Le MRAP, l’antifascisme et l’anticapitalisme.

dimanche 24 mars 2013
par  Amitié entre les peuples
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Le MRAP, l’antifascisme et l’anticapitalisme.

Le MRAP est une organisation antiraciste et antifasciste. Elle n’est pas à proprement parler anti-capitaliste. On ne peut donc attendre d’un de ses représentants un discours faisant explicitement la critique du capitalisme, y compris en lien avec l’antifascisme. Cela pourrait à la rigueur se faire au cours d’une contribution plus argumentée mais pas dans une allocution.

Cependant, si on y prête attention, ce que promeut le MRAP contre toutes les formes de racisme et toutes les formes de fascisme ou de populisme xénophobe c’est bien une société de libertés, d’égalité, de fraternité, forte de droits civils, politiques (citoyenneté) et sociaux. C’est d’ailleurs ce qui a été dit clairement à Chartres de Bretagne le 23 mars.

Le MRAP défend à l’occasion ce que l’on nomme les DESC (c’est à dire les droits économiques, sociaux et culturels) au plan mondial. On y ajoute désormais les droits environnementaux.

Si on y prête attention également, le MRAP défend beaucoup plus le peuple-classe (avec ses résidents extracommunautaires) que le peuple nation avec sa classe dominante. Ce dernier concept est aisément et très souvent instrumentalisé par l’extrême-droite et la droite-extrême dans un sens qui heurte la justice sociale et la solidarité avec ceux d’en-bas. On peut donc y lire une expression de soutien et de de solidarité contre le classisme, qui est la lutte de classe des capitalistes contre les travailleurs (pour les marxistes) mais aussi pour les altermondialistes la lutte de la finance et de son oligarchie prédatrice contre les peuples-classe (triple prédation contre la démocratie, contre le social, contre la nature). Que l’on lise Jean-Marie Harribey, Gustave Massiah ou d’autres acteurs et théoriciens de l’altermondialisme, dont le MRAP est aussi un acteur, on voit que l’altermondialisme est fort d’une double dimension anticapitaliste d’une part et d’alternative anti-systèmique d’autre part (1).

A l’occasion le MRAP peut se positionner contre le sexisme. Là encore, ce n’est pas son objet premier. Mais comme l’extrême-droite a souvent pour objet obsessionnel, ainsi d’ailleurs que les mouvements intégristes religieux, une perte de droits et de libertés pour les femmes et les homosexuels, il peut se trouver à s’exprimer et agir contre ce sexisme virulent.

Christian Delarue

Actuel Marx n° 44 altermondialisme, anticapitalisme

http://actuelmarx.u-paris10.fr/num44.htm