Les cadres de la contestation de l’ordre dominant. C Delarue

lundi 28 mai 2012
par  Amitié entre les peuples
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LES CADRES DE LA CONTESTATION DE L’ORDRE DOMINANT.

http://www.blogs.attac.org/groupe-societe-cultures/articles-societe-politique/

22 février 2012 sur blog alter Médiapart

Un ordre injuste (socialement) et nuisible (environnementalement).

La mondialisation est un processus historique ancien et contradictoire . Ce second aspect à deux faces, l’un négatif, l’autre positif. Il y a un ordre injuste socialement et nuisible environnementalement qui est dominant. Cet ordre est structurellement capitaliste, impérialiste, sexiste et raciste. Le vecteur négatif est plus puissant que le vecteur positif qui porte de l’égalité, de la fraternité, de la laïcité, de la répartition des richesses, des biens communs, etc... On pourrait dire que les forces de barbaries sont plus fortes que les forces de civilisation.

Cet ordre mondial régressif s’appuie sur des élites hétérogènes et des institutions en conflit. L’oligarchie mondiale (1) est scindée sur un mode complexe spécifique conflit-alliance.

Au plan des logiques et des politiques on trouve la mondialisation marchande et du capital qui a pour nom : privatisations, marchandisation, financiarisation, concurrentialisme. C’est là le carré du néolibéralisme. Il y a aussi la montée des intégrismes religieux qui construisent eux en réaction un monde de régression dont le sexisme et le sexo-séparatisme sont des éléments le plus puissant. Le sexisme se combine aussi à la marchandisation du monde.

A côté des forces du marché que sont les firmes transnationales il y a l’organisation les hauts fonctionnaires d’Etat sont pour partie des hauts fonctionnaires des grandes institutions internationales, qui comme l’OMC, le FMI, la Banque mondiale. Ce sont eux qui facilitent les processus de libéralisation au plan continental et régional.

I - LES CADRES CONCEPTUELS DE LA CONTESTATION MONDIALE : SES DIVERS NOMS !

Le spectre des acteurs étant large, de culture variable comme les types de contestation, on ne s’étonnera pas d’un usage variable. Pierre Khalfa (2) a pu noter jadis que le mouvement altermondialiste avait abandonné des références « classistes ». C’est largement vrai mais ce n’est pas total. D’’abord parce qu’il reste ici ou là dans le monde les références anciennes de type marxiste-léniniste. C’est très limité. Mais aussi parce que l’on trouve un regain d’un usage « alter » du marxisme qui porte un « classisme » refondé. Il en va ici de la « classe fondamentale » de Jacques Bidet comme du peuple-classe de Christian Delarue. On trouve une polarité large des dominés ayant vocation à contester l’ordre injuste et nuisible du monde.

A) Les polarités montrées des altermondialistes conséquents.

Le terme altermondialiste - qui pense qu’un autre monde est possible et s’emploie à le construire - s’oppose à anti-mondialisation mais pas de façon simpliste. Les altermondialistes s’opposent à la mondialisation du capital (cf François CHESNAIS) - c’est le volet anti - . Le champ économique n’est pas le seul à être investi. Les altermondialistes s’opposent aussi à la montée des différentes formes de racisme ainsi qu’au sexisme et à une internationalisation de l’intégrisme religieux sexiste, sexo-séparatiste afin de protéger les droits humains et les droits des femmes.

Cependant ils peuvent défendre les revendications sociales, démocratiques et environnementales au sein des cadres nationaux et continentaux sans pour autant baisser les exigences en faveur d’une forte régulation mondiale celle qui pose des droits contre le capital, des droits pour le respect de la nature. C’est que, pour l’heure, au plan mondial, les possibles sont restreints. Les marges de gains existent mais le niveau d’une démocratie authentique et d’un véritable écosocialisme n’est pas pensable. L’oligarchie est au pouvoir. C’est pourquoi les changements les plus radicaux sont proposés au plan des nations et des continents (Europe, Amérique latine, etc...) selon une dialectique variable.

La contestation se nomme aussi altermondialisme, soit le communisme des biens communs et l’activisme pour un autre monde démocratique social et écologique dit aussi écosocialiste . Les altermondialistes usent aussi, quoique de moins en moins, d’un autre nom, quand ils estiment qu’altermondialistes ne suffit pas : celui de société civile avec notamment son adaptation-extension de « société civile mondiale ».

A défaut de multitudes (extension de sens d’une notion de Négri) ou d’humanité-classe (Christian DELARUE) qui ignore la structuration étatique du monde, on pourra évoquer les « classes fondamentales » en solidarité (Jacques BIDET) ou, ce qui est la même chose, les « peuples-classe » solidaires (Christian DELARUE).

Lire : Polarité de classes sociales selon J Bidet : Deux en-haut, trois en-bas.

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article2163

B) La mouvance large usant des « labels vides » ou à polarités faibles ou masquées.

Le terme de société civile est toujours critiqué pour son ambiguïté, beaucoup plus que celle de peuple-classe ou de « classe fondamentale ». De Hobbes, à Hegel en passant par Gramsci et les contemporains on trouve différents sens du couple « société civile ». Aujourd’hui celle qui prévaut distingue la société civile de l’Etat qui est la « société politique ».

Se distinguant de l’Etat, la société civile n’est pas pour autant et nécessairement un contre-pouvoir. Quand on pense aux associations ou aux entreprises soit deux membres de la société civile on comprend qu’elles ne s’identifient ni au gouvernement ni à son administration. Elles peuvent s’y opposer mais aussi s’y appuyer, et ce de façon contradictoire.

La société civile se distingue aussi de la société religieuse et de la société militaire mais pas nécessairement du marché contrairement à ce qu’affirme Gautier Pirotte (3). Le MEDEF tout comme l’Economie sociale et solidaire peuvent se réclamer de la société civile . N’oublions pas que Laurence PARISOT présidente du MEDEF voyait « l’entreprise comme le principal pilier de la société civile » (cité par Gautier Pirotte). Et ce n’est pas faux. Elle considère aussi que les chefs d’entreprise et les cadres supérieurs des entreprises font parti du peuple. Ils sont aussi des citoyens. Elle aurait pu ajouter des nationaux le plus souvent. Cela ne fait aucun doute. Il y a donc une lourde ambiguïté dans ces notions trop englobantes ou le loup voisine avec l’agneau, le chat avec la souris.

Certes, il y a ceux qui militent au sein de la société civile marchande (à partir d’objectifs et de pratiques différentes à propos de l’ESS) et ceux qui militent dans la société civile non marchande (SCnM). Mais cette distinction est rarement faite au profit d’une autre : agir pour le profit ou agir via le marché hors logique de profit. Cela rapproche l’ESS des défenseurs du service public. C’est qu’il existe au sein de la société civile, outre les entreprises capitalistes, ce que les anglais nomment le « non profit sector » soit tous ceux qui agissent pour autre chose que le profit. Mais c’est encore très hétérogène. Ce secteur regroupe des acteurs ayant des buts, notamment associatifs, forts différents voire parfois opposés.

Dominique Colas en donne la conclusion : « Devenu l’étiquette de toutes sortes de marchandises, ou parfois même le label du vide, »société civile« forme un lieu commun où les commodités d’un mot de passe permettent de parler sans savoir ce que l’on dit, ce qui évite de trop se disputer » (Le Glaive et le fléau. Généalogie du fanatisme et de la société civile« p 44 Grasset 1992). On pourrait dire la même chose de peuple et de nation. Au sein de ces entités englobantes on mélange l’oligarchie politico-financière, la classe dominante bipolaire (J Bidet) et le reste de la population, le »peuple-classe« ou la »classe fondamentale". C’est quand même un gros inconvénient. Une entourloupe même !

II - LES CADRES TERRITORIAUX DE LA LUTTE ALTERMONDIALISTE : DU LOCAL AU GLOBAL !

L’ Etat-nation reste un cadre décisif pour aller vers l’écosocialisme. Mais il importe d’internationaliser les luttes et même de porter certaines d’entre elles directement au plan mondial (au plan écologique notamment).

A) Il y a une dialectique des luttes à mener en interne et en externe sur une base classiste.

L’échelon continental est un enjeu pour les forces de transformation sociale et environnementale mais elles sont encore en position de faiblesse, du moins en Europe. L’organisation du rapport de force conséquent y est difficile tant pour le syndicalisme que pour les mouvements sociaux (ATTAC, CADTM, etc...) et les divers partis de type communiste (non social-démocrates).

Le changement social est aussi difficile au sein de la (ou des) nations mais moindrement semble-t-il. La nation n’est pas qu’une entité trop englobante et aliénante, elle est aussi, ne l’oublions pas la matrice de l’Etat démocratique et de l’Etat social.

B) Les toutes premières bases d’un embryon de socialisme au sortir de la guerre en France sont connues.

Les deux configurations précédemment citées - le démocratique et le social - peuvent devenir la matrice d’un nouveau socialisme en lien avec la transcroissance des luttes par delà les frontières pour étendre le socialisme au plan continental. Ces deux configurations sont certes en voie de régression face au néolibéralisme - qui laisse place aux oligarchies et au fossé entre riches et pauvres - mais elles sont connues des peuples-classe. C’est là pour eux une expérience de masse acquise. Il est possible de s’appuyer dessus pour avancer.

Le socialisme présuppose des nationalisations, de l’appropriation publique et sociale dit-on désormais pour intégrer des éléments nouveaux de « socialisation ». Ce procédé - la nationalisation - doit effectivement aller plus loin que ce qui a été essayé par le passé. Cette appropriation collective doit tout à la fois devenir une dépossession relative de la classe dominante et appropriation des forces sociales du peuple-classe, de la « classe fondamentale » (de J Bidet). Ce n’est pas de l’autogestion pour toutes et tous mais c’est un mouvement de réappropriation par l’en-bas qui corrélativement participe d’une forte régression de l’oligarchie, de la ploutocratie, de la valeur marchande au profit de la valeur d’usage.

Christian DELARUE

1) Note sur « LE REGNE DES OLIGARCHIES » * d’Alain COTTA - Amitié entre les peuples

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article2161

2) Le mouvement altermondialiste, nouveau mouvement d’émancipation - P Khalfa

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article17

3) in La notion de société civile par Gautier Pirotte ed La Découverte coll Repères p5


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26 janvier 2016 - Christian DELARUE, des engagements, un parcours militant

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