FSE Istanbul 2010 : La solidarité des peuples-classe d’Europe face à la crise de l’UE et la crise des Etats-nations.

mardi 29 juin 2010
par  Amitié entre les peuples
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FSE Istanbul 2010 : La solidarité des peuples-classe d’Europe face à la crise de l’UE et la crise des Etats-nations.

La mondialisation du capital a ouvert bien avant les crises de 2007 et 2008 une double crise des Etats-nations de la triade. La crise de l’Union européenne est encore plus patente. Elle est loin d’offrir les perspectives attendues, y compris pour celles et ceux qui ne juraient que par elle. Ajoutons la crise mondiale du capitalisme sous de multiples formes (1) pour bien saisir que l’avenir est sombre pour beaucoup.

Si l’avenir est morose pour beaucoup c’est aussi le quotidien qui est source de souffrance pour les couches sociales les plus fragilisées. Face à la dictature des actionnaires se pose la question des convergences des luttes et donc d’un outil organisationnel pour les construire : Quid des forum sociaux ? Quid d’une nouvelle internationale. Quid d’un mouvement social européen ?

La question d’une force internationale des résistances et d’alternative se pose au plan européen. Le Forum social européen d’Istanbul va sûrement être l’occasion de rencontres pour avancer en ce sens. Entre les FSM à Porto-Alègre et les micro forum très décentralisés il y a place pour des rencontres aux niveaux intermédiaires (continentaux).

Quelles sont les grandes lignes de la mondialisation destructrice ? Que propose l’altermondialisation ? Un cran plus bas : quelles crises des Etats-nation d’Europe et de l’Union européenne ?

I - Le niveau mondial : Plus que jamais, la mondialisation du capital domine tous les processus de mondialisation. Mais cette domination n’est pas totale. Elle laisse place à des résistances.

A) Les transnationales et les actionnaires derrière le G20.

Le G20 est la façade politique de la domination économique transnationale. Les acteurs dominants de l’économie sont les dirigeants des grandes firmes transnationales. Sur la mondialisation du capital on renvoie à l’ouvrage de François Chesnais (2). Brièvement, on dira ici qu’il s’agit d’une montée en puissance de l’internationalisation sous trois formes : l’appropriation privée des entreprises, la marchandisation du monde et de la financiarisation. Seul les mouvements financiers sont mondiaux, les autres flux économiques s’étendent mais ne recouvrent pas la planète . Ce triple mouvement crée un ordre mondial hiérarchisé. La crise financière ouverte en aout 2007 vise à établir un autre régime d’accumulation contre la crise de rentabilité du capital (Odile Castel).

La financiarisation est l’effet de la libéralisation des capitaux (fin du contrôle des change avec l’accord de Marrakech créant l’OMC ) et de la titrisation tous azimut dans les quinze dernières années. La crise financière se décompose en une crise de la désintermédiation-titrisation mise en place dans les années 80 (1986 en France avec Beregovoy) , une crise de solvabilité et de profitabilité et une crise classique de
surproduction (Nicolas Bénies).

La financiarisation n’est pas un phénomène récent (cf Lénine 1916) . Nicolas Bénies en présente clairement sa particularité présente : Elle se rapporte à l’inversion des rapports traditionnels entre l’industrie et la finance : la finance a toujours été indispensable à l’industrie pour augmenter le taux de profit en permettant le renouvellement du
cycle du capital, la rotation du capital. Elle était subordonnée au cycle du capital industriel. Aujourd’hui, pour faire image, c’est l’industrie qui se met au service de la finance. C’est la finance qui détermine les critères et rythme le temps économique. Cette financiarisation se traduit concrètement par la tyrannie de l’actionnaire.

A la « guerre économique » internationale entre les entreprises s’ajoutent les guerres militaires entre les Etats. Dans les deux cas ce sont les travailleurs salariés qui subissent et plus largement les peuples-classe. On comprend qu’un mouvement de résistance et d’alternative se soit constitué sous le nom d’altermondialisation.

B) L’altermondialisation ou le mouvement de résistance et d’alternative.

L’altermondialisation s’organise au plan le plus global mais elle ne saurait ignorer le cadre national en survalorisant le cadre mondial. Il s’agit d’agir à tous les niveaux territoriaux pertinents : le local, le national, le continental et le mondial. L’action concerne la société civile (émancipation des peuples-classe) mais aussi les Etats (transformation politique et sociale).

Face à ce mouvement du capital, l’altermondialisation plaide pour la valorisation d’une économie non marchande distributrice de valeur d’usage. L’économie de marché dominée par le capitalisme doit donc être circonscrite. Comment articuler les pratiques alternatives réalisées ici ou là et le besoin d’offrir une perspective élargie d’alternative, la seule qui in fin est porteuse d’espoir.

L’altermondialisation lutte contre le classisme, le sexisme et le racisme pour fonder un monde de fraternité, de paix et d’égalité. La liberté n’y serait pas celle du « loup dans le poulailler ». La redistribution des richesses vers ceux d’en-bas serait un des axes majeur de cette politique alternative avec la question de l’appropriation sociale. Autant dire qu’on en est loin. La gouvernance néolibérale est au commande au sein du G20.

II - Le niveau national et continental : La double crise : celle des Etats-nations et celle de l’Union européenne.

Le niveau national et continental sont plus aisément accessibles. L’espace national conserve ses possibilités démocratiques fussent-elles réduites. Mais on remarque, sous l’effet de la mondialisation capitaliste, ainsi que la fait Jurgen Habermas (2 ) une crise de rationalité et une crise de légitimité. Cette double crise se réfracte sur les deux autres crises, celle de la forme nationale et celle de sa configuration sociale.

1) La crise de la forme nationale constitué par un territoire ou s’exerce la puissance publique.

D’où une crise de l’intervention publique nationale. Cette crise n’est pas compensée par une intégration équivalente ou supérieure au niveau continental. La crise de l’Union européenne est visible à chaque grande secousse de la crise financière. Entre crise de la forme nationale de l’Etat et l’impuissance de l’Union européenne à se constituer en proto-Etat capable de régulation économique et de construction de droits civils, politiques et sociaux renforcés pour le peuple-classe, l’Etat-nation n’a pas dit son dernier mot. La question du pôle public bancaire et financier se pose à son niveau.

Pour l’heure, l’Union européenne se construit au profit des bourgeoisies nationales des pays membres et ce du fait de la force importante des lobbies patronaux. A ce niveau, à ce jour, ni la gauche politique, ni les syndicats de travailleurs, ni les forces altermondialistes n’ont été capable de former une alternative crédible. Le forum social européen d’Istanbul peut-il être le lieu de rencontre de ces trois types de forces sociales et politiques susceptibles d’organiser la solidarité des peuples-classe d’Europe.

2) La crise de la forme sociale dite Etat-providence.

La crise sociale de l’Etat se manifeste par un transfert de la solidarité organique de haut niveau à une solidarité « infirmerie » de type familiale et associative à qui il revient de panser les plaies de la « guerre économique ». L’Etat français à la différence des USA a quand même conservé des structures de solidarité organique globale dont le rôle d’amortisseur de la crise sociale a été remarqué. Pas de visions trop noires, trop négatives donc mais percevons bien les processus destructeurs au plan social et écologique ainsi que démocratique, sociétal et géopolitique.

L’Etat reste un acteur majeur de la vie économique et sociale mais la classe dirigeante politique en lien avec les hauts fonctionnaires adeptes du pantouflage privé-public mettent franchement l’appareil d’Etat au service de la classe dominante. Le thème de la « réforme de l’Etat » depuis 1989 se ramène à la casse de l’Etat social (Husson) qui
réduit drastiquement les droits sociaux et politiques favorables aux travailleurs du privé et du public et de façon générale à l’ensemble du peuple-classe puisque les paysans et autres travailleurs indépendants ne sont pas épargnés. Les territoires sont vidés de la présence des services publics par la réforme de l’Etat et notamment sa dernière
mouture la Revision Générale des Politiques Publiques (RGPP).

Christian Delarue

Relire La Nation de Pierre Fougeyrollas

cf Nicolas Bénies in « De la métamorphose de l’Etat » in Sophie Béroud et
René Mouriaux L’année sociale 2001 Syllepses 2002.

2) Relire Habermas : La crise de l’Etat comme crise de rationalité et de légitimité.


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