Droit de vote : Valls défie François Hollande H Huertas

jeudi 20 septembre 2012
par  Amitié entre les peuples
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Droit de vote : Valls défie François Hollande

18 septembre 2012 Par Hubert Huertas

L’affaire du droit de vote des étrangers aux élections municipales tourne au piège pour François Hollande, et pas seulement parce que soixante quinze députés socialistes lui demandent d’accélérer, ou que Manuel Valls met le pied sur le frein. Ce qui est en question ici, une fois encore, et au moment où les sondages du Président s’affaissent, c’est son autorité.

En soi le vote des étrangers n’est pas une question brûlante. C’est même un serpent de mer, vieux comme le septennat 81-88 de François Mitterrand. Le premier président socialiste agitait périodiquement cette perspective, pour la ranger dans sa poche, en arguant que la société française n’était pas prête à cette réforme.

En 1997 le PS remporte les législatives et ressort la proposition, mais Lionel Jospin la reporte à plus tard, cette fois pour cause de cohabitation.

En 2001, puis 2005, Nicolas Sarkozy, désireux de corriger son image trop droitière, crée la surprise en se déclarant favorable au principe de ce vote, ce qu’il niera contre toute évidence en 2012, pour le dénoncer comme une mesure attentatoire à l’identité française.

François Hollande reprend alors solennellement la loi votée l’année d’avant par le Sénat passé à gauche, mais refusée par l’assemblée nationale, et la fait figurer dans ses soixante propositions.

Cette fois le vote des immigrés aux élections locales devient un engagement de campagne, un engagement présidentiel.

Cette série d’hésitations, d’avancées puis de reculs, pourrait relativiser les incertitudes de l’exécutif, au nom des urgences économiques et sociales engendrées par la crise.

Mais il y a Manuel Valls. Le Ministre de l’Intérieur a tranché comme un Chef : « Le droit de vote des étrangers n’est pas une revendication forte de la société française", a-t-il décrété, en posant une question : « est-ce un élément puissant d’intégration ? », et en apportant sa réponse, pour ne pas dire sa sentence : « Non, ça n’a pas la même portée qu’il y a trente ans ».

Autrement dit le Président de la République élu en mai dernier était à côté de la plaque, et sa promesse n’était pas opportune.

En général ce genre de dernier mot est réservé aux généraux, et pas aux colonels. En Hollandie c’est le colonel qui corrige la copie de son patron…

Au-delà du sujet traité c’est un fait politique tellement inattendu, tellement troublant, et tellement inédit, que le Président doit trancher un dilemme.

Ou bien il donne de la voix, en recadrant enfin, et publiquement, un ministre qui parle plus fort que lui ; il le fâche, et c’est gênant pour son gouvernement.

Ou bien il obtempère, il se tait, et c’est embêtant pour lui…

France Culture 7h36, France Musique 8h07, Twitter @huberthuertas