Impérialisme, colonialisme, néocolonialisme C Delarue

lundi 28 septembre 2015
par  Amitié entre les peuples
popularité : 5%

Impérialisme, colonialisme, néocolonialisme

source Bellaciao le samedi 3 mai 2008 (20h50) (mais texte similaire plus ancien encore sur chrismondial) : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article65676


FRANCE - AFRIQUE

COLONIALISME c’est vieux !

NEOCOLONIALISME c’est quoi !

IMPERIALISME c’est langue de bois !

Impérialisme, colonialisme, néocolonialisme
texte revu le 21 janv 09

Un certain nombre de faits venant à l’appui de telle ou telle idée avancée ne sont pas relatés mais au-delà de cette insuffisance l’objet de ce propos de débroussaillage est de distinguer en quoi la France - en tant qu’ Etat soutenant les grandes entreprises transnationales françaises - relève de l’impérialisme ou du colonialisme ou du
néocolonialisme. Il y a matière à débats. Qu’il y ait impérialisme n’oblige pas à néocolonialisme. Néocolonialisme : c’est quoi ?

C’est quand l’impérialisme ne se limite pas à la dépossession via les transferts économiques mais passe aussi par une certaine subordination politique qui n’est pas totale . Les Etats sous domination néocoloniale sont politiquement indépendants dans certains champs d’action mais pas dans tous. Le nocolonialisme se situe donc entre le colonialisme et l’impérialisme économique. L’impérialisme est multiforme et ne se limite pas à l’ordre économique.

1 - INDEPENDANCES AU PLAN POLITIQUE MAIS QUID DE L’ECONOMIQUE ?

En Afrique les principaux Etats colonisés gagnent leur indépendance (sauf les DOM TOM) au début de la V ème République jusqu’en 75 Comores et 77 (Djibouti) ce qui marque aussi la fin du colonialisme au sens strict mais pas de l’impérialisme . Au plan économique les entreprises françaises ont continuées de s’implanter et d’exploiter les ressources terrestres et marines ainsi que la force de travail locale payée à très bon marché. La puissance économique française en Afrique quoique de niveau moindre que celui des USA en Amérique latine fait bien de la France un pays impérialiste de second niveau. Mais le vecteur économique ne suffit pas à l’Etat français pour asseoir sa domination impériale.

2 - LE POLITIQUE SOUS CONTROLE : LE NEOCOLONIALISME FAIT DONC SUITE AU COLONIALISME « CLASSIQUE ».

Le néocolonialsme se manifeste sur les plans financiers, militaires, et politique. Au plan financier la zone franc s’est maintenue et la monnaie est restée le CFA . En fait ce qui était transféré c’était « la quincaillerie de la souveraineté ; drapeau, hymnes, titres » ( ) mais pas la monnaie toujours issue du Trésor public de la métropole française . Les
indépendances politiques furent relative car des accords d’implantation de bases militaires permirent dans de nombreux pays de maintenir des forces française en Afrique.

Par ailleurs, au niveau politique, l’Etat français s’est employé à contrôler de près les gouvernements par des réseaux soutenus au plus haut niveau de l’Etat français. Jacques FOCCARD est resté pendant 14 ans le Secrétaire général à la Présidence de la République pour les affaires africaines et malgaches. Il était aidé par des « coopérants techniques ».

En cas de besoin l’Etat français n’a pas hésité à user de l’intervention militaire directe. Les parachutistes ont sauté sur plusieurs capitales africaines. Enfin les différents dictateurs qui devaient assurer le « sale boulot » de l’impérialisme français étaient très honorés par l’Etat français lors de visites. De droite comme de gauche la complicité
« fraternelle » a jouée au profit des riches dirigeants africains et contre leurs peuples acculés à la misère et à la pauvreté. C’est à ce prix que la bourgeoisie française à maintenue son empire en Afrique.

3 - IMPERIALISME : CACHER LE MOT OU CACHER LE FAIT QUE LA DOMINATION FAIT SYSTEME

Le mot apparaît sous la Monarchie de Juillet pour désigner les partisans du bonapartisme et du régime politique impérial. Le terme est valorisé. C’est la guerre des Boers (1899-1902) qui va dévaloriser la notion entendue comme nationalisme arrogant des britanniques et plus généralement comme politique d’expansion hors d’une métropole. La notion deviendra concept avec l’ouvrage de John Hobson. Les communistes vont rattacher l’impérialisme au capitalisme.

Le petit livre « L’impérialisme, stade suprême de capitalisme » de Lénine va connaître une grande diffusion de par le monde. Cette large diffusion explique la prudence des scientifiques à utiliser le terme. Mais l’impérialisme, dans un sens large, signifie domination sous de multiples formes combinées qui ne se ramènent pas à la domination économique et financière. (cf « Les impérialismes » en Que sais-je ?)

4 - SPECIFICITE 1 : L’AFRIQUE DURABLEMENT PARTAGEE ENTRE PUISSANCES IMPERIALISTES.

L’ensemble du continent africain va subir une colonisation dure et durable de la « vieille Europe », soit la Belgique, la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne le Portugal. Ses peuples vont être durement exploités et ses ressources pillées. Cela va marquer durablement les consciences. Notamment en matière de migrations et de
négrophobie.

- Histoire ancienne de l’absence du concept et de sa signification dans le discours républicain.

« L’histoire de la France républicaine est malheureusement unilatérale sur la question coloniale. On y trouve aucun point d’appui qui la distinguerait en positif des régimes d’autres puissances coloniales » écrivent Alain MATHIEU et Alain FARDJI (1) .Il faudra attendre la révolution bolchevique dans l’empire tsariste et la fondation des la III
Internationale, pour trouver une claire conscience anticolonialiste dans le mouvement ouvrier. Ce qui n’empêcha pas le développement du colonialisme sous couvert de l’universalisme des Lumières apportées aux peuples indigènes. Même sous le Front populaire le consensus colonial ne fut pas brisé. Aujourd’hui encore il est plus facile de lutter contre l’impérialisme américain à l’offensive en Asie ou en Amérique latine et
centrale que contre la France qui est le dernier pays au monde à posséder encore des colonies.

- Histoire récente ou le renouvellement-renforcement de l’impérialisme
La période des accords de Lomé s’achève et l’impérialisme français et européen se renforce via les Accords de partenariats économique (APE) créant un libre échange sans compensation, les retours juteux de l’Aide publique au développement (APD), la dette qui ne cesse d’être une bonne affaire pour la bourgeoisie du Nord. Quelques contributions au Manifeste d’ATTAC développe ces points.

Sur la situation lire :

Le communiqué ATTAC Confédération paysanne.
Les révoltes de la faim dans les pays du Sud : l’aboutissement logique
de choix économiques et politiques désastreux
http://www.franc

e.attac.org/spip.php ?article8399

Plateforme dette odieuse

http://www.dette2000.org

Les accords bilatéraux entre l’Europe et le reste du monde : Attention,
danger !

http://www.france.attac.org/spip.php?article7103

Comprendre et se mobiliser contre les APE
http://www.france.attac.org/spip.php?article7421

5 – SPECIFICITE 2 : L’AFRIQUE DANS LE SUD ou les plus écrasés parmi les dominés

La vision d’un Sud subissant l’impérialisme du Nord est certes une image simplifiée mais dit toujours une partie de la vérité. Le schéma d’inégalité des richesses dit de « la coupe de champagne » : le haut de la coupe correspondant au Nord, le « pied » au Sud est toujours valide.
Evidemment on ne saurait en rester là . Mais s’agissant des pays ACP l’écart richesses/ pauvreté est immense. Pourtant si les africains meurent de faim en grand nombre leur territoire est riche. Le pillage sous des formes diverses explique l’écart (voir les autres liens)

Au sein du tiers-monde - que l’on nomme Sud depuis la chute du Mur de Berlin - l’Afrique et les pays ACP figurent parmi les pays les plus pauvres de la planète. Ils sont nommés différemment selon les instances internationales mais peu importe : PTTE ou PMA. Ce qui a été souligne c’est la différence dans le degré d’aboutissement de la domination subie entre l’Afrique et l’Amérique latine ou d’autres pays dominés par la Triade. Le développement inégal et combiné du capitalisme en Amérique latine produit de très fortes inégalités sociales et territoriales et de nombreuses personnes vivent dans la misère tant en campagne que dans les bidonvilles peri-urbains. On ne saurait oublier cela lorsque l’on veut mettre l’accent sur la grande pauvreté en Afrique. D’ailleurs, la
pauvreté existe aussi au nord, en Europe comme aux USA. Elle est destinée à s’accroître avec le démantèlement des formes sociale-keynésienne de l’Etat . Par ailleurs il y a aussi des zones riches en Afrique. Mais il est vrai que le sous-développement est plus massif dans ce continent.

L’histoire de l’Afrique francophone, anglophone et arabophone montre au-delà de la langue une diversité de colonisation et d’impérialisme.
Les pays de la vieille Europe autrement dit les plus anciennes puissances colonisatrices (Grande Bretagne, Belgique, France, Allemagne) continuent d’agir pour maintenir la domination. Les indépendances ont accrues la place et le rôle des bourgeoisies locales compradores qui se sont formée ou consolidées (pour celles qui vivaient déjà avec les colons ) comme relai du capital impérial . Ces bourgeoisies compradores assurent durement la domination sur les peuples-classe, plus composés en Afrique de paysans que de salariés, notamment en instrumentalisant les différences ethniques.

Le fait de l’instrumentalisation plus que le conflit réel entre ethnies a bien été souligné par Nestor Bionadanure lors du CA d’ATTAC du 19 avril 2008 mais le temps a manqué pour aller plus loin dans les détails de ces dominations. L’accent a été mis sur les résistances qui émergent. Mais là aussi le temps a manqué sur le contenu et la portée de ces résistances. Pour en finir avec l’impérialisme en Afrique la solidarité des altermondialistes avec les résistances populaires est et sera essentiel.

Christian DELARUE

pour la commission « mondialisation » du MRAP

1) Le texte « Colonialisme et post colonialisme français : le plafond de verre » par Alain MATHIEU et Alain FARDJI fournit les données factuelles qui manquent ici.

L’annulation de la dette est-elle possible et souhaitable ? Court extrait de conférence de Claude QUEMAR Président du CADTM Oui si l’on considère que cela a été fait pour Cuba (à la demande des USA !) et de l’Allemagne. Oui si l’on considère l’équation suivante : 1 - 7 = 4. ( 1= somme empruntée ; 7= montant déjà remboursé ; 4 = montant restant à assurer... Oui si l’on considère que :
sur une aide de 53 Milliards d’aide publique au développement seulement 15 % arrivent aux pays du Sud... A noter que dans cette aide publique au développement, on compte le montant des dégrèvements d’impôts dont les Français bénéficient pour « dons aux Associations et ONG ! L’Espagne se propose elle aussi d’inclure dans son APD le montant des réduction d’impôt pour don aux ONG ! Il faut également en déduire ce qui ne transite jamais vers les pays du Sud, le montant des intérêts de la dette... ! Le » virement informatique " effectué n’atteint jamais la somme de 53 Milliards d’aide publique déclarée !

JPEG - 38.4 ko


Brèves

24 septembre - Commission démocratie d’ATTAC : contributions.

Commission démocratie d’ATTAC : contributions.
http://amitie-entre-les-peuples.« (...)

8 janvier - De droite ou de gauche, maintien de la loi de mars 2004 contre les signes ostensibles de religion

Candidats de droite ou de gauche, maintien de la loi du 15 mars 2004 contre les signes (...)

30 mai 2010 - TravaillismExit - RTT partout en Europe !

TravaillismExit - RTT partout en Europe !
https://www.facebook.com/events/1730316523900013/