce, l’Italie, la Pologne) la responsabilité de l’accueil et de l’asile.

Mais aucune mesure ne peut s’opposer à la volonté des hommes et des femmes de rechercher un avenir meilleur fuyant les guerres, la misère, la répression.

Absurde et inhumain

Les dirigeants européens prétendent répondre aux arrivées massives de migrants par une politique de quotas. Que dira-t-on aux migrants « hors quotas » ? Les conduira-t-on dans des camps en utilisant des wagons comme le fait la Hongrie ? C’est absurde et inhumain.

Et que l’on cesse de distinguer les « bons » réfugiés demandeurs d’asile venant du Proche-Orient fuyant la guerre et les « mauvais » venant d’Afrique et d’ailleurs, qualifiés péjorativement de « réfugiés économiques » et « ayant vocation » à être reconduits à la frontière. Y aurait il moins de dignité à prendre tous les risques pour un avenir meilleur que l’on soit « réfugié politique » ou « réfugié économique ». Cette distinction est absurde et inhumaine même si certaines situations doivent être résolues de façon très urgente.

C’est possible

L’Europe a le devoir d’accueillir tous ceux qui arrivent à ses frontières. La même obligation s’impose dans le monde entier aux pays qui en ont le plus les moyens.
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Faut il rappeler la responsabilité des Etats Unis et des états européens dans la pauvreté des pays du Sud, dans leurs complicités avec des dictatures, dans la déstabilisation de régions entières qui deviennent de grandes « pourvoyeuses » de migrants ? Il suffit de regarder le Moyen Orient et la Corne de l’Afrique d’où viennent aujourd’hui la plupart des migrants.

Elle le peut. Un million de migrants accueillis, c’est 0,2 % de la population européenne. C’est 120 000 pour la France.

Elle le doit conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen et des engagements internationaux comme la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés.

Elle le doit parce que ne pas le faire serait se ranger du côté de l’indifférence , et pire, serait renforcer ceux qui encouragent le repli, la méfiance, ceux dont le fond de commerce politique est la haine de l’autre.

Paris le 5 septembre 2015

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples
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