Culture dominante et perception du déshonneur - Christian DELARUE

dimanche 24 novembre 2019
par  Amitié entre les peuples
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Culture dominante et perception du déshonneur

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La honte a quand même changé de tête et de camp en passant de la femme victime à l’homme prédateur dans certaines sociétés ou les féministes peuvent combattre le viol franchement et ouvertement depuis plusieurs décennies . Même dans ces sociétés il subsiste néanmoins une sous-culture du viol importante. Il importe donc de s’y opposer.

Mais hélas dans de trop nombreuses sociétés encore plus patriarcales, plus marquées par une culture à forte composante religieuse intégriste (hyper-patriarcat), le viol reste un déshonneur pour la femme qui en est la victime, car l’on considère qu’une femme qui a subi un viol est un objet irrémédiablement souillé, ayant porté atteinte à l’honneur de sa famille, ce qui lui vaut punition d’exil ou de mort. Parfois, une femme violée doit se marier avec son violeur pour laver un déshonneur non ciblé .

Dans notre société à patriarcat réduit mais toujours actif, les femmes ne sont plus en droit les propriétés des hommes (même si elles le sont encore parfois hélas dans les faits), le viol est pleinement considéré comme un crime . Il n’empêche que l’on retrouve encore le réflexe souvent entendu : « n’avez-vous pas provoqué cette agression par votre tenue trop sexy ou par votre démarche de recherche d’un homme trop active ? » Ces remarques encore trop courantes tendent à renverser la charge du crime. Un homme trop excité sexuellement serait en quelque sorte exempté de demander l’autorisation.

S’il ne demande rien verbalement il peut alors faire un geste - ni anodin, ni trop intrusif - qui va le renseigner sur la possibilité d’aller plus loin ou non, en fonction de la réponse. « Enlève ta main de mon genoux » ! ( ou de mon épaule ou de ma taille) constitue une réponse de refus net qui freine ordinairement toute entreprise de séduction . Passer sur le champ à une position de respect doublé d’un propos rassurant montre à l’autre - la femme - que l’on reconnait son plein statut de sujet et d’être pleinement libre. C’est important !

Allons plus loin : On n’a pu être complètement sous le charme et même totalement subjugué et ce n’est heureusement pas anormal. On a pu cependant s’être trompé et ce n’est pas plus anormal. Mais ce qui est anormal c’est de ne pas admettre le « refroidissement » opéré par la réponse, c’est de vouloir passer outre avec une séries d’actes de prédation en chaîne, c’est de forcer un être libre, et ce quelque soit sa tenue vestimentaire !

Il n’y a pas lieu sur ces sujets de savoir si elle portait une mini-jupe avec des talons (hypotextile) ou une robe ultra-longue avec un foulard (hypertextile) ! Ce point est hélas loin d’être admis ! Des archaïsmes perdurent, entretenus par hommes et femmes.

Christian DELARUE


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