Citoyennisme, classisme et stratificationnisme ! C Delarue

mardi 8 juillet 2014
par  Amitié entre les peuples
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Citoyennisme, classisme et stratificationnisme !

Il ne faut certes pas abandonner la démocratie (laquelle ? Celle « réellement existante » largement favorable à l’oligarchie ?) et le citoyen mais ce discours a-classiste et/ou a-social ne suffit pas ! Le citoyen, qui a ses droits sur un territoire donné voire sur plusieurs territoires (Union européenne), est aussi et surtout situé socialement dans la société dans laquelle il vit. Il a aussi des préoccupations écologiques face aux créanciers extractivistes (N Sersiron) !

Le citoyen peut subir le sexisme et le racisme. Il peut aussi avoir une appartenance culturelle ! Mais que ce soit telle ou telle grande région choisie, il y aura encore des oligarques néolibéraux à la tête des régions (cf notes) ! Ils se distinguent peut-être sur le plan culturel - de façon authentique ou par clientélisme - mais ils sont grosso modo d’accord au plan économique global : « croissance, croissance, croissance » ; donc productivisme, extractivisme, consommationisme et travaillisme ! Excusez des « ismes » !

Hypothèse et position : User de deux registres sémantiques et théoriques :

Dans le domaine de la consommation - le secteur de la circulation marchande et non marchande des biens et services - il importe de parler en termes de « couches sociales » (soit ce que l’on appelle le stratificationnisme pour les sciences sociales) et dans le domaine de la production des biens et et services il est bon de conserver une analyse en termes de classes sociales, soit le « classisme », analyse qui pourra être complétée par des analyses qui pointent la place des femmes et celle de la diversité.

1 - Hors travail : le dernier décile consomment et accumule !

Dans le domaine de la consommation, on peut pointer la place spécifique du dernier décile sur deux plans : il s’agit d’une couche sociale qui d’une a de forte capacité d’épargne et qui d’autre part sert de modèle de consommation aux couches sociales subalternes qui doivent les imiter, dans la mesure ou l’austérité qui les frappe le permet évidemment. Autrement dit les couches moyennes avant les couches modestes ! Le peuple social - les 90% d’en-bas qui ne sont pas le peuple-classe des 99% (1)- est ainsi appelé à soutenir la croissance dans la production et même plus modérément dans la consommation le productivisme de ceux d’en-haut, ici le 10% des plus riches qu’il s’agissent de cadres salariés, de patrons, de professions indépendantes ou libérales. C’est le dernier décile, dans les pays riches surtout, qui est le fer de lance de la reproduction du productivisme-consommationnisme-travaillisme.

Le discours sur la croissance s’adresse à tous mais surtout à eux ! Ils ne sont pas - par exemple - les seuls à rouler en automobiles - ils ont juste les modèles les plus récents et les plus chers - mais malgré la fin annoncée du pétrole ils vont demander la construction de nouveaux aéroports comme Nôtre Dame des Landes pour prendre encore plus d’avions. Une minorité du dernier décile va être sensible aux dégâts de la dite croissance au plan écologique et social. Mais ce n’est pas elle qui est écoutée ! Pas même pour sa dénonciation de l’obsolescence des choses et des biens et encore moins sur le pillage extractiviste !

La capacité d’épargne en fin de mois caractérise la sortie de la condition prolétarienne, prolétaire entendu ici au sens non marxiste, c’est à dire dans le champ de la circulation marchande. Et on ne voit pas pourquoi il faudrait ignorer cette conception non marxiste dans la mesure ou elle ne prétend pas tout dire d’une situation . Sorti du travail - mais le travail est important - celui qui dispose de 4000 euros par mois est dans une position de force face au marché puisqu’il est solvable alors que celui qui a deux fois moins doit faire attention car en fin de mois il peut être insolvable, c’est à dire en solde bancaire négatif. Dans tous les pays riches, c’est bien avec de l’épargne accumulé aisément ou difficilement que les familles achètent appartements ou maisons, des biens qui peuvent être conçus en rupture avec le productivisme dominant, si le budget suit ! Paradoxe : ce sont les couches sociales aisées (juste dessous le dernier décile) et riches (dernier décile) qui vont pouvoir acheter des maisons en bois dans des villages écologiques ! Le peuple social, lui va s’agglutiner dans des HLM ou de l’habitat à faible rendement énergétique !

Dans ce cadre, il faut rappeler l’utilité d’une production non marchande de services publics ainsi que de la fiscalité redistributive et de la lutte contre la dette illégitime ! Renvoi ici !

2 - Travail : le « classisme » perdure largement !

Dans la production il faut continuer à parler en termes de classes sociales puisque la notion de rapport social (de production) reste déterminante. Il y a bien d’un côté celui qui vous embauche soit par contrat (privé) soit sur statut (public) et de l’autre celui ou celle qui vend sa force de travail en échange d’un salaire ou d’un traitement. Dans ce cadre salarial, se posent encore toutes les questions de l’exploitation économique et de la domination de classe : travaillisme pour celles et ceux qui travaillent, souci du chômage et de la pauvreté pour les précaires. L’Etat social d’après guerre (1945-46) a limité du fait du rapport de force, pas par des « cadeaux », l’intensification du travail et à cédé aux revendications de RTT . Mais le maximum concédé par le patronat historique face aux syndicats est grosso modo de 33 heures hebdomadaires. Ce qui est insuffisant pour le « travailler tous et toutes » !

Je cite PA MUET sur Médiapart : La durée hebdomadaire moyenne du travail a toujours été plus élevée en France qu’en Allemagne et dans les pays européens plus développés. En 2009, dernière année disponible dans les statistiques de l’OCDE, la durée hebdomadaire moyenne du travail de l’ensemble des actifs s’élevait à 38 heures dans notre pays, nettement supérieure à celle de nos voisins, Allemands (35,7 h), Suédois (36,3 h), Britanniques (36,6 h), Suisses (35,1 h), Norvégiens (33,9 h), Danois (33,7 h), et a fortiori Hollandais qui, champions du temps partiel choisi, ont une durée hebdomadaire moyenne de 30,6 heures.

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/030111/35-heures-le-temps-de-travail-en-allemagne

Christian Delarue

Les oligarchies régionales

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/050714/les-oligarchies-regionales

Peuple social n’est pas peuple-classe

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/060714/peuple-social-nest-pas-peuple-classe

Le peuple social, celui qui épuise son revenu en fin de mois.

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/010714/le-peuple-social-celui-qui-epuise-son-revenu-en-fin-de-mois


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