DÉRIVE CONSUMÉRISTE : Ne pas tout mettre sur le dos de la laïcité. Réponse à V Vauclin.

dimanche 13 février 2011
par  Amitié entre les peuples
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DÉRIVE CONSUMÉRISTE :
Ne pas tout mettre sur le dos de la laïcité. Réponse à V VAUCLIN.

A propos de « Laïcisation, athéisme et consumérisme : d’un culte à un autre » de Vincent VAUCLIN.

http://www.legrandsoir.info/Laicisation-atheisme-et-consumerisme-d-un-culte-a-un-autre.html

Dès l’introduction la caricature est présente dès le second paragraphe : « A mesure qu’émergeait la société de l’athéisme radical qui devait constituer le terreau de la République laïque, une autre tendance commença à se développer et à s’approprier cet « espace spirituel » laissé vacant : le consumérisme. » La sécularisation n’est absolument pas à confondre avec « une société de l’athéisme radical ». Et pas plus la laicité. D’ailleurs, ou ce trouve cette « société de l’athéisme radical » en France ? On peut parler depuis Mai 68 d’une subculture chrétienne recouverte par la sécularisation. En fait la religion perdure en privé. Il y a une déprivatisation de l’espace public par la religion (catholique en France), une baisse de son emprise forte et multiforme dans le champ public mais pas « athéisme radical ».

Ceci dit, pointons des accords (avec des formulations différentes) puis les désaccords avec l’auteur. 1 - Avec l’Eglise il y avait jadis le dogme obligatoire, la surveillance de la pensée et une très très faible tolérance à l’encontre des juifs, des protestants et surtout des athées. 2 - Cet effacement du religieux trop pesant est le produit conjoint de la sécularisation et de la pensée matérialiste et scientiste confirmée et approfondie par la laïcité de 1905 et les combats qui suivirent pour l’appliquer mais le religieux n’a pas disparu, ni l’Eglise . 3 - Cet effacement a laissé, il est vrai, un vide celui de la multiplicité des sens, de la « foire au sens » comme le dit Alain Bihr. C’est que le marché et le capitalisme dominant derrière lui ne porte pas de sens, pas de transcendance.

Voyons les désaccords : 1 L’auteur qui invoque l’athéisme (à tort on l’a vu) oublie aussi que l’athéisme ne fonde pas le marché et le capital. Il y a conjonction de facteur mais pas causalité. 2 Trois exemples montrent chacun à sa façon que ce lien n’est pas unilatéral : a) Weber pensait que le protestantisme - une religion - soutenait bien le capitalisme montant. b) D’un autre côté l’athéisme marxiste a été porteur d’un idéal d’une autre société et donc d’une transcendance sociale porteuse de sens, largement contre le marché et surtout contre le capitalisme. c) Dans la société non sécularisée et très catholique il y a toujours eu une culture chrétienne qui s’est très bien accommodée du marché et du capitalisme même si ce dernier n’avait pas la forme que nous connaissons aujourd’hui.

Christian Delarue


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