Question textile : Liberté vestimentaire de principe. Christian DELARUE

vendredi 30 mars 2018
par  Amitié entre les peuples
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Question textile

LIBERTE VESTIMENTAIRE DE PRINCIPE

Des limites à la double inclusivité (hypotextile et hypertextile) sont concevables

I - Bref retour sur des siècles de formatage répressif

La pudeur a très longtemps servi, pour les hommes mais aussi pour des femmes complices et répressives, de moyen de contraindre les femmes à une moindre liberté. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de moindre liberté et donc d’égalité. Les principales religions monothéistes foncièrement patriarcales ont siècle après siècle reproduit la répression d’un lourd dispositif surplombant et aliénant. Très tôt en âge, elles s’employèrent à formater les corps et les esprits.

La sexyphobie est le nom de cette haine puissante du corps féminin non couvert : haine des mini-jupes, haine des décolletés, haine des talons hauts, haine des cheveux au vent, haine des menus artifices de séduction comme les bijoux et de tout ce qui peut apparaître comme beau et séduisant. Cette prescription normative répressive « Une femme ne doit absolument pas être belle » connait son inverse du capitalo-patriarcat (souvent cité) qui veut qu’une femme devrait constamment être belle. Dans les deux extrêmes, il y a perte de la liberté de vivre comme on veut. Belle et beau si je veux, comme je veux !

A la pudeur obligée, on a rajouté bien souvent, en plus de cette moindre liberté, une peine supplémentaire de violence sexiste. Si elle est trop belle elle risque d’en être fatalement victime. Et point d’orgue : ce sera de sa faute, pas celle des hommes agresseurs ! Là on dit donc deux choses en plus : d’une part les insultes au mieux, les viols au pire sont fatalement et quasi-mécaniquement la réponse masculine à la beauté des femmes trop court vêtue. D’autre part, en ce cas la faute n’est pas du côté des hommes mais des femmes. Ce qui va venir justifier le mécanisme de pudeur . La boucle répressive est bouclée.

II - De nos jours

Aujourd’hui , du fait des conquêtes féministes de la « seconde modernité » , la religion catholique semble moins répressive . On peut ainsi pratiquer le nudisme ou le naturisme et être catholique et même catholique pratiquant. De nombreux hommes, croyants ou non, se sont habitués à respecter une culture vestimentaire et corporelle beaucoup plus libre que jadis . Il faut donc reconnaitre les vertus éducatives de la période du « patriarcat réduit » du fait des conquêtes féministes même si manifestement les violences perdurent .

Certes s’agissant de la religion, il ne faudrait pas prendre les apparences pour l’essence. Dès que cette religion catholique - comme d’autres - est laissée à l’influence de son aile intégriste comme dans certains pays - Pologne notamment - on voit un regain de pudeur obligé pour les femmes réinvestir la société civile puis l’Etat. On voit le patriarcat se renforcer. Une tendance réactionnaire vers l’hyperpatriarcat est active.

Les intégristes religieux sont aujourd’hui les plus acharnés de nos jours à couvrir les femmes. C’est une obsession chez les juifs haredim mais aussi chez les musulmans intégristes. Il y a ainsi des « campagnes d’hidjabisation forcée » en Nord-Afrique et ailleurs par des salafistes ou des intégristes musulmans. Des femmes y participent. Elles font du voile islamique un signe crypto-fasciste islamiste qui vient heurter le sens de celles qui voulaient en faire benoitement un signe spirituel. Ce sens subjectif et individuel se trouve recouvert d’une large et vaste critique du voile comme signe de l’autoritarisme de l’islam intégriste et sexyphobique.

III - Question textile : Liberté et exceptions

Loin de cette oppression hyperpatriarcale intégriste religieuse il importe de défendre la liberté textile, tant hypotextile (quasiment nu) qu’hypertextile.

Evidemment il y a des limites à poser en société, tant au string seins nus d’un côté qu’au voile et robe lèche-bitume de l’autre côté. Mais, avec la « réciprocité textile » (double inclusivité : hypotextile et hypertextile) si on voit des voiles islamiques dans la rue alors on doit pouvoir voir des strings seins nus en été. Et ce sans injure ni violence sexiste !

Par contre les signes ostensibles de religion - grosse croix, kippa, voile islamique - n’ont pas à s’imposer dans les écoles publiques (loi de mars 2004 en France). Ces signes ne devraient pas plus entrer dans l’Assemblée nationale, le Sénat et autres lieux de la représentation politico-citoyenne. Les élus n’ont pas à en porter partout.

Christian DELARUE

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