Le Pen et Dieudonné : la grande famille des antisémites.

jeudi 17 juillet 2008
par  Amitié entre les peuples
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L’association MEMORIAL 98, qui combat contre le racisme, l’antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l’affaire Dreyfus.

Le Pen et Dieudonné : la grande famille des antisémites.
L’événement est très peu familial et hautement symbolique : Dieudonné fait baptiser sa fille par des curés catholiques intégristes, connus pour leur antisémitisme ; le parrain est Le Pen lui-même.

Démarche à priori ahurissante de la part de celui qui cherche à se bâtir une image une image de militant laïque combattant contre tous les intégrismes.
C’est le dirigeant du FN lui-même qui en livre l’explication :
« J’ai de l’estime pour Dieudonné, déclare-il, nous nous sommes rapprochés car nous avons des points communs. Nous appartenons tous les deux à la communauté des parias...Nous sommes persécutés de la même manière, à cause de notre liberté de pensée et de notre liberté de parole »,

Quels sont ces fameux points communs ? Le négationnisme et l’antisémitisme.
La cérémonie bordelaise est ainsi liée à la récente déclaration de Le Pen dans le magazine « Bretons » du mois de mai : « J’ai dit que les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale : ça me paraît tellement évident » (voir notre article précédent Le Pen et le « détail » : décryptage ) Face à ce scandale renouvelé, la direction du FN est alors embarrassée ; Marine Le Pen prend même publiquement ses distances.

Un des rares dirigeants du FN à se porter à l’aide de Le Pen est Alain Soral. Il surenchérit même en écrivant :
« ... Monsieur Le Pen a profondément tort, la chambre à gaz est tout sauf un point de détail, c’est même aujourd’hui, plus qu’hier encore, la religion, le dogme autour duquel tourne toute l’époque contemporaine. Dans l’ordre du sacrifice fondateur, la chambre à gaz a remplacé la croix du christ...
... Aujourd’hui, dans ce climat de judéomanie délirante - une judéomanie délirante et suspecte qui tient plus de l’esprit de la Collaboration que du combat pour le bien et l’amour des hommes - plus les souffrances de la guerre s’éloignent, plus c’est la seconde guerre mondiale toute entière qui devient un détail de la chambre à gaz !... »
Soral est aussi le le mentor de Dieudonné, celui qui l’a rapproché du FN et introduit auprès de Le Pen.

C’est cette « communion » qu’ont voulu marquer Le Pen et Dieudonné ; ils en ont soigné la symbolique en choisissant l’église des intégristes antisémites à Bordeaux. L’abbé Laguérie, ancien chef de Saint Nicolas du Chardonnet à Paris, qui s’est notamment illustré par la défense du milicien Touvier, possède le profil idéal pour célébrer ces effusions (voir notre précédent article Benoît XVI appuye les intégristes antisémites en France )

De plus, Le Pen et Dieudonné ont un « principe éducatif » commun : ils interdisent à leurs enfants de s’informer librement et de lire sur le génocide juif dont ils contestent la véracité. Dieudonné se glorifie ainsi d’avoir arraché les pages ayant trait à la Shoah du livre d’histoire de son fils. Le Pen avait quand à lui interdit à ses enfants de regarder la série télévisée « Holocauste » qui en traitait.

Dieudonné fût aussi un personnage central de la campagne Euro Palestine des européennes de 2004 et du meeting du 6 juin de la même année au cours duquel Soral ,encore, et Siné s’employèrent à faire siffler et huer des patronymes juifs (voir notre article précédent Antisémitisme : Siné persiste et récidive ). Ce rituel était directement issu des meetings du FN au cours desquels Le Pen faisait conspuer le nom de journalistes au patronyme juif.

Qu’augure cette officialisation du rapprochement de deux piliers de l’antisémitisme en France ?

A suivre avec attention.