Refus du superimpérialisme : Ne pas passer du local au global en sautant au-dessus de l’Etat-nation.

lundi 11 octobre 2010
par  Amitié entre les peuples
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Refus du superimpérialisme :
Ne pas passer du local au global en sautant au-dessus de l’Etat-nation.

Altermondialisme : Une seule planète mais avec une autre France, une autre Europe, un autre monde.

La tendance est lourde dans l’altermondialisme de soit valoriser l’agir local au sens du quartier et de la commune soit de s’engager dans des combats à l’échelle du monde en défense d’une humanité-classe ou d’une multitude menacée par les décision anti-sociales et anti-écologiques des grands institutions internationales telles le G8, le G20 ou le FMI, la BM, l’OMC.

Lire contre le localisme mais sans référence à un agir « national » : Du local au global : Déclaration du CA d’ATTAC du 11/09/2010

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1276

Cette tendance évacue la question de l’Etat-nation qui structure encore et toujours les politiques contre les peuples-classes des différents pays ; lequel Etat permet aussi l’expression démocratique quoique dans un cadre restreint tout comme l’est le cadre d’expression par la grève et les manifestations de rue. Cette tendance qui évacue la place de l’Etat fait sienne de façon consciente ou inconsciente les thèses d’Empire de Négri et Hardt qui participent de la constitution d’une sorte de superimpérialisme mondial qui mettrait directement l’oligarchie mondiale contre la multitude.

Mais il n’y a pas de bourgeoisie mondiale. A la rigueur une classe dominante est concevable au niveau continental. Le lobby des entrepreneurs et du monde des affaires est réel et puissant en Europe. Il sert nettement les intérêts d’une bourgeoisie en réseau serré en Europe. Si le capitalisme financier tend à exercer son emprise au plan mondial via les grandes places boursières et que les institutions financières internationales confortent la marchandisation du monde cela n’indique en rien que le capitalisme exerce sa domination sans recours des Etats. C’est donc un niveau pertinent de l’action transformatrice en vue d’un autre monde.

On dira que l’altermondialisme est une pensée et une pratique d’émancipation humaine et non de transformation sociale et politique des institutions. Que cela est du ressort des partis politiques. N’est ce pas abandonner un champs important de la démocratisation et de la citoyenneté. Et pourquoi agir au niveau local pour le passage en régie de l’eau contre les sociétés privées, pourquoi vouloir au plan mondial déposséder l’OMC au profit de l’ONU des questions qui touchent les biens publics qui ne doivent pas être privatisés et marchandisés.

On dira alors qu’il s’agit de promouvoir les biens communs et la gestion de ces biens par les communautés de base, par socialisation directe sans passer par la nationalisation. Cela est sans doute possible comme est possible l’autogestion des petites entreprises. Mais cela ne va pas bien loin. L’Etat est toujours et à transformer pour aller vers le socialisme.

On dira alors que l’Etat est intransformable. Il est à détruire ou à faire dépérir mais sans conquête du pouvoir d’Etat directement par la montée de la gestion de la société civile, notamment via l’économie sociale et solidaire (ESS). Ici on ignore le clivage capital travail qui structure ladite société civile et on prête beaucoup de pouvoir aux coopératives et à l’ESS pourtant bien intégrées dans la marchandisation et assez peu anti-capitaliste.

Avec Jean-Marie Harribey, Stéphanie Treillet nous défendons une économie non marchande de la valeur d’usage et à travers cette perspective un alterdéveloppement national, continental et mondial tourné vers des objectifs sociaux et écologiques. Dans ce cadre la défense et la promotion de l’appropriation publique et sociale de certaines grandes entreprises ainsi que des services publics est essentiel. La nationalisation de certaines banques aux fins de constitution d’un pôle public bancaire s’inscrit dans ce cadre de lutte contre la dérégulation financière. Ce n’est là qu’un aspect d’une politique globale qui réhabilite l’impôt et les taxes mondiales. C’est un combat qui va à l’encontre du néolibéralisme et de sa rationalité marchande qui colonise l’Etat social résiduel.

Christian DELARUE

Une critique du superimpérialisme de Négri in Empire.

http://users.skynet.be/ippi/3t14tex.htm

Lire aussi Michel HUSSON sur son site


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