Le judéo-chrétien à toutes les sauces

lundi 6 août 2012
par  Amitié entre les peuples
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Le judéo-chrétien à toutes les sauces

Certaines sont bonnes, d’autres moins voire pas du tout !

- On peut évoquer, à raison souvent, les valeurs antérieures à la modernité (sans pour autant tout jeter du présent- 1) en remontant loin dans le passé chez les Grecs, les juifs, les catholiques. Benedeto Croce disait même, en forçant un peu le trait : « Nous ne pouvons pas ne pas nous dire chrétiens ». Simone Weil n’oubliait pas l’apport grec ancien. Les juristes expliquaient jadis qu’en France le droit de la personne et celui de la famille plongeait ses racines dans le christianisme. Il a fallu attendre les années postérieures à Mai 68 pour que cela change résolument. Ici on citera Marcel Gauchet qui donne le ton final en affirmant : « Le christianisme est une religion de sortie du religieux ».

- Mais on peut aussi évoquer le négatif sur la toile avec la « démocratie judéo-chrétienne », ou « judéo-franc-maçonnique », ou avec la « finance judéo-chrétienne » (pour l’opposer à la finance islamique ?) Cette façon de rattacher aisément, hors de toute analyse de fond, une caractéristique de la modernité à un vieux mixte religieux respire au mieux une pensée réactionnaire à base complotiste, au pire l’antisémitisme. Le racisme voit aisément selon les époques, le Juif à statut unifié imaginairement derrière le banquier mais aussi derrière le bolchevique ou le communiste.

Christian DELARUE

1) M Lowy écrit (sur Médiapart) à propos d’une sensibilité et d’une croyance nostalgique : « Le romantisme doit être conçu comme une vision du monde – au sens du concept de Weltanschauung - dont la caractéristique quintessentielle est la protestation culturelle contre la civilisation capitaliste occidentale moderne au nom de certaines valeurs du passé. Le romantisme proteste contre la mécanisation, la rationalisation abstraite, la réification, la dissolution des liens communautaires et la quantification des rapports sociaux. Cette critique se fait au nom de valeurs sociales, morales ou culturelles prémodernes, ou précapitalistes. Si le romantisme s’affirme comme une forme de sensibilité profondément empreinte de nostalgie, ce n’est pas pour autant qu’il refuse de penser ce qui fait le propre de la modernité » Je vois parfois pour partie JC Guillebeau sous ces traits (sans que cela le définisse).