Fidélités plurielles : valeur de l’attachement pour un athée.

jeudi 20 septembre 2012
par  Amitié entre les peuples
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Fidélités plurielles : valeur de l’attachement pour un athée.

Comme un grand merci aux femmes aimées.
Comme une infinie tendresse acquise grâce à elles.

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Voici une reflexion sur tous les amours que l’on partage dans une vie. Pour certains, chaque amour s’effacerait totalement au profit d’un nouveau. Ce serait là l’effet d’une sorte de deuil. Mais cet effacement peut être trompeur ou incomplet. Surtout quand ce fut un bel amour.

Différences possibles entre un athée et un croyant (en Dieu).

il s’agit d’hypothèses et non de propositions dogmatiques. Ce qui vaut pour certains ne vaut pas pour d’autres.

Un athée a tendance à accorder plus de valeur qu’un croyant (en Dieu) à ce qui a représenté pour lui l’Amour . Ce n’est pas un attachement à un fétiche, mais une fidélité à soi et à une valeur. Valeur de ce que fut une attitude attentive, une activité aimante : aimer, c’est « prendre soin de », « faire attention à ». Cela ne présuppose aucune cohabitation (1). Lorsque cette attitude est réciproque alors un ressenti léger et vivifiant traduit une expérience de complicité mais aussi une élévation, une transcendance. En quelque sorte, un grand amour « quitte le sol » et se vit « très haut, très fort, très long ». Inscrit dans la durée ne signifie pas éternel. Mais la durée montre qu’il ne s’agit plus d’un état amoureux naissant.

Si un croyant (en Dieu) accorde de la valeur à ses parents et à son époux(se) il n’oublie pas, en principe, de placer la ressource de ce qui vaut pour lui dans Dieu, un Dieu personne ou un Dieu abstrait. Ce n’est plus là de l’attachement.

En fait, il faudrait (en France au moins) distinguer ici les chrétiens « cultuels » (les pratiquants) des « chrétiens culturels agnostiques » (ayant des liens distanciés avec la religion) que l’on désigne comme la subculture chrétienne) . Les attitudes et comportements de ces derniers sont plus proches des athées affirmés sur certaines questions. Mais les athées sont très divers. Il est difficile de les classer tant ils sont divers.

Pour un athée - dont la conception du monde est nécessairement inscrite dans l’espace et le temps et non pas en-dehors - la spiritualité prend racine dans ce qui est fort de sens dans la vie réelle et l’expérience vécue . L’attachement n’y est alors pas dévalorisé comme dans les spiritualités déistes ou théistes. L’attachement peut être pathologique mais aussi positif et porteur de sens . Du moins si on sait d’où il vient. On sait que l’on ne se trompe pas sur la valeur de quelqu’un malgré les années. Il procède alors de ce qui a représenté un amour vécu enrichissant voire authentique. Un bel amour, au-delà du « prendre soin de » , se vit souvent « très haut, très fort, très long ».

Pluralité des attachements dans le temps !

Cet amour-là est pluriel s’il est nourri au fil des années par plusieurs personnes ( les parents bien souvent ainsi que les frères et sœurs mais aussi les amours charnels) par des relations qui ont pu être vécues comme « temps magnifique » comme temps de lumière, de beauté et de transcendance.

C’est dans cette perspective que je peux ressentir positivement l’apport d’une ex amante (malgré la séparation lointaine) . Les parents et les amis ne vous apprennent quasiment rien sur l’intimité, sur la synthèse du sexuel, du charnel et du spirituel. Ce sont les amant(e)s et compagnes ou compagnons qui enrichissent la vie sentimentale personnelle. Ils peuvent aussi enrichir une vie intellectuelle ou artistique mais ce n’est pas là ce qui leur est spécifique.

Il est aussi peut-être un autre domaine ou une différence est perceptible entre croyants (en Dieu) et athées : le pardon. Ce dernier ne relève pas seulement des religions comme certains le pensent. Les athées eux aussi pardonnent mais sans doute « pas en tendant la joue gauche juste après avoir reçu un coup sur la droite ». Il existe une éthique athée de la riposte autolimitée et proportionnée. Elle tient au fait que l’on ne saurait tolérer l’oppression, la violence active ou passive. Une agressivité réactionnelle mais mesurée et circonscrite est alors concevable.

On peut se reporter ici à Erich Fromm et à son gros ouvrage sur La destructivité. Une autre conception athée est concevable, celle d’ André Comte-Sponville.

Lire : Ce qui s’apprend ici c’est la miséricorde : leçon de tolérance et de pardon.

Christian Delarue
15 dec 2011

1) Pour aimer faut-il cohabiter ? sur médiapart


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