Avec Marcuse, la rencontre, le sexe, mais pas la prostitution (IV). C Delarue

jeudi 1er octobre 2015
par  Amitié entre les peuples
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Avec Marcuse, la rencontre, le sexe, pas la prostitution (IV).

Position pro-sexe
- Ne pas renoncer au sexe.
- Ni plaisir prohibé, ni plaisir obligatoire.
- Sexe pour soi avec autrui.

XX

- Marcuse réconcilie ce que Freud avait séparé, la sexualité et la civilisation.

La sexualité peut donc être civilisée.
On peut dire aussi que la sexualité participe de la dynamique générale de civilisation.
Ce qui s’entend comme de la création de liens de bonheur, de joie, d’une sorte de « transcendance horizontale » ie une élévation sans lien vers Dieu.
Ce qui s’entend comme dynamique relationnelle interculturelle.
Enfin, on peut aussi comprendre Marcuse avec l’idée que toute la pulsion ne doit pas aller à la civilisation via le travail.
Ce qui signifie qu’elle dispose d’autres voie pour aller vers la civilisation.

- Marcuse est un critique du rendement.

Marcuse est un critique du rendement, de la productivité, de la performance, de l’intensification du travail salarié (TS).
On sait que Jean-Marie Brohm a critiqué le sport de compétition comme étant la copie du travail salarié rentable, du travail mécanisé aliénant, qui dépossède le travailleur de la joie du travail..
Mais, le rendement à tout prix ne casse pas seulement le travail digne mais casse aussi, hors du travail, le sel de la vie, le désir, le plaisir.
Au final, la rentabilisation des activités détourne la pulsion d’un objectif de civilisation.

- Mais Marcuse n’est pas contre le travail.

Marcuse, pas plus que Reich et encore moins Fromm, sont contre le travail.
Ils reprendraient tous, très certainement, le principe de base de la vie sociale : « Nul(le) est exempt de la participation à l’existence sociale, sauf... » Le principe a bien évidemment des exceptions et des atténuations .Les jeunes, les retraités, les handicapés, etc... sont dispensés de cette participation. Ceux qui travaillent durement sur des postes pénibles devraient bénéficier d’une atténuation du principe avec des RTT supérieures. (A défaut d’un partage des activités prôné par le communisme. Chose qui apparaît utopique avec
l’accroissement de la division du travail.)

Dire avec Marcuse que toute la pulsion ne doit pas aller à la civilisation via le travail (salarié surtout) milite en faveur du travail salarié « sobre » inscrit dans une perspective de dépérissement du dit travail salarié ce qui passe par la lutte contre le travaillisme. TS sobre et anti-travaillisme sont des notions qui se complètent dans une perspective de dépérissement du TS, et non de son abolition.

S’il est utile et heureux de suivre Marcuse de nos jours car le travail c’est surtout le travail salarié, donc le travaillisme et le capitalisme, c’est qu’il ouvre un autre chemin.

- Deux autres chemins.

La pulsion devrait pouvoir aller aux activités sociales via la sublimation.
Elle va aussi à la consommation. Mais il faut distinguer ici la consommation vestimentaire utile à la séduction et la consommation de classe qui sert juste à poser sa position de classe face à autrui. Cette dernière consommation est anti-sociale et anti-écologique.

La consommation vestimentaire peut être purement narcissique ou être orientée vers la rencontre d’autrui. Ici c’est bien avec Marcuse et Reich que la pulsion, la libido peut aller au sexe et à la jouissance selon un mode civilisé pour peu qu’il y ait rencontre d’autrui.

La rencontre d’autrui n’est évidemment pas l’acte d’agression violente mais c’est aussi plus que solliciter un consentement formel, surtout accompagné de rétribution financière. La rencontre exclue donc la prostitution, mais sans doute plus encore, alors que l’argent n’entre pas en ligne de compte. La rencontre suppose, à mon sens, que la personne de l’autre soit intégrée dans une dialectique sujet-objet. Ce que résume l’expression : « Sexe pour soi avec autrui ».

- Dispositions pour la prostitution ?

Peut-on distinguer deux types d’humains et notamment d’hommes en rapport au sexe en-dehors de la division importante (car politique) entre érotisme de jouissances partagées et érotisme « sadien » de souffrances imposées ?

Dans un chapitre « Le rôle de la pulsion » W Pasini distingue chez les humains le type animal du type amoureux. Cette distinction proche de celle entre le type libidinal et le type romantique (V Daoust) n’est valide que pour les personnalités extrêmes qui ne mélangent pas les deux dispositions et qui montrent aisément être dans un registre nettement « animal » ou « amoureux ».

Voici ce qu’écrit W Pasini : « Dans le premier le désir pulsionnel domine. Les besoins suivent des rythmes intérieurs, qui partent de l’imaginaire ou de sensations physiques, sans que les évènements extérieurs soient déterminants. Ces hommes et ses femmes sont proche de la nature, de la dimension animale du désir, qui n’est guère éloigné du besoin. Pour le second type, plus monogames, ils vivent des passions intenses à condition que l’objet d’amour les stimule de façon adéquate. Ce genre de comportement est plus culturel et moins biologique que le précédent ».

- Une civilisation de rencontres sans prostitution.

Au delà de cette question non tranchée sur les types d’hommes (et de femmes), et qui n’apparait pas dirimante, il revient à la société d’avancer vers plus de civilisation et de s’opposer à la prostituion .

Mais cette opposition ne saurait se faire en proposant l’abstinence ou le sexo-séparatisme mais plutôt d’une part un certain savoir sur le désir (ce qui le tue et ce qui l’épanouie) et d’autre part une philosophie et une politique ouverte de la rencontre hétérosexuelle ou homosexuelle, pleinement libre, pacifique, en dialectique sujet-objet (soi-autrui).

L’ouverture à la rencontre est une chose, la durée et la forme d’une relation en est une autre écrit Paul Salomon (dans Bienheureuse infidélité). Se dire « pro sexe » ne signifie pas nécessairement préférer que le sexe par des relations renouvelées ; il peut s’agir aussi de partager une relation amoureuse, avec sa phase fusionnelle, son romantisme.

Christian DELARUE
- 2 - 3 - 2013


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