2010 : Sortir de la stratégie de Lisbonne et refuser « Europe 2020 »

dimanche 13 mars 2011
par  Amitié entre les peuples
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2010 : Sortir de la stratégie de Lisbonne et refuser « Europe 2020 »

Note du 31 octobre 2010 (à partir de documents d’ATTAC)

Nous sommes en fin de cycle de la « stratégie de Lisbonne » déployée de 2000 à 2010. Le bilan est négatif et pourtant un nouveau cycle est déployé sous le nom de « Europe 2020 ». Même Angela Merkel le critique (1). C’est que le concurrentialisme est destructeur ! Ni le social, ni l’environnemental n’en sort amélioré et encore moins protégé.

Cadre général.

* La formule consacrée qui définit officiellement la « stratégie de Lisbonne » est celle-ci : « Le Conseil européen de Lisbonne (mars 2000), les chefs d’État ou de gouvernement ont lancé une stratégie dite « de Lisbonne » dans le but de faire de l’Union européenne (UE) l’économie la plus compétitive au monde et de parvenir au plein emploi avant 2010. »

Voir : http://europa.eu/scadplus/glossary/lisbon_strategy_fr.htm

* Il s’agit d’une stratégie économico-sociale globale de longue durée puisque prise en 2000 pour dix ans, donc jusqu’à 2010. Nous y sommes ! En mai 2005, au moment du vote repoussant le projet de traité constitutionnel européen - TCE -, nous étions à mis parcours. Et déjà les critiques étaient fortes, les objectifs sociaux et environnementaux étant loin d’être atteints. Depuis la crise systémique a surgit. Les effets négatifs se sont renforcés. Le grand plongeon dans l’austérité pour les peuples-classe et les hauts revenus pour les bourgeoisies.

1 - Une économie « haute compétition » privilégiée : « Citius, altius, fortius » De la compétitivité recherchée à la concurrence généralisée.

Cette stratégie élaborée en petit comité (avec lobbies patronaux en coulisse) est fondée sur le dogme de la compétitivité a servi de fil conducteur à toute une série de réformes pendant le cycle décennal de mise en œuvre. Outre les effets formellement attendus précités, il y a surtout un objectif véritablement poursuivi qui est le rattrapage du taux de croissance des USA. Pour ce faire, il va s’agit de privatiser et de marchandiser les services publics.

Ce que l’on nomme les libéralisations figurent explicitement dans les conclusions du Conseil Européen de Lisbonne des 23-24 mars 2000 et avec mention des secteurs concernés : le gaz, l’électricité, les services postaux et les transports. Sur ce plan, les politiques néolibérales ont bien avancé dans de nombreux pays. La méthode du « new management public » (2) « à la performance » et celle des partenariats public-privé (PPP) ont été efficaces. Il s’agit « d’éliminer les entraves aux services » et "de poursuivre les efforts visant à favoriser la concurrence et à réduire le niveau général des aides de l’Etat.

2 - Une économie pour les privilégiés : Privatisation des bénéfices pour une minorité et socialisation des pertes pour les autres !

Libéralisations - à l’image des « offres » de l’OMC - et mise en concurrence généralisée favorisent les privatisations et la marchandisation des services, lesquelles favorisent ensuite la montée des profits, la baisse des salaires. On a donc assisté à une montée des inégalités et notamment d’une « fracture sociale » très capitaliste entre une bourgeoisie européenne enrichie et un monde du travail fragilisé, soumis à la concurrence et à la flexibilité du travail . La « modération salariale » issue des années 80 (désindexation par rapport aux prix) s’approfondit avec la financiarisation de l’économie, laquelle favorise la montée des fonds de pension et la casse des protections sociales . Socialement, la menace du chômage est constante et lourde . La précarité est généralisée en Europe. Voilà le très triste bilan de 10 ans de stratégie néolibérale.

3 - Sortir de la stratégie de Lisbonne et construire une autre Europe : comment ?

La stratégie de Lisbonne pérennise la contrainte budgétaire issue du Traité de Maastricht repris dans le Pacte de stabilité (1997) et prolonge la dynamique du marché intérieur initiale et celle de l’Acte unique européen de 1986. C’est donc toute une construction qui est à refonder. Mais avec quel mouvement social, avec quel syndicalisme, quels partis de gauche ?

Une seule chose est sûre : le monde du travail (privé et public surtout mais aussi indépendant) va devoir résister à ces politiques aussi bien au plan national que continental. Le capitalisme prédateur du social et de l’environnemental doit reculer au profit d’un éco-socialisme ! Dans cette perspective revendiquer des nationalisations avec appropriation sociale doit se combiner avec recherches d’avancées sociales, environnementales et démocratiques au plan européen.

Christian Delarue

1) Merkel critique la stratégie « Europe 2020 »

http://www.euractiv.com/fr/priorites/merkel-critique-la-strategie-europe-2020-news-299874

2) NMP : avantages et limites

http://www.unice.fr/recemap/contenurevue/Articles/Revue_Recemap13_Amar_Berthier.pdf

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