Crise des souverainetés et émergence du peuple-classe. JJ Lakrival

vendredi 5 juin 2009
par  Amitié entre les peuples
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Crise des souverainetés et émergence du peuple-classe.

Sont appelés à la barre en défense du peuple, Daniel Bensaïd, Denis Collin et Christian Delarue.

La crise des souverainetés ouvre une brèche peut-elle permettre de consolider les pouvoirs et les droits du peuple-classe, voire d’établir sa possible souveraineté ? Il revient à Daniel Bensaid d’avoir fait le lien entre la crise des souverainetés et la disparition du peuple. Lire ci-dessous. Il revient à Christian Delarue d’avoir fait émerger théoriquement le peuple-classe en distinguant deux peuples d’une part le peuple-classe dominé à défendre et d’autre part le peuple-nation, cache-sexe de la domination de la bourgeoisie, celle-ci n’étant en terme politico-juridique qu’ « une section de peuple » et en terme sociologique et politique, la couche dominante au sein des sociétés capitalistes.

La vocation des peuples-classe du monde à la souveraineté. C Delarue
ou 11 THESES SUR LA SOUVERAINETE DU PEUPLE-CLASSE

La souveraineté du peuple-classe s’appuie sur l’alter-démocratie
ALTERDEMOCRATIE / AUTRE DEMOCRATIE : LE TRAJET ET LE BUT. C Delarue

Deux conceptions de « l’autre démocratie »

Les trois types de démocratie : la libérale, la sociale, la socialiste.

ou Les trois configurations démocratiques : libérale, sociale, socialiste.

Cette configuration démocratique se situe, pour reprendre la critique de Denis Collins entre démocratie usurpée (par la bourgeoisie) et démocratie « chaude » ou démocratie communiste (conseil, soviet, Commune de paris) ? Lire « La démocratie comme idéologie » par Denis Collin

Les premières lignes du texte de Denis Collin porte sur ce qui est despotique avec l’idée de la République contre la « démocratie despotique ». La suite tient en 4 propositions :
1 - la démocratie comme idéologie d’une fraction de peuple,
2 - L’exception de la démocratie communiste (commune, soviet, conseil), 3 - Rupture avec l’idée de démocratie sans Etat,
4 - Admission de l’Etat de classe conflictuel.

Crise des souverainetés. par Daniel BENSAÏD

Constitue la première partie de Souverainetés et Empires
Source : édition La Brèche

http://www.preavis.net/breche-numerique/article691.html

1. S’il est courant d’évoquer la crise des souverainetés, il est plus difficile de savoir ce que parler de souveraineté veut dire. Le terme est chargé de significations multiples, non seulement politiques mais aussi théologiques. Il est au moins à double tranchant, la souveraineté moderne englobant sous un même mot les attributs (internes et externes) de la souveraineté étatique et l’exercice démocratique de la souveraineté populaire. Cette confusion se retrouve dans l’usage journalistique répandu en France du néologisme péjoratif de « souverainisme ». Alors qu’un vocabulaire fourni permet déjà de dénoncer le nationalisme, le chauvinisme, ou la xénophobie, le terme nouveau vise indistinctement des formes contemporaines de nationalisme réactionnaire et des aspirations populaires à la souveraineté démocratique dont l’offensive libérale entend se débarrasser.

2. En ce sens, la crise de souveraineté ne fait que déplacer une question plus fondamentale, celle de la disparition de la notion de « peuple » en tant que sujet et acteur du pouvoir constituant. Toujours problématique, la catégorie de peuple devient en effet de plus en plus incertaine. Elle a rempli une double fonction : comme communauté imaginaire d’appartenance et comme sujet collectif de la représentation démocratique. En elle se nouait la tension entre l’aspiration à une universalité démocratique et la clôture d’une identité nationale particulière. Le « peuple français » s’est ainsi constitué historiquement à travers les proclamations de la Révolution française, les expériences historiques, les guerres et les révolutions. Mais qu’est-ce qu’un peuple ? Existe-t-il vraiment quelque chose que l’on puisse définir comme un « peuple européen » ? Et que signifie « un peuple corse » ? Devant ces questions, Habermas conclut à « l’absurdité du prétendu droit à l’autodétermination » dont le bénéficiaire serait devenu indéfinissable. Avec la dissolution du peuple entrerait en crise la construction symbolique qui a transformé l’Etat moderne en Etat-nation. Vidée de substance et d’enjeux par la privatisation généralisée du monde, la sphère publique elle-même se réduit comme une peau de chagrin au point de devenir fantomatique. Nous serions ainsi, affirme Balibar, dans « un entre-deux intenable », postérieur à la souveraineté nationale classique et antérieur à l’avènement de souverainetés post-nationales qui restent à définir.

3. Ce qui est en réalité à l’ordre du jour, c’est une crise asymétrique des souverainetés et une redistribution des rapports entre des Etats qui ne sont pas parvenus à se consolider comme Etats-nations, d’autres qui ne peuvent le demeurer, d’autres encore qui entendent modifier la hiérarchie des pouvoirs et des dominations. Ainsi, alors que la rhétorique libérale s’emploie à dénigrer comme obsolète et archaïque la souveraineté des dominés, celle des dominants se porte plutôt bien, qu’il s’agisse de l’empire américain, dont « l’unilatéralisme » (qu’il s’agisse des interventions militaires et du prétendu « droit d’ingérence » à sens unique, de la non ratification de Kyoto, ou de la non ratification du Tribunal pénal international) n’est que le nom pudiquement attribué à l’usage forcené de sa souveraineté ; ou qu’il s’agisse de « l’Europe puissance » dont se gargarisent les dirigeants européens.

4. Si l’on s’en tenait à la définition schmittienne du souverain, comme celui qui décide de l’Etat d’exception, le discours de George W. Bush du 20 septembre 2001, décrétant le monde en état de guerre et d’exception illimité au nom de la lutte contre le terrorisme, serait l’acte souverain par excellence : celui de la force qui impose son droit.


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