Le Honduras proche de la guerre civile dans l’indifférence générale Ch Ventura

mardi 24 novembre 2009
par  Amitié entre les peuples
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Le Honduras proche de la guerre civile dans l’indifférence générale par Christophe Ventura

Mémoire des luttes | Lundi 23 Novembre 2009

Le Président légitime Manuel Zelaya, réfugié à l’ambassade du Brésil, s’est vu lâché par Obama. Christophe Ventura, de Mémoires des luttes, analyse comment ce lâchage en rase campagne risque de faire basculer le pays dans des affrontements, comme l’annonce l’assassinat de deux gardes du corps de Zela

De l’ambassade du Brésil au Honduras, où il séjourne depuis le 21 septembre, le président constitutionnel du pays, Manuel Zelaya, ne baisse pas les bras. Surtout après la violation, par le gouvernement « de fait » conduit par Roberto Micheletti, de l’accord dit de San José-Tegucigalpa conclu le 30 octobre dernier sous la supervision de l’Organisation des Etats américains (OEA) et des Nations unies, avec le soutien des Etats-Unis.

Le gouvernement Obama, en négociant quelques jours plus tard avec les républicains, notamment avec le sénateur Jim DeMint (Caroline du Sud) pour obtenir de celui-ci son appui à la nomination d’Arturo Valenzuela au poste de sous-secrétariat d’Etat chargé des affaires interaméricaines en replacement de Thomas Shannon (actuel titulaire de ce poste, et qui deviendrait ambassadeur au Brésil), a totalement lâché Zelaya malgré les engagements qu’il avait pris. Dans ce misérable marchandage, le président, pour complaire à l’extrême droite républicaine, a accepté de reconnaître les résultats des élections nationales du 29 novembre au Honduras, avec ou sans retour préalable au pouvoir de Manuel Zelaya.

Il n’en fallait pas plus pour que les putschistes comprennent qu’ils avaient le feu vert des Etats-Unis pour rompre l’accord qui prévoyait le retour au pouvoir, avant ces élections, du président élu du pays, et cela dans le cadre d’un gouvernement dit de réconciliation nationale.

Ainsi, depuis deux semaines, le bras de fer a repris de plus belle entre les putschistes, Manuel Zelaya et le mouvement populaire regroupé au sein du Front national de résistance contre le coup d’Etat. Manuel Zelaya et le Front ont annoncé qu’ils ne reconnaîtront pas la légitimité d’élections organisées par la dictature. Pour sa part, le gouvernement « de fait » cherche à gagner du temps et à montrer un visage respectable et raisonnable au monde entier.

Un député européen en soutien des putchistes

Dernière manœuvre en date, la proposition de Roberto Micheletti de ne plus occuper la présidence du pays pendant huit jours, du 25 novembre au 2 décembre, afin de laisser les Honduriens se concentrer « sur le processus électoral et non sur la crise politique ».

Bénéficiant de relais politiques internationaux, il cherche à crédibiliser son image. Il a pu, par exemple, bénéficier de l’intervention de l’eurodéputé néerlandais Hans Van Baalen, membre du groupe de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe. Le 16 novembre, ce dernier, nouveau président de l’Internationale libérale, a fait du putschiste son vice-président en déclarant « qu’avec son courage, le président Micheletti a rendu possible un processus électoral démocratique au Honduras le 29 novembre, une grande et courageuse action en faveur de la démocratie »… Mais, dans le même temps, les 23 pays d’Amérique latine membres du Groupe de Rio ont déclaré qu’ils ne reconnaîtraient pas la légitimité de ces élections. Pour sa part, l’OEA a appelé, par la voix de son secrétaire général, José Miguel Insulza, a respecté l’accord du 30 octobre « sans subterfuges ».

A l’appel du Front, de nombreuses manifestations populaires continuent à avoir lieu dans les rues de la capitale hondurienne. Ainsi, le vendredi 20 novembre, devant les locaux du Tribunal suprême électoral.
Cinq mois après un coup d’Etat qui encourage les oligarchies latino-américaines à tenter de déstabiliser les gouvernements progressistes de la région comme on a pu le voir au Paraguay où le président Fernando Lugo vient d’éviter, il y a deux semaines, un coup d’Etat militaire – ici le feu vert de Washington aux putschistes honduriens prend tout son sens -, le bilan est lourd pour la démocratie et les droits de l’homme : plus de 3 500 personnes arrêtées par les forces militaires et policières, plus de 600 blessées et une centaine d’autres assassinées…

Les dernières victimes en date sont les deux agents de sécurité (Félix Noel Hernández et José Blas Romero) d’Ulises Sarmiento, dirigeant du Parti libéral, proche de Zelaya. Ces derniers ont été tués, jeudi 19 novembre, dans une attaque à la grenade contre le véhicule d’Ulises Sarmiento (les agresseurs pensaient que ce dernier était à l’intérieur) dans l’Etat d’Olancho. L’Etat d’où est originaire le président légitime…

De nombreux rapports d’Amnesty international et de la Commission des droits de l’homme de l’OEA ne cessent d’alerter sur la dégradation de la situation. Pourtant, à une semaine d’une échéance qui peut jeter le pays dans une guerre civile, la « communauté internationale » navigue entre ambiguïté et soumission à la trahison des Etats-Unis.

Mais tout cela laisse nos médias dominants de marbre.


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