Traduction néomarxiste du livre de Régis Bigot : « Fin de mois difficiles pour les classes moyennes »

jeudi 22 mars 2012
par  Amitié entre les peuples
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TRADUCTION NEOMARXISTE DU LIVRE DE REGIS BIGOT

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Fins de mois difficiles pour les classes moyennes
Régis Bigot, CREDOC, Editions de L’Aube

La notion de classe moyenne ne me convient pas. Je ne m’en explique pas ici. D’emblée, je vais présenter une « traduction » néo-marxiste du livre cité de Régis Bigot.

Néo-marxiste car je ne considère pas seulement la sphère de la production comme les marxistes orthodoxes. Cette dernière a son importance. Mais j’ajoute - surtout ici dans cette note - c’est le rapport au marché dans la sphère de la circulation marchande qui est décisif. C’est la question de la solvabilité et celle de l’épargne. Certains ont des fins de mois en dessous zéro, d’autres à zéro, d’autres « difficiles » comme dit Régis Bigot.

On y lit un autre langage que celui de Régis Bigot qui tient lui à
conserver le concept de « classes moyennes » (au pluriel). R Bigot propose sa partition de la société, en tranches de 10 %. Je respecte ces tranches et les chiffres qu’il donne mais je propose un mode de
classement différent. Les chiffres que j’utilise sont d’ailleurs
consultable sur le web dans un article de Julien Damon publié dans Les Echos et intitulé « Une photographie des classes moyennes ».

http://archives.lesechos.fr/archives/2010/LesEchos/20633-59-ECH.htm

Régis Bigot a renouvelé ses études car dans une antérieure il parlait en terme de niveaux de vie ce qui est très différent de parler en terme de niveaux de revenus.

Le sous-prolétariat ne peut que survivre dans un état de pauvreté. Il ne dispose mensuellement (pour une personne seule) que de moins de 780 euros. C’est la première tranche de 10%.

Les prolétaires sont aussi ceux qui « ont des fins de mois difficiles ». Face au marché, ils épuisent le salaire dans le mois. Ou du moins ils épargnent très peu. Les prolétaires sont ceux au-dessus des
sous-prolétaires. Ce sont - en terme de tranches de 10% - tout à la fois les « modestes » et les « classes moyennes » qui gagnent au mieux moins de 2600 euros. Ce niveau de 2600 euros représente grosso modo la limite de franchissement de ceux qui passent au-dessus à un mode de vie plus aisé, plus détaché du calcul « pour faire le mois ».

Au-dessus des sous-prolétaires, les prolétaires les plus modestes
doivent péniblement vivre avec moins de 1.120 euros, soit le sommet de la seconde tranche.

Les prolétaires des classes moyennes (qui forment 60 % de la population) sont subdivisés en deux moitiés (trois tranches/trois tranches). La classe moyenne « inférieure » (30 %) dépassent ce seuil de 1.120 euros et se trouvent sous un plafond de 1.750 euros. Au-dessus de cette somme, la limite pour les classes moyennes « supérieures » (30 % de la population) est à 2.600 euros. La classe moyenne inférieure connait des « fins de mois difficiles » mais aussi une large fraction des classes moyennes « supérieures ».

Il faut y lire, à suivre Régis Bigot, le poids de l’inflation et des dépenses contraintes. Les loyers sont devenus très chers. Certains ont des frais de transport très élevés. Bref, avec 2400 à 2600 euros net par mois il arrive à certains, pas à tous, de ne pas pouvoir « économiser » et d’être à zéro en fin de mois.

Au-dessus des prolétaires on a la petite-bourgeoisie (20%) subdivisée en deux tranches : la petite bourgeoisie « faiblement aisée » (PBFA) et la petite-bourgeoisie « très aisée » (PBTA). La dernière tranche comprend aussi la bourgeoisie tout en-haut. Elle est souvent oubliée. Le patronat navigue aussi bien en zone « faiblement aisée » qu’au dessus. Idem d’ailleurs pour les cadres et les professions libérales.

Les « faiblement aisés » se situent entre 2.600 euros et 3.010 euros.
Au-dessus de 3000 euros, on trouve la dernière tranche, les 10 % de « hauts revenus ». Le début de la richesse serait donc à 3010 euros.

Mais Bigot précise utilement ici que les Français considèrent - aspect subjectif après enquête - que l’on est riche à partir de 4.660 euros de revenus mensuels (ce qui, en termes de niveau de vie, concerne 3 % de la population). Dans son livre, il indique que cette appréciation varie selon la situation dans l’échelle des revenus. Ceux qui disposent de 1500 euros le voient plus près de 3800/4000 alors que ceux percevant plus de 2000 euros voient ce niveau de richesse vers 5000 euros.

Ce n’est donc pas un hasard si F Hollande a déclaré que les riches
débutaient à 4000 euros net par mois. Des « petits » riches à côté des
très gros du système hyperfinanciarisé. Le mouvement altermondialiste met l’accent lui sur le 1% d’en-haut et même sur la limitation des revenus au sein de ce 1%.

Christian DELARUE


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