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Le pervers, le paranoïaque et le silence des pantoufles. Christian Delarue
mercredi 25 février 2026, par
Le pervers, le paranoïaque et le silence des pantoufles.
Le mal et la domination avec comme suite la souffrance sociale de masse infligée ou reçue voilà l’enjeu du silence nuisible des victimes réelles ou potentielles . Au temps du capitalo-fascisme, déjà là et-ou en cours d’installation, reprenons la question.
XX
Déjà en 1996, il y a donc 30 ans, Alain Morice se posait la question « des ressorts subjectifs de la domination » en ces termes : « pourquoi les uns consent-ils à subir la souffrance, cependant que autres consentent à infliger cette souffrance à autrui ? »
La problématique sera notamment reprise par Christophe Dejours en 1998 (1) puis Olivier Labouret en 2008 (2), tant dans l’entreprise que hors d’elle, partout ou se croisent divers rapports sociaux de classe, de genre, de « race ».
Notons que depuis 1996, malgré l’existence d’un chômage de masse, de plus en plus de jeunes n’hésitent pas à quitter les entreprises malsaines notamment celles dépourvues de syndicats y compris pour se retrouver ponctuellement au chômage.
Le « silence des pantoufles »
Le « silence des pantoufles », celui des individu-es en souffrance sous les effets du néo-capitalisme débridé, se rattache à la « banalité du mal » évoqué jadis par Hannah Arendt à propos du nazisme. Là il ne s’agit plus du nazisme . C’est pourquoi d’autres auteurs - dont ceux précités - reprendront les analyses, à propos de la guerre économique menée avec violence depuis 50 ans (25 ans au siècle passé et 25 ans dans ce siècle) par les dirigeants politiques et économiques, ceux des grandes et moyennes entreprises du capitalisme néolibéral,
Christophe Dejours en décrivait les mécanismes (1) et pointait les auteurs ou autrices (3) : Le mal et la souffrance infligée à autrui n’est pas uniquement portée par deux catégories de personnes connues en psychiatrie et souvent en poste de commandement, à savoir le pervers et le paranoïaque mais aussi par des personnes « normales », non dépourvues de sens moral efficient mais qui peu à peu banalisent le mal qui sévit de façon récurrente . Pour Dejours, avant la banalité du mal il faut poser la question de la banalisation du mal.
Les deux catégories de prédateurs ou prédatrices
Les deux catégories de prédateurs ou prédatrices, souvent en poste de direction, sont connus : D’une part, les PERVERS qui connaissent un clivage des instances de la personnalité qui leur permet aisément deux modes de vie séparée une morale et une amorale ou immorale et d’autre part les PARANOIAQUES qui ne connaissent pas eux ce clivage mais qui sont marqués par une très forte rigidité morale qui font d’eux des personnages d’une extrême sévérité au nom du bien. Le bien en cause peut être celui de l’entreprise, de l’économie, de la nation, de la religion et de toute chose fétichisée c’est à dire élevée comme sacrée au-dessus des humains qui sont eux réifiés. On évoque ici un double mouvement d’élévation et rabaissement pour saisir le phénomène en cause.
Ces deux catégories de prédateurs ou prédatrices n’auraient pas d’efficacité réelle sans le déni ou le silence de la population non prédatrice mais complice, du fait des peurs ou des dénis ou des habitudes, des politiques menées par les directions dans au plan micro (dans les entreprises ou services publics) qu’au plan macro (au niveau de la société globale, hors du travail-emploi).
Christian Delarue
1) La souffrance en France - La banalisation du mal (Ed Seuil 1998) Christophe DEJOURS
2) Olivier LABOURET, militant d’ATTAC et auteur (décédé) de La dérive idéologique de la psychiatrie (Ed Eres sept 2008) et Le nouvel ordre psychiatrique - Guerre économique et guerre psychologique (Eres)
3) Les féminocrates - terme issu du Manifeste du féminisme pour les 99% - sont des féministes du 1% qui défendent le droit égal aux hommes à dominer et opprimer et qui reproduisent le classisme, soit la violence de classe des possédants contre les ouvrier-es et employé-es, hommes et femmes
Amitié entre les peuples