Democratie et syndicalisme - Christian DELARUE

lundi 27 mars 2023
par  Amitié entre les peuples
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Democratie et syndicalisme

Introduction : Expérience du fascisme ou de fascisation des sociétés

Le syndicalisme défend le Travail (les travailleurs et travailleuses salariées, du public et du privé parfois des indépendant-es) contre le Capital (les propriétaires des bureaux et usines, des machines et qui passent les contrats d’embauche) . Il est d’essence conflictuel. En ce sens son action est encadrée pour être limitée. Il reste fondamentalement conflictuel
Conflictuel, ne signifie pas qu’il soit violent. La violence peut certes surgir comme une nécessité ponctuelle mais ce n’est pas son essence La conflictualité est de l’ordre proprement politique c’est à dire tout à la fois nécessaire et contenue par le droit d’une société non fasciste. Politique ne signifie pas ici faire les lois ou former un parti politique Le syndicat (et le syndicalisme) a son champ spécifique . Il se déploie mieux dans les régimes non fascistes qui reconnaissent la lutte des classes entre le Travail et le Capital.
Là il faut sans doute rappeler une évidence, ce n’est pas le syndicat et les salarié-es qui mènent la lutte de classe . Eux, ouvriers, employé-es, technicien-es, ingénieur-es, ils et elles résistent à la classe sociale dominante qui la mène la lutte (travailler plus, payer moins, etc, etc) et qui la gagne (le plus souvent). Et là il ne s’agit évidemment pas que d’un mince groupe oligarchique tourné à l’international comme on entend parfois par des militants nationalistes influencés par l’extrême-droite qui s’infiltrent dans les syndicats. En France comme dans d’autres nations il existe une classe dominante que l’on dit volontiers bicéphale de nos jours (néolibéralisme comme casseur de l’état social) avec une branche privée capitaliste et une branche publique (HFPE) qui mène un combat de classe à son profit

I - La reconnaissance du fait syndical reste limitée

Le syndicat doit être autorisé, par un système démocratique donné - fut-il en déliquescence et en proie à la fascisation - à proposer des revendications aux travailleurs-ses, revendications qui pourtant sont souvent conflictuelles car elles viennent percuter frontalement le Capital mais aussi et surtout la classe sociale dominante de la société.
Le syndicat doit aussi être autorisé à pouvoir disposer d’un cadre juridique et matériel pour que ses revendications soient discutées.
La démocratie syndicale doit pouvoir exister et vivre normalement pour que la revendication du Travail soit juste et légitime du fait de la discussion collective
La première revendication du Travail exprimée par le syndicat "à froid" ou mieux "à chaud », donc avec les travailleurs-ses (1) à ses côtés est donc de pouvoir l’exprimer sans violence, exprimer ses revendications dument légitimées car discutées dans un cadre pertinent et donc d’avoir un tel cadre pour ce faire.

II - Cause toujours...

Le système de la « démocratie réellement existante » - qui reste très restrictif - ne permet quasiment pas que les revendications du Travail soient réellement mises en oeuvre . Quand elles le sont elles sont alors travesties, diminuées, appauvries. L’injustice sociale de classe perdure donc. D’ou les mobilisations de rue : renvoi ici au texte sur grèves et manifestations : un travail syndical.
https://blogs.mediapart.fr/amitie-entre-les-peuples/blog/170323/greves-manifestations-un-travail-syndical
Le système de démocratie historique en application qui perdure reste fondamentalement injuste, et va même en mode régressif, avec des inégalités grandissantes notamment avec des ultra-riches alors qu’il y a trop de pauvres. Cela n’intéresse évidemment pas que les syndicats mais les syndicats ne peuvent que constater et combattre cette dérive issue de la "thatchérisation du monde". La solidarité des classes dominées (les travailleurs-ses de toute catégorie) par delà les frontières est une nécessité car les classes dominantes ne manquent pas de s’unir : on le voit pour la défense de la capitalisation par les 1% d’en-haut en Europe !
Et de plus, à la domination de classe - le classisme - sous tous ses aspects, se rajoutent trop souvent le sexisme (capitalo-patriarcat) et le racisme .

III - « ni classisme, ni sexisme, ni racisme »

Le syndicat prend en effet, de plus en plus, en charge quasiment toutes les oppressions et dominations - d’ou son « ni classisme, ni sexisme, ni racisme » - mais son "coeur de métier" historique est et reste la réponse au classisme sous tous ses aspects qui ne sont d’ailleurs pas réductibles à l’exploitation de la force de travail : faire travailler plus, payer moins, travailler mal avec tromperie du client ou de l’usager (ce qui fait souffrir les gens normaux) . La casse de l’Etat social qui s’approfondit avec la « thatchéristion du monde » l’interpelle nécessairement aussi car cette conquête est la chose du peuple-classe, des 99% de la population du pays.
Le système démocratique pertinent pour un syndicaliste authentique ne saurait être celui existant qui ne fait que reproduire le classisme et d’autres dominations ! S’ ajoutent de plus en plus le mépris de la nature, de la biodiversité.
Les classes dominantes et au-dessus d’elles les oligarchies de fait sont incapables d’assurer la justice sociale, fiscale, écologique, tant elles sont sous emprise de la finance.
Le rôle du syndicalisme est d’importance

Christian Delarue

1) Les travailleurs et travailleuses ne sont pas uniquement les ouvriers et employés sur-exploités et mal payés mais aussi des techniciens et cadres intermédiaires (sous le 1%) qui subissent eux aussi la domination de classe dans les structures d’emploi public ou privé.


Brèves

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