RESP RESP : Axiologie de la séparation amoureuse. C Delarue

mardi 23 octobre 2012
par  Amitié entre les peuples
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RESP RESP : AXIOLOGIE DE LA SEPARATION

(nb / L’acronyme "resp resp signifie responsabilité et respect. )

Vivre l’amour vif et penser le désamour. Un 23 octobre.

Sur blog politis et mediapart

Les séparations conjugales ou amoureuses sont passibles de jugement de valeur. En fonction de divers critères elles peuvent être jugées bonnes (bien faites), neutres (jugement contrasté ou difficile à porter) ou mauvaise (mal menées). Dans une séparation il y a au moins deux personnes mais aussi un type particulier de relation vécue antérieurement à la rupture.

Toutes les séparations ne se font pas parce que l’autre est violent ni même simplement égoïste ou égocentrique. Autrement dit nombre de séparations surviennent suite à une sorte de bilan des aspects positifs et négatifs de la relation. Dans ces cas il n’est pas rare que l’autre soit encore un ou une compagne estimable qui était encore chéri de tout cœur quelques mois auparavant.

I - Typologie éthique des séparations amoureuses

La rupture conjugale ou amoureuse peut s’appréhender de plusieurs façons. Pour poser le problème j’use de la distinction d’André COMTE-SPONVILLE. Elle me semble adaptable et pédagogique.

La question politique, c’est d’abord celle du juste et de l’injuste.

La question morale, c’est celle de l’humain et de l’inhumain.

La question spirituelle, c’est la question du sens, comme on dit aujourd’hui, ou du non-sens.

Voici une application possible

- POLITIQUEMENT, il est juste de pouvoir quitter l’autre quand l’amour n’est plus. C’est un droit qui doit être reconnu aux femmes comme aux hommes. Il n’y a aucune raison qui explique que les hommes s’attribuent encore le droit de quitter leur(s) compagne(s) et en même temps qu’ils l’interdisent à l’autre, les femmes. Cette égalité de droit doit s’appliquer universellement, sans considération de frontières.

- MORALEMENT, la rupture conjugale ou amoureuse est un acte grave, souvent source de très grandes souffrances. Pour rester humain dans cette période difficile, il importe donc de prendre des mesures de responsabilisation et de facilitation de la rupture. Il s’agit d’éviter la violence morale et la fuite. La violence physique devrait être exclue des rapports de genre civilisés. Les humains peuvent être moins habiles pour adoucir ce qui est dur. Le renvoi à la professionnalisation opère en plus une déresponsabilisation de l’individu ordinaire puisqu’un tiers expert est chargé de combler les manques de compétence de l’individu ordinaire.

- SPIRITUELLEMENT, la rupture peut faire surgir le non sens là ou le sens animait la relation. Plus la relation était vivante et porteuse de sens et plus le surgissement de la rupture pourra susciter du désarroi. Le désarroi lié à la perte de sens peut fragiliser un être humain de façon extrême C’est la que la parole peut avoir du sens. Elle attribue de la reconnaissance à un passé. La reconnaissance de ce passé permet de « soigner » le passé et d’ouvrir vers un avenir tout en maintenant un passé intégré. Sans cette reconnaissance, il faudra user des moyens d’auto-reconnaissance (cf Ricoeur) qui sont complémentaires plus que substituables. Cette reconnaissance s’apparente à de l’amitié et donc à une transformation de l’amour en amitié par une valorisation de ce qui est commun entre amour et amitié et une mise à l’écart de ce qui en est différent : le désir, le plaisir charnel, la passion.

II - Modalités de la séparation amoureuse

* RESPONSABILITE DE CELUI QUI PART

Ce que je crois fermement, et pas seulement parce ce que je l’ai lu chez des spécialistes qui ont une longue expérience professionnelle des ruptures, c’est qu’il est bon et vivement souhaitable que celui ou celle qui rompt une relation puisse dire à l’autre que cette relation a été bonne et riche pour lui ou elle. Les inconvénients - qui sont réels - font que la séparation est inévitable mais les années passées ensembles sont néanmoins faites de bons moments qui ne doivent pas faire l’objet d’un refoulement.

Il faut donc dire le positif clairement et sans trop attendre car ce n’est pas à l’autre de le supposer ou de le deviner. C’est là un acte de responsabilité également salutaire pour celui qui part .

* INTEGRATION DOUCE POUR CELUI QUI SUBI

La méthode « douce », intégrative, qui reconnaît l’autre au lieu de le stigmatiser, le rejeter, d’être répressif, méprisant est un acte bénéfique pour celui qui est « abandonné ».

1 Au plan psychologique, cette parole permet à l’autre de se reconstruire plus aisément .

2 S’agissant des sentiments, cela permet aussi de passer plus aisément de l’amour à l’amitié.

3 A défaut, au plan relationnel, cela permet à minima un respect de base : se saluer, se reconnaître comme être humain respectable. Quand cela n’est plus assuré, il y a évidemment danger. L’irrespect est un comportement que l’on prête aux barbares pas aux personnes dont on a mesuré jour après jour pendant plusieurs années l’intelligence et la civilisation des mœurs. Il y a là une incompréhension qui rend quasiment « fou » au sens ou l’individu perd ses repères fondamentaux pour juger l’autre ou la situation alors qu’il est intellectuellement sain d’esprit.

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Cette parole est bien un acte de responsabilité mais aussi acte civilisé et digne car soucieux de pacification pour l’avenir. Autre chose que la fuite ou la facilité.

Christian DELARUE

23 oct 2008


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