MPI / Déclaration de la société civile africaine : appel pour une interdiction des OGM.

mercredi 31 octobre 2012
par  Amitié entre les peuples
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Déclaration de la société civile africaine : appel pour une interdiction des OGM

Créé le mercredi 31 octobre 2012
Sur MPI (Mouvement paysan international) VIA CAMPESINA

(Please distribute and sign at www.acbio.org.za/activist)

Introduction

Nous soussignées, organisations de la société civile de l’ensemble du continent africain, appelons par la présente à une interdiction immédiate et totale de la culture, de l’importation et de l’exportation d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sur le continent africain.

Nous exhortons les gouvernements d’Afrique à prendre les mesures nécessaires à la protection de la santé de leurs populations, en soutenant le présent appel et en s’engageant à mener à bien, sur le long terme, des études indépendantes et faisant autorité en matière de sécurité alimentaire.

Nous appelons également les gouvernements d’Afrique à bien vouloir prendre note de nos objections supplémentaires concernant les OGM. Celles-ci concernent le brevetage du vivant et la privatisation de l’agriculture, qui a plongé les paysans, les communautés rurales et les peuples autochtones dans la dépendance vis-à-vis du monopole des entreprises semencières privées. Nous sommes par ailleurs extrêmement préoccupés par les impacts négatifs sur la biodiversité et les changements climatiques de l’agriculture industrielle basée sur la technique transgénique.

Nous ne pouvons ignorer l’épidémie de suicides qui a frappé les paysans indiens, résultat direct de la dépendance de ces derniers vis-à-vis du coton génétiquement modifié et des coûts croissants qui en résultent, sans parler de la dette ingérable qu’ils ont ainsi contractée.

Incertitude scientifique concernant la sécurité alimentaire

En septembre 2012, le Professeur Gilles-Eric Séralini et son équipe de recherche à l’Université de Caen, en France, ont publié les résultats d’une étude toxicologique de deux ans, lors de laquelle des rats nourris avec du maïs transgénique tolérant à l’herbicide de Monsanto, le NK603, et des résidus de glyphosate, ont développé des tumeurs et présenté des signes de lésions du foie et des reins. L’étude, révisée par des pairs, publiée dans une revue scientifique hautement respectée, a été la cible d’attaques violentes et nourries de la part de l’industrie des biotechnologies.

Cependant, un consensus scientifique a surgi de la controverse, selon lequel les méthodes actuelles utilisées par Monsanto et les autres entreprises du secteur pour tester la sécurité des aliments GM sont dangereusement inappropriées et que des études de long terme, indépendantes et publiques, sur la sécurité alimentaire de ces produits, doivent être menées à bien de manière urgente. Nous notons également avec une préoccupation certaine l’absence de protocole internationalement reconnu en ce qui concerne les tests d’OGM à long terme.

Le principe de précaution

Notre appel à une interdiction s’appuie sur le principe de précaution, qui stipule que face à une menace de préjudices sérieux ou irréversibles, l’absence de certitudes scientifiques totales ne peut justifier l’ajournement des mesures pour éviter ces préjudices. Ce principe est la pierre angulaire du Protocole de Carthagène sur la Biosécurité des Nations Unies, le seul accord à portée internationale sur les OGM. Même l’accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (accord SPS) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) soutient un tel moratoire dans ces circonstances d’incertitude scientifique.[1] <#_ftn1>

Le maïs est un aliment de base en Afrique

Nous insistons sur le fait que le continent africain est particulièrement vulnérable aux risques liés à la sécurité alimentaire, si l’on tient compte du fait que le maïs constitue l’un de nos aliments de base importants. Des millions d’Africaines et d’Africains consomment du maïs quotidiennement, sous forme semi transformée. Bien que l’Afrique du Sud soit le seul pays du continent à cultiver du maïs transgénique à l’échelle commerciale, des milliers de tonnes de maïs transgénique sont exportées vers divers pays africains depuis l’Afrique du Sud, tandis que les rayons des supermarchés du continent tout entier regorgent de produits à base d’OGM. De plus, des tonnes d’aliments transgéniques provenant des Etats-Unis et d’autres pays producteurs d’OGM sont distribuées aux Africains sous forme d’aide alimentaire.

Interdisons les OGM en Afrique

Reconnaissant que des millions d’Africaines et d’Africains ont consommé et consomment du maïs transgénique et d’autres produits GM à leur insu ou sans leur consentement ;
Et considérant le nouveau consensus concernant la nécessité de mener de manière urgente des études indépendantes, sur le long terme, portant sur la sécurité alimentaire de ces produits ;
Nous encourageons fortement les gouvernements d’Afrique du Sud (en sa qualité de producteur unique d’aliments GM sur le continent), ainsi que tous les autres gouvernements africains important des OGM ou des produits GM, à répondre de manière urgente à notre appel en faveur d’une interdiction.
Nous encourageons les décideurs politiques à suivre les recommandations de l’IAASTD (Evaluation internationale des sciences et technologies agricoles pour le développement, de l’anglais International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development). L’IAASTD recommande que les décideurs politiques abandonnent l’agriculture industrielle et les OGM, et se tournent vers les systèmes de production alimentaire appropriés aux millions de paysans et petits producteurs de par le monde, qui sont à l’origine de la plupart des aliments produits pour la population mondiale.

1] <#_ftnref> « Art 5.7—Dans les cas où les preuves scientifiques seront insuffisantes, un Membre pourra provisoirement adopter des mesures sanitaires ou phytosanitaires sur la base des renseignements pertinents disponibles, y compris ceux émanant des organisations internationales compétentes ainsi que ceux qui découlent des mesures sanitaires ou phytosanitaires appliquées par d’autres Membres. Dans de telles circonstances, les Membres s’efforceront d’obtenir les renseignements additionnels nécessaires pour procéder à une évaluation plus objective du risque et examineront en conséquence la mesure sanitaire ou phytosanitaire, dans un délai raisonnable. »


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