Gauche Unitaire bretagne : Introduction sur le socialisme. (2010)

dimanche 6 juin 2010
par  Amitié entre les peuples
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Sur le socialisme : Eléments d’introduction à débat.

Introduction à débat lors d’une réunion régionale en Bretagne de la Gauche unitaire. (Cette réunion préparait par ailleurs la prochiane Conférence Nationale de la Gauche unitaire des 26 et 27 juin 2010.)

NB : Le texte Consolider le Front de Gauche - Reformuler l’alternative socialiste ne sera à disposition des adhérents prochainement. Il contient un chapitre intitulé Oui le socialisme ! différent de cette introduction à débat.

Lorient le 5 juin 2010.

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Faite au pied levé, cette introduction ne pose que des pistes pour le débat du jour et plus largement pour la GU et le Front de Gauche.

I - ELEMENTS DE BASE SUR LE SOCIALISME

Il y a plusieurs façons de concevoir le socialisme car tous ne mettent pas en avant les mêmes critères distinctifs. On pourrait parler de façon ouverte au sein du Front de Gauche de socialismes au pluriel.

Voyons néanmoins quelques traits importants d’une matrice socialiste.

1 - Le socialisme fait prévaloir la valeur d’usage contre la valeur d’échange comme mode de développement alternatif.

A ce premier point s’en ajoutent d’autres pour certains ; notamment celles et ceux ceux qui défendent l’éco-socialisme.

2 - Le socialisme est une société qui n’est plus de façon dominante fondée sur l’appropriation privée des moyens de production et d’échange.

La propriété privée n’a pas disparue ni les rapports sociaux capitalistes qui vont avec mais ceux-ci ne sont plus dominants. Le principe est à compléter mais il fait bien parti des « fondamentaux » du socialisme qu’il faut débattre.

3 - Classiquement le socialisme est la société de transition vers le communisme. Avec le socialisme les classes dominées deviennent dominantes.

C’est ce qui le distingue du communisme ou toute domination de classe a disparue. C’est ce qui le distingue aussi du mode de production capitaliste ou la classe bourgeoise est dominante face au peuple-classe.

Pour certains, cela arrive quand le peuple-classe est hégémonique dans un cadre national et qu’il devient nation.
Pour d’autres le peuple-classe parvient au socialisme par la transcroissance des luttes au-delà des frontières nationales dans un cadre à minima continental.

4 - Les références du socialisme.

Le socialisme prend appui sur des références historiques nationales dans les deux perspectives sus-nommées. En France, il s’agit donc de revisiter la Commune de 1871, la dynamique du Front populaire de 1936, le mouvement de la Résistance de 1946 (cf son programme). L’existence de la Sécurité sociale fait figure de modèle.

Une VI ème République en serait le prolongement et une sorte de nouveau programme transitoire.

5 - Parenthèse sur l’instauration du socialisme.

Le modèle de la rupture révolutionnaire, issu de la révolution bolchevik de 1917 n’ est pas transposable tel quel. Il est soit à abandonner totalement -thèse du dépassement - soit à relativiser fortement au profit d’une longue montée d’un processus de socialisation au sein de la société civile toujours clivée par les rapports sociaux entre travail et capital.

* Le dépassement laisse entendre une très longue période de lutte et de changements ou des conquêtes sociales et écologiques peuvent succéder à des reculs.

* La rupture n’est pas nécessairement contraire à la vision gramscienne ci-dessus mais ajoute que tôt ou tard un rapport de force central intervient et qu’en cas de victoire doit être mis en place un dispositif alternatif de réformes radicales opérant « effet cliquet » de par sa constitutionalisation au sein d’un ordre juridico-politique nouveau. La phase de rupture signifie pour reprendre la formule de Lénine que les dominants ne veulent plus du pouvoir et que les dominés y sont candidats.

6 - Avec le socialisme, l’Etat est toujours là mais fonctionne différemment.

Or de par sa nature il ne peut fonctionner durablement au service des classes dominées, du peuple-classe. Il importe dès lors d’enclencher rapidement un processus de démocratisation pour le faire dépérir. Les modalités sont variables selon les écoles de pensée sur ce sujet.

7 - Le socialisme implique une transformation radicale du travail salarié.

Ce changement passe par le refus du travaillisme (travailler plus longtemps et plus vite) et par la réduction importante du temps de travail. Sous le socialisme à la différence du communisme le salariat existe toujours mais il change de nature. L’exploitation de la force de travail tend à disparaitre. Le travail domestique est pris en compte pour être partagé.

II - ELEMENTS POUR UN SOCIALISME NECESSAIREMENT DIFFERENT DE CELUI DU XX ème siècle.

Le socialisme du XXI ème siècle est un néosocialisme car éloigné du « socialisme de caserne » du XX ème siècle.

8 - L’enjeu d’un néo-socialisme du XXI siècle porte sur la priorité donnée à l’extension de la démocratie et des libertés civiles, sociales et politiques le tout sans naïveté face à la réaction des forces conservatrices et pro-capitalistes.

9 - Le socialisme c’est aussi la démocratie socialiste bien différente de la démocratie sociale (qui laisse le noyau dur du capital) et à fortiori de la démocratie libérale qui réduit la vie démocratique à une peau de chagrin. Le socialisme va donc de pair avec une démocratisation poussée notamment contre les marchés et au sein des entreprises. L’appropriation publique puis sociale s’accompagne de la planification contre le marché (point de débat) et d’une introduction de l’autogestion contre la division du travail dans l’entreprise (autre point de débat).

10 - Le nouveau socialisme ne saurait s’accommoder d’une haute bureaucratie enrichie sur le dos de la société même si l’Etat n’a pas disparu. Il y a lieu de distinguer entre les fonctionnaires agissant pour la satisfaction des missions d’intérêt général des hauts fonctionnaires couche d’appui du capital (1).

11 - Le nouveau socialisme ne saurait non plus s’accommoder du racisme et du sexisme ainsi que du militarisme . Ces maux n’auront pas totalement disparus mais ils seront beaucoup plus largement réduits que sous le capitalisme.

12 - Enfin, on ne saurait oublier que le socialisme va de pair avec la laïcité. Si l’on ne parle plus d’un socialisme hors sol mais de celui pouvant émerger en France alors il importe de le replacer dans la perspective républicaine revisitée. Le tryptique républicain Liberté, Egalité, Fraternité (Adelphité) ne saurait se rapprocher de celui de la France de Vichy : Travail, Famille, Patrie.

13 - La mondialisation du socialisme comme marche vers le communisme . En ce sens, une autre République historique française est à proscrire : Le socialisme authentique ne saurait s’accommoder de relations impériales ou néocoloniales puisque sa tâche internationaliste est de favoriser la libération des peuples-classes doublement dominés, dominé principalement par l’impérialisme étranger et dominé secondairement par leurs propres bourgeoisies compradores au service du capital.

14 - Le peuple-classe devenu dominant n’est à priori pas non plus contradictoire avec la reconnaissance de droits des minorités nationales opprimées et donc de la reconnaissance des droits spécifiques quand à la langue et à la culture. On ne saurait cependant aller trop loin dans cette voie. L’ethnicisation du peuple-classe n’est pas selon moi à conforter. Mais ce n’est peut-être pas l’avis des bretons qui m’écoutent.

15 - Enfin le peuple-classe dominant aura reconnu des droits de citoyenneté à tous les résidents étrangers tant en France qu’en Europe.

Il me faut conclure.

16 - Le socialisme comme mot d’ordre de notre temps.

De tout cela on voit que le socialisme est une perspective qui émerge naturellement comme une alternative aux processus en cours : financiarisation, marchandisation généralisée, appropriation privée, invalidation de la démocratie au profit de la gouvernance, destruction des services publics, montée du travaillisme, etc..

Christian DELARUE

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La Gauche Unitaire avait déjà évoqué le socialisme dans son Manifeste - ENSEMBLE POUR CHANGER DE GAUCHE ! . Cette introduction ne reprends pas son contenu.

NB J’avais présenté un amendement (repoussé) au premier congrès de la GU sur la République socialiste (au lieu d’évoquer simplement une République sociale sorte de capitalisme toujours dominant mais avec des services publics et la Sécurité sociale comme outil de contention des nuisances du capitalisme).

1) D’où la nécessité, à mon sens, de lutter pour une fonction publique resserrée sur la grille des qualifications et contre une République bananière qui enrichie par le pantouflage une mince couche de hauts fonctionnaires au service du capital. Mais je sors ici d’un simple présentation pour le débat.

Christian Delarue à gauche, Annick Monot à droite pour la présentation générale.


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