HYPER-PATRIARCAT et CAPITALO-PATRIARCAT via un texte de Monique Plaza. C Delarue

dimanche 10 septembre 2017
par  Amitié entre les peuples
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HYPER-PATRIARCAT et CAPITALO-PATRIARCAT via un texte de Monique Plaza.

Je reprends ici, en guise d’introduction à une mise en perspective historique que je propose, ce que dit du féminisme Monique Plaza (titre et lien en bas de texte).

Le féminisme ou anti-sexisme universaliste est une lutte politique menée par des femmes et des hommes qui combattent les multiples effets de l’oppression patriarcale, dite sexiste, partout dans le monde.

L’oppression patriarcale, très ancienne, s’appuie sur l’idéologie naturaliste de la différence des sexes, qui assigne à chaque être humain, dès la naissance, des places, rôles et fonctions, en imposant la croyance que cette bipartition du genre est naturelle et donc fatale, ce qui est mensonger. La différence anatomique et physiologique des sexes existe, mais elle ne prescrit qu’à la marge la vie psychique et sociale des êtres humains qui est aussi, et surtout, un fait de culture.

La bipartition imposée par la logique du genre assigne un statut inférieur aux femmes, à tous les niveaux de l’existence et aussi parfois dans la loi. L’épure de cette bipartition peut se résumer ainsi : les femmes sont définies uniquement comme objets de désir des hommes, et mères. Elles ne sont pas pleinement sujets.

Selon les pays, selon les cultures, la bipartition du genre a des figures singulières, mais qui procèdent toutes de la même logique.

Je suis d’accord sur cette logique telle que décrite par M Plaza (et d’autres féministes radicales) mais je me contente d’ajouter une mise en perspective historique à travers les concepts de patriarcat historique, patriarcat réduit, hyper-patriarcat.

I - L’HYPER-PATRIARCAT

Il s’agit soit 1) du plein maintien du patriarcat ancien là ou il s’est maintenu alors que les hommes de ces pays savent très bien qu’ailleurs dans certains pays dits de « seconde modernité » (De Singly) il s’est affaibli face à la montée des conquêtes féministes, soit 2) dans les pays dits de « seconde modernité » des forces réactionnaires qui ne supportent pas ces conquêtes féministes et qui veulent soit un retour en arrière vers des rapports sexistes archaïques soit vers un hyper-patriarcat fondé sur le sexoséparatisme et l’infériorisation complète des femmes (versus intégrismes religieux), soit renforcement du capitalo-patriarcat prostitutionnel.

II- LE PATRIARCAT HISTORIQUE

Je cite ici trois exemples de Monique Plaza :

On a bandé durant plusieurs siècles et jusqu’en 1942 les pieds des petites filles chinoises de bonne famille pour qu’ils restent minuscules (faisant des femmes des handicapées à vie).

On mutile encore le sexe (excision et infibulation) de petites filles africaines pour qu’elles ne puissent jamais éprouver de plaisir sexuel.

On recouvre de toile en Afghanistan ou en Arabie saoudite les femmes des pieds à la tête pour les rendre invisibles, réservées à leur seul seigneur et maître.

Il y en a d’autres.

On voit que l’hyper-patriarcat ressemble furieusement à un projet réactionnaire de retour au patriarcat archaïque ancien, ou comme il est dit la domination des femmes est naturalisée et va de soi pour l’immense majorité des populations tant les hommes que les femmes. Or cette naturalisation ne va plus de soi de nos jours. C’est là une conquête acquise durablement y compris chez de nombreux hommes qui n’aspirent pas à un retour en arrière. Ce qui ne signifie pas disparition du patriarcat sous la « seconde modernité » . De nombreuses féministes alertent sur une remontée du sexisme soit en mode hyper-patriarcat des intégristes religieux, soit en mode capitalo-patriarcat des masculinistes.

III - LE CAPITALO-PATRIARCAT

La sexualisation des moins de 13 ans ne vise pas que l’hypotextile et les objets sexy, normalement réservés pour les jeunes femmes adolescentes et surtout les femmes adultes, mais aussi pareillement l’hypertextile et le voile islamique (ou autre) .

Monique Plaza écrit ceci :

On les pousse en Occident à s’érotiser de plus en plus jeunes pour susciter et entretenir le désir et les pulsions masculines. On les enlève pour les enrôler dans la prostitution : un réseau de prostitution de jeunes filles bulgares vient d’être démantelé à Besançon (1), pendant que le dirigeant nord-coréen Kim Jong remet en fonctionnement des « maisons de plaisir » dans la plus pure tradition familiale .

On les empêche ici de s’instruire, d’aller à l’école, là de conduire, de se déplacer seules et librement, d’apprendre certaines matières, d’exercer certaines professions, on les rémunère moins que les hommes à travail égal, on limite leur carrière par des plafonds de verre, on les confine dans des espaces temps et dans leur tête afin qu’elles ne sachent pas qu’elles sont des humains à part entière comme les hommes.

La suite sur FÉMINISME UNIVERSALISTE : MISE AU POINT | Le Club de Mediapart
https://blogs.mediapart.fr/monica-m/blog/040415/feminisme-universaliste-mise-au-point

Christian DELARUE
signataire de l’appel « Nous n’irons pas au bois » - Zéromacho


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