POSTCAPITALISME : Le socialisme comme société de transition entre capitalisme et communisme. C Delarue

mercredi 13 juillet 2011
par  Amitié entre les peuples
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POSTCAPITALISME : Le socialisme comme société de transition
entre capitalisme et communisme.

Si le choix « socialisme ou barbarie » est posé pour résoudre la crise de civilisation alors la question « quel socialisme » est aussi posée. Dire que les modes de vie et l’écologie sont un aspect important du nouveau socialisme ne suffit pas.

Le socialisme est passible de plusieurs interprétations, certaines s’accommodent du capitalisme pour peu que des réformes renforcent son volet social, d’autres dans la même veine entendent lui insuffler une dimension écologique et là on parlera de « capitalisme vert » et de solidarisme écologique. Mais il y a aussi les versions post-capitalistes dont certaines tendent à sauter la transition socialiste pour passer directement à un nouveau communisme, un « communisme des communs ».

Cette note s’intéresse au socialisme postcapitaliste qui n’est pas encore communisme. Le socialisme solidariste - Keynes plus l’ESS - n’est pas un vrai socialisme qui se veut lui post-capitaliste.

Dans cette conception d’inspiration marxiste (1) pour l’essentiel, le socialisme est une autre société qui n’est plus le capitalisme dominant et pas encore la société communiste autogérée. Le socialisme porte encore l’empreinte de la société capitaliste. Le post-capitalisme connaîtrait d’après Marx deux régimes relativement stabilisés avec le socialisme qui serait la phase inférieure du communisme qui serait lui sa phase supérieure. Lire ici Stéphane Haber (2)

Le postcapitalisme ne suppose pas une unité du capitalisme ni même une unité du socialisme.
- Il peut donc y avoir plusieurs systèmes socio-économiques et culturels que l’on nomme capitalisme car le mode de production tourné vers le profit et l’accumulation du capital y est largement dominant. Derrière la diversité apparente il faut percevoir l’unité fondamentale. Le capitalisme contemporain étend sur la planète les rapports sociaux d’exploitation et de domination au travail.
- Quant au socialisme, il peut lui aussi connaître des variantes : on évoque l’écosocialisme lorsque la prise en compte de l’écologie y est forte et on évoque le « socialisme arc-en-ciel » lorsque c’est la diversité culturelle qui importe alors que la « République socialiste » s’appuie elle sur un corpus républicain traditionnel encore fort, notamment pour les penseurs d’un « socialisme à la française ».

Le socialisme n’est pas le simple prolongement de ce qui ne serait pas capitaliste au sein des sociétés ou le capitalisme est dominant. Il est certes ce prolongement mais il ne s’y réduit pas. Il y a à la fois d’abord continuité mais dans la transformation et ensuite « rupture franche ». Le socialisme n’est pas simplement le prolongement de l’Etat social existant - celui institutionnalisé des services publics et de la Sécurité sociale - plus celui contractuel et solidariste de l’Economie sociale et solidaire. La montée en puissance de la transformation sociale au sein du capitalisme dominant s’appuie sur ces bases pour changer la société mais le socialisme n’intervient qu’après une rupture franche. C’est que cette fraction d’activités pour partie « hors du capital » au sein du capitalisme systémique est largement sous influence de la dynamique du capitalisme - notamment sa tendance à la marchandisation et à la rentabilisation qui tend à recouvrir tous les aspects de la vie sociale . Le capitalisme lorsqu’il est dominant tend à circonscrire et pervertir les logiques sociales et démocratiques des secteurs qui à priori fonctionnent sur d’autres principes .

Des éléments de l’ancienne société sont encore là. Cette « autre société » dans une compréhension marxiste du socialisme porte une forte atteinte à la propriété privée des grands moyens de production. Mais cette propriété privée n’a pas disparue pas plus que le marché et l’Etat. L’appropriation publique via les nationalisations débouche sur une appropriation sociale qui n’est que la démocratisation de l’Etat et le tout début de son dépérissement. Le travaillisme est lui fortement réduit notamment via une forte RTT mais il n’y a pas encore abolition du travail salarié.

Le socialisme a vocation à s’implanter dans un cadre supra-national et continental mais sa phase d’accroche initiale peut être nationale. Les débats ne sont pas encore tranchés sur cette question qui n’est pas que théorique mais surtout pratique et fonction de la lutte des classes. Néanmoins, une chose est sûre, les premiers pas du socialisme doivent rompre avec l’impérialisme et la domination des peuples-classes du sud et d’ailleurs.

Sur le contenu du socialisme lire les contributions rassemblées sur : Un très possible socialisme.

Christian DELARUE

Notes

1) « Critique du programme de Gotha » in Marx et Engels, Critique des programmes de Gotha et d’Erfurt, Paris, Éditions sociales, 1972.

2) Stéphane Haber « Pour une réappropriation contemporaine de la distinction marxienne entre socialisme et communisme
 », Cités 3/2010 (n° 43), p. 31-41.
URL : www.cairn.info/revue-cites-2010-3-page-31.htm.
DOI : 10.3917/cite.043.0031.

B. Amable, Les Cinq Capitalismes, Paris, Seuil, 2005

S. Haber, L’Homme dépossédé, Paris, cnrs Éditions, 2009.

Sur l’évolution de la pensée politique de Marx, voir A. Artous, Marx, l’État et la politique, Paris, Syllepses, 1998.
Sur la planification : P. Sereni, « Marx et le plan concerté, un bref retour » in Actuel Marx, puf, n° 47, 2010, p. 120-134.
Badiou, Zizek et al., L’Idée de communisme, Paris, Lignes, 2009.


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