L’amour « communiste » d’Agnès HELLER. C Delarue

mercredi 20 juillet 2011
par  Amitié entre les peuples
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L’amour « communiste » d’Agnès Heller.

Note de Christian DELARUE

Agnès Heller - 81 ans - est aujourd’hui persécutée par le régime de V Orban en Hongrie.

021697fo.pdf (Objet application/pdf)

Agnès Heller est une marxiste hongroise à orientation axiologique. Autrement dit, elle intègre la question des valeurs à l’analyse matérialiste en rapport à la perspective communiste et au développement de « l’être générique ».

En voici une preuve dans un texte ancien datant de 1969 : « L’avenir des relations entre les sexes » (p574 - Rev int Sc soc 1969)

http://unesdoc.unesco.org/images/0002/000216/021697fo.pdf

L’objet de ce numéro de cette revue scientifique est la futurologie.

L ’auteure critique le mariage monogamique patriarcal en lien avec la société bourgeoise-capitaliste obsédée par l’appropriation privée. Elle défend pour l’avenir l’amour profond.

1) Considérations générales sur le cadre de l’amour profond.

Quelques extraits pour donner le ton de l’analyse menée. Pour inciter à lire les développements qui ne manquent pas d’intérêts.

La limite entre l’humain et l’inhumain n’est pas celle que trace la morale traditionnelle (surtout chrétienne) : elle ne passe pas entre le « simplement physique » et le « spirituel ».

Des individus pleinement développés n’ont pas besoin des règles de la « morale sexuelle » pour donner à leurs pulsions une orientation humaine. Chacun connaît mieux que quiconque le rapport ou les rapports qui lui conviennent le mieux.

Plus la culture affective, morale et intellectuelle est riche et plus la chaleur des émotions est universelle, plus les rapports affectifs et intellectuels dans les contacts entre les sexes s’enrichiront et s’approfondiront.

Malgré les conflits pénibles qu’elle engendre, nous considérons la dissolution du mariage monogame marqué par l’aliénation comme un processus annonçant à longue échéance un avenir meilleur

2) Voici comment elle distingue l’amour profond de l’amour superficiel.

« Le caractère profond ou superficiel de l’amour n’est évidemment qu’une manifestation du caractère plus ou moins profond de l’être humain. La prédominance relative de l’amour passion coïncide historiquement avec le développement de la subjectivité humaine dans son sens positif, avec la naissance de l’individualisme bourgeois moderne (la poésie amoureuse moderne est la plus belle expression de ce changement). Plus un individu a de valeur (sur les plans affectif, éthique et culturel), plus l’amour dont il est capable est riche. Plus l’individu est démuni, aliéné, moins son amour a de valeur, plus il est superficiel et impersonnel. »

Elle ne dévalorise pas totalement l’amour superficiel. Mieux elle le comprend en rapport au cadre général.

« Même l’amour le plus pauvre garde quelque chose de la joie de trouver une autre personne, joie qui atténue ou fait disparaître, au moins provisoirement, le sentiment de solitude et d’isolement, en jetant un pont entre deux âmes. Ainsi, même les rapports les plus mercantiles entre les sexes expriment une part de l’essence humaine et contribuent, dans une certaine mesure, à la préserver. »

On remarquera qu’elle ne définit pas l’amour profond comme aurait pu le faire Erich Fromm par exemple par des marques d’attention de qualité très souvent renouvelées mais d’une part par le contexte global et par la valeur de l’individu dans les autres domaines.

3) Les ruptures sentimentales et relationnelles dans le cadre d’une baisse généralisée de l’appropriation privée

« Dans les rapports entre individus réellement libres, l’ « autre » est toujours un but en lui-même. Une relation amoureuse ne pourra prendre fin qu’au moment où l’un des deux partenaires cessera d’en éprouver le besoin, de même qu’elle ne pourra naître que du besoin réciproque de l’ « autre ». »

A propos de la souffrance en cas de séparation elle prévoit en fonction de la baisse de l’appropriation privée dans tous les domaines non pas une absence de souffrance mais une absence de souffrance sur les questions de jalousie.

***

Le D r Agnès Heller, ancienne assistante
du professeur Gyórgy Lukács, était à l’époque membre
du Groupe de recherche sociologique de l’Académie
des sciences de Hongrie. Elle a publié de nombreux articles
dans des périodiques en Hongrie et dans d’autres pays
et une collection de ses œuvres a paru sous le titre
La valeur de l’histoire. Parmi ses autres oeuvres,
on peut mentionner L a théorie de l’égoïsme rationnel,
La sociologie de la moralité ou la moralité de la sociologie
et Rôle social et le parti pris


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