Bunkérisation du service public, un concept de résistance à l’impérialisme des libéraux. C Delarue

lundi 8 juin 2009
par  Amitié entre les peuples
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Bunkérisation du service public, un concept de résistance à « l’impérialisme » des libéraux.

dimanche 7 juin 2009 (11h26) sur Bellaciao

Avec la crise systémique qui s’approfondie, les libéraux ne cèdent en rien face à la contestation, bien au contraire. Nous ne paieront pas votre crise ! disent les grévistes et manifestants. Si si disent les dirigeants politiques libéraux qui soutiennent l’offensive des sociétés transnationales comme des PME.

L’apparition d’un terme qui signifie résistance à l’agression.

*Le terme bunker a été employé récemment par les libéraux à propos de l’hôpital et de l’université. Valérie Pécresse déclare vouloir « mettre des sciences humaines partout et ne pas les « bunkeriser » ». Et le syndicat des médecins libéraux à propos de l’hôpital dit lui que « Toute réflexion sur les urgences hospitalières doit intégrer la coordination avec les médecins libéraux, la régulation et le nécessaire partage entre ce qui relève de la ville et ce qui relève de l’hôpital. Toute autre attitude reviendrait à « bunkeriser » l’hôpital, ce qui serait un défi au bon sens et à l’efficience ».

*De quoi s’agit-il ? Le bunker est une fortification pour se protéger des attaques. Le terme bunkérisation plus que celui de bunker présuppose une dynamique conflictuelle. Comme tous les termes terminant en « on » il indique un processus social et non un état ou une photographie. La bunkérisation est historiquement un contre-processus, une dynamique sociale et institutionnelle de résistance à la tendance lourde du néolibéralisme et de sa triple logique « privatisations, marchandisation, financiarisation » Ces logiques se sont déployées avec force depuis les années Reagan et Thatcher et plus intensément encore depuis la création de l’OMC en avril 1994 (mise en place le 1er janvier 1995). Pour simplifier on peut retenir que la bunkérisation s’oppose frontalement aux libéralisations qui ont fait sauter les rigidités systémique du « capitalisme social » d’après guerre. L’imagerie militariste reflète bien la présence d’une « guerre économique » qui aurait pour effet de destruction le chômage, la précarisation, les déclassements sociaux, etc.

En ce premier semestre 2009, les termes du conflit contre Pécresse et Bachelot mais aussi contre toutes les réformes libérales sont connus : les libéraux défendent l’extension de la logique marchande ou tout se vend et tout s’achète et c’est mécaniquement la logique de service public qui est en résistance, sous bunker comme ils disent. Les libéraux défendent aussi les privatisations et ce sont les usagers des biens publics qui résistent à cette appropriation privée, à cette dépossession. Les « privatisateurs » s’approprient un bien public qui fonctionne bien et qui est rentable . Seul ce qui est susceptible de se vendre et de dégager du profit intéresse les bénéficiaires des privatisations . Le non rentable est laissé à la collectivité qui elle même l’abandonne. La logique capitaliste et marchande ne s’intéresse qu’à la satisfaction des seuls besoins solvables et rentables.

Le socialisme ou le capital en bunker !

Les libéralisations (privatisations, marchandisation, financiarisations) sont porteuses de mal développement territorial (de développement inégal et combiné). A la concentration de richesse sur et pour une classe sociale - la bourgeoisie - correspond la concentration territorialisée d’activités productives sous critères de rentabilité capitaliste. Le néolibéralisme inverse la tendance antérieure qui cherchait à combler le « désert français ». L’Etat et la RGPP participe de ce ressèrement du maillage territorial.

En contre tendance, il n’y a que le socialisme pluriel et la logique de planification démocratisé et de service public pour proposer une alternative. Cela signifie que ce socialisme propose un alterdéveloppement qui se veut politique et non pas économique capitaliste (rentabilité), qui contrecarre le mal-développement caractéristique du capitalisme. Bunkériser un champ politique c’est alors permettre de protéger un champ d’intervention démocratique et même de l’étendre face à l’impérialisme de l’économie marchande qui ignore le citoyen pour promouvoir le seul consommateur solvable achetant des produits standardisés qu’il n’a pas choisi de produire. Le socialisme démocratique propose un alter-développement qui se veut une réponse aux besoins sociaux de tous et toutes et non la satisfactions des intérêts immédiats d’une minorité celle notamment qui dirige les entreprises capitalistes. En conséquence, le socialisme démocratique est seul en capacité de déconcentrer les villes et de valoriser les campagnes et les quartiers délaissés ce que le capitalisme est incapable de faire. Seul le socialisme démocratique peut enclencher des nationalisations offensives qui dépossèdent la minorité qui s’était accaparée les biens publics : eaux, gaz, électricité, logements, santé, école, transports... pour satisfaire gratuitement ou selon la péréquation tarifaire le peuple-classe dans le respect de l’environnement. L’écologie n’est pas avec l’éco-socialisme sous la seule responsabilité des consommateurs, les producteurs restant libres de produire des biens nuisibles et à obsolescence rapide. Seul le socialisme démocratique s’adresse à des usagers qui sont aussi des citoyens mais pas des clients. La péréquation tarifaire fonctionne à l’opposé du système des prix du marché et de la nécessaire solvabilité.

Seule la démocratie socialiste, parcequ’elle se déploie dans tous les champs sociaux de la vie humaine, est en capacité de renverser la domination de la valeur d’échange pour renforcer la valeur d’usage. Ce faisant c’est la survie des générations futures et la sauvegarde de l’écosystème qui devient possible. Seul le socialisme peut être vert. Le capitalisme vert présuppose le renforcement des inégalités puisqu’il doit passer par la logique de solvabilité marchande, de rentabilité organisationnelle et de profitabilité capitalistique . Sous le socialisme le chômage est en voie de résorption et le travailleur est respecté sans considération de performance. Le capitalisme porte en lui la division entre les sans emploi d’un côté et des travailleurs sous tension de l’autre côté. Le socialisme démocratique assure la réduction drastique du temps de travail pour que tous et toutes puissent participer à la production sociale de l’existence. Rien à voir avec la logique capitaliste ou certains en font trop et d’autres rien. Le socialisme démocratique qui a changé radicalement le système fiscal évite de faciliter la cupidité des grands possédants mais s’emploie à assurer un vie confortable aux autres.

Le socialisme est fait pour l’écologie et le peuple-classe. Il faut le dire et le répéter de mille manières pour clarifier le message suivant les couches sociales cibles. Il faudrait donc aussi dire que le socialisme ne s’accommode pas du racisme, du sexisme et qu’il fait la promotion de la laïcité. Il ne le fait pas par morale mais parceque c’est contraire à sa logique de libération, d’émancipation et du vivre ensemble en paix et dans l’égalité. Quand on lutte contre une domination dite économico-sociale on lutte aussi contre les autres formes. L’expérience montre que le passage d’une lutte de libération à une autre n’est pas aussi évident qu’il y parait. Ces points ne seront pas ici développés.

Christian Delarue


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