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PEUPLE-CLASSE et CLASSISME au sein de sociétés capitalo-patriarcales et racistes.
mardi 28 avril 2026, par
PEUPLE-CLASSE et CLASSISME au sein de sociétés capitalo-patriarcales et racistes.
Peuple-classe se rattache à la nation de peuple social mais avec l’idée de rapport social de classe.
Quant au terme classisme n’est pas ici réduit à mépris de classe ou discrimination sociale - sa signification courante - il s’agit aussi du lourd volet « domination de classe » d’une société fondée sur l’exploitation de la force de travail salariée. Un certain féminisme montre aussi une exploitation du travail féminin gratuit ce qui peut déboucher sur une critique d’un capitalo-patriarcat. Il y a la dimension du racisme à prendre en compte aussi bien que les populations qui en sont victimes soient en nombre bien moindre que celle exploitée par la classe capitaliste.
Au sein de l’altermondialisme (du temps des FSE : Forum Sociaux Européens), au sein du CADTM et d’ATTAC France, j’ai pu développer (reprise d’une notion) la notion de peuple-classe avant et après le fameux « nous sommes les 99% » de 2011 contre la finance (de Wall Street mais mondiale). Cela a donné peuple-classe 99% .
Il y eu évidemment des critiques. N’étant pas sociologue (mais syndicaliste) le texte n’était pas appuyé sur des éléments matériels définissants des classes sociales subordonnées, populaires et moyennes. J’aurais pu faire l’effort d’y introduire des statistiques pour donner des repères ainsi que l’a fait Jacques Lancier (lire son livre ou son blog Médiapart). Cela n’a pas été ma réponse. Comme syndicaliste, c’est le volet mobilisation des classes sociales exploitées (plus ou moins et diversement) qui m’importe.
La mobilisation syndicale permet le passage de la classe en-soi prédéfinie en théorie à la classe pour soi consciente et agissante dans le réel des conflits de classes sociales, et notamment dans l’opposition entre la ou les classes capitalistes (et leur représentation politique à droite) et les classes sociales de travailleurs et travailleuses salariées.
Deux choses m’apparurent décisives :
I - C’était moins le chiffre 99% qui importait que le rapport social qui était dévoilé.
A) La lutte de classe vient des classes sociales possédantes, privées et publiques, qui sont hautement financiarisées et en position d’imposition de règles qui s’inscrivent dans la logique capitaliste qui satisfait d’abord le profit et les entreprises privées et qui casse les services publics tournés vers la satisfaction directe des besoins sociaux (sans passer par le filtre du profit si j’ai bien retenu la leçon de feu Michel Husson) et la sécurité sociale en sa version socialisée de jadis.
B) Le point important de peuple-classe 99% est qu’il est composé des classes sociales laborieuses et subordonnées mobilisées par les syndicats qui sont des vecteurs d’alliances de ces classes sociales exploitées par le biais revendicatif.
En 2023, les syndicats ont mobilisé un salariat actif mais aussi retraité, masculin et féminin, des blancs et non blancs, des croyants et des athées, des nationaux et des non nationaux. Et si des petits patrons se trouvaient dans les manifestations ce n’était pas un problème car ils ne furent jamais très nombreux et ils n’étaient pas là pour demander plus d’exploitation de la force de travail.
II - L’enjeu du chiffre perdure même s’il n’est pas premier dans l’analyse :
Deux remarques :
A) Je suis opposé à ne montrer que le 0,01% voire le 0,001% comme groupe nuisible surplombant la société. C’est très insuffisant sauf peut-être pour le clivage démocratie-oligarchie. C’est au sein du 1% hautement financiarisé - et ce n’est pas neutre en terme d’exploitation de la force de travail - que surgit toute la puissance dominatrice de classe. Des chiffres experts montre le 1,7% mais gardons 1% comme chiffre phare.
B) Je suis opposé à l’inverse à descendre trop bas en pointant le 10% d’en-haut - puisque depuis plusieurs années maintenant l’analyse stratificationniste a été introduite au sein d’une analyse classiste - car un travailleurs salarié à 3000 ou 4000 euros par mois continue de vendre sa force de travail pour vivre même s’il en obtient un meilleur salaire que ceux et celles d’en-bas. Il existe certes un salariat de cadre supérieur aisé dans ce que l’on nomme à Frustration une sous-bourgeoisie . C’est alors plus les 5% d’en-haut que le décile d’en-haut.
Christian DELARUE
Double rebond faisant suite à
1) à la vidéo de l’Institut La Boétie sur le capitalisme avec le trio S.PEU-A.TROUVE-J-L MELENCHON
https://institutlaboetie.fr/debat-capitalisme-fin-melenchon-peu/
et 2) sur le long texte de Rob Grams publié sur Frustration (les lettres devant les sous-titres sont de moi)
https://frustrationmagazine.fr/france-insoumise-strategie
LE PEUPLE OU LA CLASSE ? LES AMBIGUÏTÉS STRATÉGIQUES DE LA FRANCE INSOUMISE
Rob Grams
I - “PEUPLE VS OLIGARCHIE” À LA PLACE DE “CLASSE OUVRIÈRE VS BOURGEOISIE” ?
A - La notion de classe et le capitalisme contemporain
B - Une critique de la notion de classe moyenne
C - “Classes populaires” et “peuple” au lieu de “classe ouvrière” et « classe laborieuse » ?
D - L’hétérogénéité de la classe laborieuse n’est pas une nouveauté
E - La classe laborieuse aujourd’hui
F - Le capitalisme produit une géographie spécifique
G - Racisme et islamophobie dans le capitalisme contemporain
H - Une droitisation à relativiser ?
II - LA “NOUVELLE GAUCHE” CONTRE “L’ANCIENNE GAUCHE” ?
A - La déchéance du PS, du PCF et des Écologistes
B - Des difficultés similaires chez les syndicats
III - QUELLE STRATÉGIE ? UNE SURFOCALISATION ÉLECTORALE ET INSTITUTIONNELLE
A - Un dépassement du capitalisme ?
B - Une obsession pour les élections
C - Les abstentionnistes sont politisés et sont davantage que des électeurs potentiels
D - Des organisations de gauche dominées par la bourgeoisie ?
E - Reconstruire des communautés
F - D’autres luttes et organisations sont possibles
Amitié entre les peuples