Mouvement francophone pour la sobriété d’affichage de sa religion à autrui.

mercredi 9 octobre 2019
par  Amitié entre les peuples
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QUEBEC - FRANCE - BELGIQUE

Contre l’intransigeantisme, mouvement francophone pour la sobriété d’affichage de sa religion à autrui.

Ni signe politique ostensible, ni signe religieux ostensible en réception clients. Pas de signe syndical - sauf conflit - non plus !

Ni signe national ostensible ni signe religieux ostensible en représentation syndicale (cf Syndicat étudiant avec une femme voilée).

- Forme de domination symbolique

La notion d’intransigeantisme se rattache historiquement à la religion catholique et à son courant intégriste. Il évoque sans ambiguïté un jusqu’au-boutisme tout à la fois doctrinal et comportemental qui abouti à un comportement psycho-rigide empêchant un accommodement raisonnable. Ce sont les autres qui doivent céder, se plier à leur imposition sous couvert de liberté de religion. La conscience d’autrui ne compte pas.

Certains préfèrent parler de signe ostentatoire à signe ostensible mais c’est quasiment similaire. Ce signe est si gros que tu es forcé de le voir ! Et c’est fait pour. On évoque ici souvent la notion d’étendard pour signifier que ce message identitaire doit par son aspect hypervisible dominer tous les autres . Qu’il est le plus important. Que tout autre message fut-il correct est secondaire.

- Imposition et arrogance

Le port du voile, de la kippa, de la grande croix ou de la robe noire de curé ne fait pas souci dans la rue mais fait problème dans l’entreprise privée et tout particulièrement en situation proximale imposée (même bureau) et en réception client ainsi que dans le cadre de la représentation syndicale . Or l’intransigeantisme de certains croyants pousse à aucun compromis sur ces deux plans. C’est toujours aux autres de s’accorder, jamais à eux. Unilatéralisme, arrogance et intolérance. Que diraient-ils si on travaillaient en string seins nus à côté d’eux ? Certains sont particulièrement sexyphobes.

On sait que les syndicalistes sérieux et soucieux de respecter leur mandat ne mélangent jamais un affichage identitaire - de type national ou de type religieux - à un discours social et syndical. Ce confusionnisme est nuisible au syndicat car les syndiqués risquent de ne pas comprendre, de ne pas apprécier, de changer de syndicat ! Changer de syndicat en cas d’intransigeantisme religieux est bien compréhensible.

Il n’est plus concevable, de nos jours, du fait de la montée de l’exigence d’égalité et de réciprocité, que des individus veuillent absolument, en toute occasion, t’imposer leur signe identitaire. Cela ne passe pas. C’est ainsi . Les identitaires les plus intransigeants qui préfèrent continuer à exhiber leur signe identitaire ostensible doivent le comprendre. C’est une forme d’arrogance qui est refusée.

Christian DELARUE

SECULARISME contre communautarisme et intégrismes religieux

SECULARISATION, comme processus historico-social d’éloignement de la chose religieuse dans la société, a donné SECULARISME comme doctrine et théorie d’appui de ce long processus .

Max Weber est allé plus loin qu’ Habermas ici (postsécularisme avec un « retour du religieux") ou C Taylor (vivre ensemble avec des accommodements raisonnables face à ce qui perdure de religieux) et a inscrit la sécularisation dans le phénomène plus large du désenchantement du monde et de la rationalisation qui ensemble caractériseraient la modernité.

Si la sécularisation concerne la société dans son ensemble, il ne faut pas la confondre avec la laïcisation qui, elle, ne touche que les institutions : séparation des Eglises et de l’Etat (qui est neutre selon la loi), la société civile est elle libre de croire à Dieu ou au Diable ou au Père Noel et de manifester sa croyance, sauf exceptions. Les exceptions ne tombent pas du ciel !

On peut faire un lien entre INTEGRATION à une culture dominante et SECULARISATION largement aboutie d’une société.

En ce sens l’intégration demandée à des « entrants » se traduit par une demande d’effacement des signes religieux de l’espace public et ce pour correspondre à un processus historique ou à une dynamique historique qui fait culture mais aussi pour faire pièce aux intégrismes religieux vecteurs d’exhibitionnisme religieux, au plus visible, avec d’autres régressions (contre les homosexuels, le divorce, le nudisme, l’évolution des espèces, etc, etc).

Mais comprenons bien que ce n’est pas la LAÏCITE qui l’exige. Par ailleurs si la culture nationale est largement sécularisée c’est parce qu’il y a eu un double combat jadis féministe d’une part, laïque d’autre part. Tout juste peut-on parler d’une sous-culture catholique qui émerge lors des fêtes. Mais le combat féministe est éclaté en plusieurs branches qui s’opposent sur le voile, sur la prostitution, sur la pornographie, sur plusieurs autres sujets !

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CD