MRAP : 8 février 1962 - 8 février 2011 : NON à l’oubli des crimes coloniaux.

vendredi 18 février 2011
par  Amitié entre les peuples
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8 février 1962 - 8 février 2011 : NON à l’oubli des crimes coloniaux.

Ce 8 février matin, le MRAP a participé à Paris, à la cérémonie annuelle de commémoration des neuf victimes (militants de la CGT, dont huit communistes) du massacre perpétré au Métro Charonne le 8 février 1962. Il y a été réclamé la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’Etat, dont le préfet de police Maurice Papon fut le principal responsable.

En fin d’après midi, le Conseil de Paris décidait d’ériger une stèle dans le prestigieux cimetière du Père Lachaise avec cette inscription :

"1961-1962

En hommage à toutes les victimes de l’OAS en Algérie et en France, civils, militaires, magistrats, fonctionnaires, élus, défenseurs des institutions et des valeurs de la République".

Le MRAP salue cet acte important contre l’oubli et pour la perpétuation d’une lourde mémoire :

- le 31 mars 1961, Camille Blanc, Maire d’Evian était assassiné par les
commandos de l’OAS parce que sa Mairie abritait les négociations en vue d’un accord de paix en Algérie.

- le 17 octobre prochain, marquera également le 50e anniversaire des massacres d’Algériens manifestant pacifiquement dans les rues de Paris contre le couvre-feu. C’est un autre crime d’Etat, commis sous la
responsabilité de Maurice Papon, que la République française n’a pas encore reconnu ni condamné.

- le 19 Mars 2012 marquera le 50e anniversaire des Accords d’Evian et de la fin de Guerre d’Algérie.

Le temps est venu pour la France de reconnaître et condamner tous les crimes de guerre (viols, tortures, corvées de bois, les crevettes Bigeard, villages rasés au napalm, camps de « regroupement »,...) ainsi que tous les crimes contre l’humanité commis au nom de la République française.

Ces crimes, qui s’additionnent à ceux commis ailleurs en Afrique, dans les Antilles et en Asie, de même que la politique étrangère souvent opportuniste et mercantile de la Ve République, symbolisée par ce qu’on définit communément la « Françafrique », ont depuis fort longtemps et malheureusement disqualifié la France pour se revendiquer le Pays des Droits de l’Homme.

Le MRAP poursuivra inlassablement son combat pour la perpétuation de la mémoire et s’associera à toutes les initiatives dans ce sens au cours de l’année à venir.

Paris, le 9 février 2011