BZH / Le peuple-classe breton ouvert sur le monde et sa diversité. C Delarue

mercredi 12 juin 2013
par  Amitié entre les peuples
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Le peuple-classe breton ouvert sur le monde et sa diversité.

Il sera question ici du peuple-classe breton 99%, ce qui intègre les résidents non bretons des 99% d’en-bas qui vivent en Bretagne, mais ce concept n’intègre pas les membres bretons de l’oligarchie politico-financière et les proches (le1% d’en-haut).

Cette précision étant faite passons à une critique du nationalisme de l’extrême-droite bretonne. Incomplète certes.

XX

Penser les peuples colonisés est possible (1) Mais quid du ou des « peuples colonisateurs ». Si l’on doit évoquer un anti-impérialisme douteux c’est sur ce thème. Non pas que ce soit totalement impossible mais le sujet est délicat. En effet, l’extrême-droite abonde de la notion de « colonie de peuplement ». C’est en quelque sorte son anti-impérialisme. Il en va de l’extrême-droite bretonne comme de l’extrême-droite française.

On ne peut parler de « colonie de peuplement » que si le processus est encouragé et massif dans la conscience d’une installation en territoire fraichement conquis. Cela s’est réalisé dans les iles devenues françaises en outre-mer et encore pas de façon uniforme. Dans les pays d’Afrique colonisés par la France cette installation des familles ne fut pas massif. Les mouvements indépendantistes ont bloqué ce processus. Dans la réalité historique il y aurait beaucoup de nuances à apporter à cette assertion en terme de « blocage ».

Il existe historiquement et actuellement des peuples colonisés mais il y a peu de peuple colonisateur. Il y a un peuple colonisateur israélien en Palestine car ce sont bien les familles de colons qui s’installent sur le territoire palestinien. Dans la plupart des processus impérialistes les colonisateurs sont les militaires, puis les administratifs et les hommes d’affaires. Les familles des colonisateurs restent en métropole. Ce qui accompagne les armées dans les colonies, ce sont les « bordels militaires en campagne » (dit BMC) pas les épouses ou compagnes avec les enfants.

Dans un second temps, lorsque la colonisation s’est installée et que la domination est accomplie et stabilisée, il peut y avoir des professeurs, des techniciens, des ingénieurs qui s’installent avec leur famille. A ce stade soit un processus de décolonisation s’engage assez rapidement pour aboutir à l’indépendance soit la colonisation devient stable et la conquête avérée.

La Bretagne a été conquise par la France il y a bien longtemps. La Bretagne est française depuis longtemps et nul ne réclame plus son indépendance. La question qui se pose à son égard est celle de la « diversité culturelle » avec respect de la culture bretonne et un développement non capitaliste de son territoire.

En 1986 une liste électorale composée notamment de la LCR (dont j’étais) et de l’UDB militait pour une telle politique en Bretagne. La Bretagne se pense dans le cadre français et de ce point de vue il importe de lutter contre le mal-développement en France.

Comme il existe un nationalisme français il y a un nationalisme breton avec les mêmes défauts. Mais ce nationalisme breton intervient alors que l’assimilation des bretons est réalisée depuis longtemps. La conquête de la Bretagne est une affaire oubliée. Il n’existe plus qu’une demande de respect de la culture bretonne dans le cadre de la promotion de la diversité des cultures mais il n’y a pas de demande d’indépendance politique de la Bretagne. Tout au plus existe-t-il une demande d’un cadre régional plus affirmé ce qui est tout différent. Cela ne nie pas l’insertion dans la France.

En fait, la question posée porte sur le type de République souhaitée. Depuis 1991, on sait que le droit français issu de la Constitution de 1958 ne reconnait pas l’existence d’un peuple corse. Il y a sans doute un peuple ethnique corse mais pas de peuple nation corse. Mais ce n’est pas seulement les juristes qui disent si une minorité nationale existe. Les anthropologues aussi peuvent remarquer si une dynamique nationale existe autour d’un projet politique. Au-delà, c’est tout habitant ou même un touriste qui le voit : « La preuve du pudding est qu’il se mange ! »

L’exacerbation de la notion de « nation française » donne très facilement sur son versant culturel un ethnocentrisme, une sorte de « francocentrisme » dit Adda Bekkouche (2), avec une conception homogénéisante de la République une et indivisible. Une critique mesurée est possible dans le sens de l’ouverture sans nécessairement basculer dans le multiculturalisme (3) Précisons que nous ne sommes pas là sur le versant « social » - celui des services publics - de la Nation . Le volet « gauche » de la Nation (4) doit se compléter d’ouverture (5).

Christian DELARUE

29/08/2012

1) PEUPLES SOLIDAIRES : Penser les peuples colonisés.

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article2390

2) La condition politique des français d’origine non européenne
Du mépris à la reconnaissance formelle Ed du Cygne

3) La laïcité avec la diversité culturelle et le social

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article2596

4) Ces services publics doivent être présents sur tout le territoire national français et de façon équilibrée. Il y a en ce sens une dialectique démocratique entre le local et le central à respecter pour réaliser un « socialisme arc-en-ciel ».

5) Renvoi au livre d’ ATTAC : Pour une politique ouverte d’immigration. Sylepses 2009.


Brèves

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