Réponse marxiste au texte “néo-marxiste” sur les « trois petites-bourgeoisies ». M Lequenne

dimanche 17 novembre 2013
par  Amitié entre les peuples
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Débat M Lequenne / C Delarue sur la petite-bourgeoisie.

Les trois types de « petite-bourgeoisie » - Médiapart

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/150911/les-trois-types-de-petite-bourgeoisie?

XX

Réponse marxiste (de Michel Lequenne) au texte “néo-marxiste” sur les « trois petites-bourgeoisies ».

Une conception bourgeoise de la petite bourgeoisie.

Les conceptions bourgeoises de la petite bourgeoisie, ou “classes moyennes”, envisage des niveaux, fluctuants, de montant des revenus, et non pas de l’origine de ces revenus. Cela a abouti au mot accusateur de “bobo” (bourgeois-bohèmes) qui atteint des travailleurs qualifiés et intellectuels ou techniciens, qui ni bourgeois (dont le revenu est constitué d’actions ou d’un petit capital) ni bohèmes parce que travailleurs de plus en plus surexploités, soumis à de horaires supérieurs à la loi, et jusqu’au stress qui peut les conduire au suicide).

De plus en plus de travailleurs à plus ou moins hauts salaires comprennent leur statut de “prolétaires”, il est vrai d’aristocratie ouvrière, mais étant de plus en plus (à la différence de l’aristocratie ouvrière du passé), comme ceux d’en bas mis en concurrence les uns avec les autres, sans ménagement et souvent sans possibilité de retrouver du travail.

Pour Marx, la petite bourgeoisie n’était pas une classe, mais une masse fluctuante, allant des classes anciennes, de la noblesse à la petite paysannerie et des petits commerçants ou artisans à petit capital aux professions libérales...), tous groupe oscillant entre les classes fondamentales : bourgeoisie (vivant du revenu de capital) et prolétariat( dont le revenu est celui de la vente de leur force de travail, que celui-ci soit manuel ou intellectuel, aujourd’hui de plus en plus manuel-intellectuel – voir Le Capital, fragments du Livre III.

Aujourd’hui, les petits fonctionnaires, et en particulier les enseignants, que Marx plaçait dans la petite bourgeoisie, sont tombés dans le prolétariat. Inversement, des “cadres” et techniciens, de haut niveau, dont le revenu est en partie constitué par des actions ou d’autres types de miettes de revenu du capital, tombent dans la petite bourgeoisie.

Cette quasi classe petite bourgeoise oscille au gré de leurs intérêt dans le chaos de la lutte de classe. Trotsky a particulièrement étudié, dans les processus révolutionnaires, ces oscillations, que nous voyons clairement nous mêmes aujourd’hui, par exemple dans la crise bretonne.

Cette réalité de la petite bourgeoisie n’apparaît évidemment pas dans la sociologie bourgeoise, colportée par les merdias, à des fins politiques fort claires : diviser le monde du travail !

Michel Lequenne.

XX

Le dernier décile d’en-haut ou la petite-bourgeoisie aisée et celle riche.

Réponse à Michel Lequenne.

Niveau et origine des revenus. Il ne s’agit pas de choisir entre « montant des revenus » et « origine de ces revenus » mais de lier ces deux éléments de la réalité économique et sociale qui concernent le volet production (l’exploitation, le travaillisme) et celui de la circulation marchande (pouvoir d’achat) dans une analyse des classes et couches sociales. Ce n’est pas toujours ce qu’a fait le marxisme orthodoxe qui s’est focalisé sur la production en posant le rapport social entre exploités et exploitants, entre travailleurs salariés et patrons ou capitalistes. Ce faisant il a « oublié » le rapport social de solvabilité face au marché des biens et services, ie face à la richesse marchande (prix) ou non marchande (tarifs). La question de l’accès aux biens et service n’est pas sans intérêt même si elle n’est pas première.

Ce niveau élevé des revenus n’est pas sans intérêt pour comprendre les travailleurs du décile supérieur, les 9% sous le 1% oligarchique. C’est ici que l’on trouve l’essentiel de la couche d’appui du capital (pas qu’eux) car ces travailleurs salariés ou indépendants sont aussi des propriétaires de capital (à hauteur moyenne de 20% dit Picketty).

Je suis d’accord avec Michel Lequenne lorsqu’il écrit : « De plus en plus de travailleurs à plus ou moins hauts salaires comprennent leur statut de “prolétaires” », mais il ne présente ici qu’un aspect de la réalité. Les travailleurs « cadre » sont certes des travailleurs salariés donc dominés et exploités mais ils sont aussi du fait de leur position sociale dans la hiérarchie des dominants. Ils le sont à deux titres comme autorité d’encadrement (cadres intermédiaires) ou de commandement (cadres supérieurs) et comme titulaires de hauts salaires. Lorsque l’on perçoit plus de 3000 euros net et plus encore plus de 4000 euros net il est quand même sain et juste de saisir que l’on est plus dans la même situation que celles et ceux qui perçoivent moins de 4000 ou 3000 euros. Il n’y a quasiment plus de problèmes de fin de mois. Il y a corrélativement forte possibilité d’épargne et donc de constitution d’un patrimoine.

Je suis encore d’accord avec Michel Lequenne lorsqu’il écrit que « pour Marx, la petite bourgeoisie n’était pas une classe, mais une masse fluctuante ». Je le suis encore largement mais pas totalement lorsqu’il précise « allant des classes anciennes, de la noblesse à la petite paysannerie et des petits commerçants ou artisans à petit capital aux professions libérales...), tous groupe oscillant entre les classes fondamentales : bourgeoisie (vivant du revenu de capital) et prolétariat( dont le revenu est celui de la vente de leur force de travail, que celui-ci soit manuel ou intellectuel, aujourd’hui de plus en plus manuel-intellectuel – voir Le Capital, fragments du Livre III. » Mon apport, à la suite d’Alain Bihr (quoique de façon différente) est de saisir la position particulière des prolétaires-cadres qui objectivement et subjectivement peuvent se rattacher à la petite-bourgeoisie.

Je remarque d’ailleurs qu’il est d’accord avec mon analyse puisqu’il écrit : « Aujourd’hui, les petits fonctionnaires, et en particulier les enseignants, que Marx plaçait dans la petite bourgeoisie, sont tombés dans le prolétariat. Inversement, des “cadres” et techniciens, de haut niveau, dont le revenu est en partie constitué par des actions ou d’autres types de miettes de revenu du capital, tombent dans la petite bourgeoisie. » Dont acte.

Il ajoute, et je suis encore d’accord : « Cette quasi classe petite bourgeoise oscille au gré de leurs intérêt dans le chaos de la lutte de classe. Trotsky a particulièrement étudié, dans les processus révolutionnaires, ces oscillations, que nous voyons clairement nous mêmes aujourd’hui, par exemple dans la crise bretonne. »

Christian Delarue


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